Êtes-vous accro du magasinage?

Toutes les personnes qui ont amadoué un ami pour aller voir le film Confessions d'une accro du shopping, levez la main. Oui, moi aussi. Pas du matériel pour un Oscar, mais tout de même acceptable.

L'héroïne de cette comédie inspirée du succès de librairie de Sophie Kinsella, Rebecca Bloomwood, est si adorable qu'on oublie presque ses milliers de dollars de dettes sur cartes de crédit, l'enchaînement de mensonges qui met ses relations avec les autres en péril et son déni catégorique de sa dépendance au magasinage.

L'actrice Isla Fisher interprète de manière splendide le rôle et les circonstances désespérées d'une femme accro du magasinage et montre quelques comportements classiques de la dépendance au magasinage, par exemple :

  • passer beaucoup de temps à magasiner et à dépenser;
  • avoir une excuse pour chaque sortie de magasinage et chaque article acheté;
  • se sentir euphorique après avoir fait un achat, seulement pour sombrer dans la culpabilité et la honte une fois l'euphorie passée;
  • être incapable de cesser de magasiner même si cela fait du mal aux proches.

Cela vous dit quelque chose?

L'obsession de Rebecca pour une écharpe verte est particulièrement mémorable. Elle la voit dans le cou d'un mannequin en se rendant à une entrevue d'emploi et se convainc que cette écharpe lui donnera exactement l'avance nécessaire pour obtenir l'emploi dont elle a désespérément besoin pour payer ses dettes. En outre, puisque le prix de l'écharpe dépasse largement ses moyens, elle divise le montant de cet achat entre plusieurs cartes de crédit, déterminée à se la procurer même en s'endettant encore plus.

Évidemment, comme dans toute bonne comédie, certaines situations sont exagérées pour faire rire, mais si les comportements de Rebecca vous semblent familiers, il serait peut-être temps de vous demander si vous avez une dépendance au magasinage ou si vous êtes en voie d'en acquérir une.

Outre les types de comportements déjà mentionnés, il y a d'autres signaux d'alarme :

  • ne pas pouvoir se limiter à l'achat d'articles précis et avoir un besoin irrépressible d'en acheter d'autres;
  • avoir une garde-robes pleine de vêtements jamais utilisés et portant encore l'étiquette de prix;
  • magasiner chaque fois qu'il vous faut un remontant ou que vous êtes d'humeur déprimée ou en colère, ou que vous avez peur;
  • cacher vos achats et vos excursions de magasinage à vos parents ou à votre partenaire;
  • passer de plus en plus de temps à penser au magasinage et à en faire;
  • s'endetter à cause de tous ces achats et être incapable de s'en empêcher malgré le désir de limiter les dépenses;
  • se faire dire par les commerçants de ne plus fréquenter leurs magasins.

Quel beau scénario de film! Par contre, pour la personne ordinaire qui souffre d'une dépendance au magasinage, la situation est beaucoup moins glorieuse et se traduit plutôt par de l'anxiété, de la culpabilité et de la détresse. En fin de compte, la personne qui a une dépendance au magasinage n'est pas plus heureuse après une tournée des magasins qu'elle ne l'était avant.

Tous les contenus sont la propriété de MediResource Inc. 1996 – 2017. Conditions d’utilisation. Les contenus présents ne sont destinés qu’à des fins d’information. Demandez toujours l’avis de votre médecin ou d’un autre professionnel de la santé qualifié sur des questions relatives à une affection médicale. Source : santecheznous.com/healthfeature/gethealthfeature/Acheter-Therapie-emplettes-ou-folie-des-achats

Pourquoi continuez-vous d'agir contre votre plein gré?

La cause précise de cette dépendance n'est pas connue, mais des années d'étude sur le sujet ont aidé les chercheurs à établir un lien avec d'autres comportements de dépendance, par exemple à l'alcool, à la drogue, aux médicaments, au sexe et au tabac. La folie des achats (aussi appelée oniomanie ou magasinage compulsif) est considérée par certains comme une dépendance en raison de ses nombreuses ressemblances aux autres dépendances bien reconnues, où plusieurs des parties du cerveau activées sont les mêmes et le sentiment d'euphorie l'est également. L'argent est à la dépendance au magasinage ce que l'alcool est à l'alcoolisme : la substance dont on fait abus.

Les chercheurs ont démontré que les personnes souffrant d'une dépendance ont un afflux de dopamine (une substance chimique produite dans le cerveau et associée au plaisir et à la récompense) quand elles parviennent à satisfaire un besoin pressant, comme une frénésie de magasinage. Au fil du temps, elles deviennent dépendantes de cette sensation agréable. Malheureusement, la gratification immédiate d'un achat fabuleux cède inévitablement la place à la culpabilité, à la honte et au désappointement. Il en résulte un cercle vicieux qui engendre un sentiment d'impuissance et de perte de maîtrise de soi.

Toutefois, la dépendance au magasinage est plus qu'un manque de volonté ou de maîtrise de soi. Il s'agit aussi d'un trouble du comportement possiblement attribuable à la manière dont une personne a été élevée. Selon les études, il se pourrait que les acheteurs compulsifs aient appris ces comportements à la maison ou aient subi des mauvais traitements (comme un abus sexuel) pendant l'enfance. En outre, la probabilité que la dépendance au magasinage s'accompagne d'au moins une autre dépendance (par ex. la toxicomanie) ou d'un autre trouble (par ex. un trouble anxieux, un trouble obsessionnel-compulsif, un trouble du contrôle des impulsions ou un trouble de l'humeur, comme la dépression) s'avère relativement élevée la plupart du temps.

L'environnement social peut aussi jouer un rôle dans la dépendance au magasinage. Les Nord-Américains sont surexposés aux astuces commerciales et publicitaires qui font la promotion du magasinage et d'un mode de vie matérialiste; le magasinage est devenu un passe-temps important, pour ne pas dire un mode de vie. Il a été rapporté que l'habitude malsaine de magasiner excessivement s'acquiert à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine, quand la personne quitte la maison, a plus de liberté et obtient ses propres cartes de crédit, contractant des dettes importantes à un jeune âge.

De plus, l'usage répandu d'Internet permet à des personnes de tous les âges (mais surtout à la génération férue d'informatique) de magasiner en ligne pour satisfaire leurs besoins. Le blogue personnel n'est pas juste un journal en ligne, mais bien une boutique virtuelle personnelle. Les personnes vendent et achètent leurs produits en passant par des sites comme Craigslist et ebay. L'accès à Internet facilite le magasinage. Bien que son utilisation n'entraîne pas nécessairement une dépendance au magasinage, la personne qui a un penchant pour le magasinage aura certainement plus de difficulté à se défaire de cette habitude ou à restreindre ses dépenses.

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Demandez de l'aide et obtenez un traitement pour votre dépendance au magasinage

Les auteurs d'un article de synthèse publié dans World Psychiatry en 2007 estiment qu'environ 6 % des Américains sont confrontés à un problème de magasinage compulsif à un moment ou un autre de leur vie. D'autres études rapportent un pourcentage plus élevé; le résultat dépend de la méthode d'analyse employée.

Comme pour toute dépendance, les personnes qui ont une dépendance au magasinage se donnent beaucoup de mal pour cacher leurs sorties dans les magasins et leurs achats. Bon nombre d'entre elles ne font pas face à leur problème tant qu'elles n'ont pas accumulé une dette importante sur leurs cartes de crédit et atteint un cul-de-sac, s'exposant ainsi à des répercussions financières graves. Une telle situation peut aussi entraîner des revers personnels, par exemple perdre la confiance des êtres chers quand ils s'en rendent compte, voire perdre son emploi ou sa maison.

La première étape pour obtenir de l'aide est d'admettre que vous avez un problème de dépendance au magasinage. Une fois ce pas de géant franchi, vous aurez la motivation nécessaire pour chercher de l'aide.

Il n'existe pas de méthode standardisée pour traiter la dépendance au magasinage. Les deux méthodes principalement employées sont le traitement médicamenteux et la thérapie cognitivo-comportementale.

Diverses études cliniques ont été menées afin d'évaluer l'efficacité des médicaments normalement prescrits pour traiter l'anxiété et la dépression, mais les résultats obtenus sont variables.

La thérapie cognitivo-comportementale (ou TCC) est une méthode couramment employée. Le nom thérapie cognitivo-comportementale est un terme général qui désigne un processus consistant à reconnaître et à corriger les problèmes liés à la façon de penser, de se comporter et de se sentir, tous des facteurs qui peuvent contribuer à la dépendance ou aux comportements compulsifs.

Cette thérapie vise les problèmes qui naissent à l'intérieur de soi, pas ceux provoqués par un événement extérieur. En passant du temps de qualité avec des aidants professionnels, des personnes chères ou d'autres personnes vivant la même situation, ou encore en faisant des activités d'auto-assistance, il devient possible de mettre de l'ordre dans vos émotions, vos idées et vos antécédents et donc de vous engager sur la voie de la guérison.

La thérapie peut être conduite par un professionnel qualifié (par ex. un psychologue, un thérapeute ou un conseiller) ou par la personne elle-même (par ex. lire des livres sur l'auto-assistance, tenir un journal des activités de magasinage), ou encore le soutien peut provenir d'un programme offert par des bénévoles ou un organisme de bienfaisance qui proposent des étapes réalistes pour vous aider à réfréner vos envies de magasiner (par ex. SOS Dettes [au Québec] ou Credit Canada [en Ontario]).

Idéalement, une thérapie cognitivo-comportementale efficace comprendrait une association de tous ces programmes, adaptée en fonction de vos besoins, en plus d'un examen des aspects de votre vie touchés par votre dépendance au magasinage et pouvant nécessiter des séances de counseling conjugal ou la consultation d'un conseiller financier.

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Changez vos habitudes de magasinage

L'admission de votre dépendance au magasinage est un premier pas vers la guérison; c'est pourquoi le titre Confessions d'une accro du shopping est un titre si juste pour le film tiré du succès de librairie de Sophie Kinsella. En effet, Rebecca, le personnage principal, refuse d'admettre qu'elle a un problème de magasinage tant et aussi longtemps que tout ce qui pouvait mal tourner n'est pas arrivé.

Par contre, une fois sa dépendance admise, elle se sent libérée et peut maintenant être ouverte et honnête envers elle-même et les personnes de son entourage. Les secrets sont souvent plus lourds à porter que les problèmes eux-mêmes.

Malgré toutes les tentations qui nourrissent votre besoin d'acheter compulsivement, en bout de ligne, vous devez passer à l'action et reprendre le dessus sur votre manière de dépenser. Comme pour tout ce qui exige de la discipline ou une période d'adaptation (par ex. aller au centre de conditionnement physique ou améliorer son régime alimentaire), vos efforts seront bien récompensés.

Vous ne devriez pas avoir à bannir le magasinage complètement ou pour toujours! On ne le qualifie pas de « thérapie-emplettes » pour rien; il s'agit, entre autres, d'un moyen de se détendre, de profiter des fruits de son dur labeur et d'exprimer sa créativité.

La redécouverte du plaisir d'acheter avec modération nécessite un plan qui vous aidera à reprendre le dessus sur vos comportements; il vous faudra peut-être acquérir de nouvelles habitudes de magasinage pour remplacer les anciennes. Chaque fois que vous remplacerez une vieille habitude par un comportement plus approprié, vous aurez encore plus de volonté pour confronter la prochaine envie de magasiner.

Voici quelques conseils pour réprimer la tentation de faire des achats.

  • Faites du lèche-vitrines après les heures d'ouverture des magasins; ainsi, vous ne vous exposerez pas à la tentation de faire des achats.
  • Utilisez Internet seulement pour le travail ou pour faire des courses, mais pas pour naviguer.
  • Ne magasinez pas en solo; emmenez quelqu'un qui pourra vous aider à surveiller vos dépenses.
  • Débarrassez-vous de vos cartes de crédit ou laissez-les chez vous quand vous sortez magasiner afin d'éviter la tentation de dépenser.
  • Remplacez le temps autrefois passé dans les magasins par d'autres activités agréables et régulières.
  • Enfin, recrutez un ou deux amis qui accepteraient que vous fassiez appel à eux quand l'envie de magasiner devient trop forte.

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