Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

La vinblastine appartient au groupe des médicaments qui combattent le cancer et que l'on appelle antinéoplasiques. La vinblastine est utilisée seule ou en association avec d'autres médicaments antinéoplasiques pour traiter différents types de cancer, dont la maladie de Hodgkin, le lymphome non hodgkinien (le cancer des cellules lymphatiques), le sarcome de Kaposi, le cancer du sein et le cancer du testicule. Elle tue les cellules cancéreuses en parasitant l'action du matériel génétique (ADN) qui est nécessaire à leur croissance et à leur reproduction.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. N'annulez pas les injections de ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque mL d'injection de sulfate de vinblastine contient 1 mg de vinblastine. Ingrédients non médicinaux : chlorure de sodium à 0,9 % dans l'eau pour injection, hydroxyde de sodium, et/ou acide sulfurique comme agent d'ajustement du pH.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose recommandée et le schéma posologique de la vinblastine varient selon le type de cancer à traiter, la réponse à la thérapie, et l'emploi simultané d'autres médicaments ou traitements. La dose est déterminée par la masse corporelle.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Il se pourrait que votre médecin recommande un schéma posologique différent de celui qui est décrit ici.

La vinblastine est offerte sous forme d'injection intraveineuse (dans la veine). Elle est habituellement injectée dans une veine à partir d'un site d'administration qui a été préparé à cet effet sur la peau. Elle ne devrait pas se donner plus de 1 fois tous les 7 jours. La prudence est exigée lors du maniement de ce médicament. La vinblastine doit être administrée uniquement par des fournisseurs de soins de santé ayant de l'expérience avec la chimiothérapie anticancéreuse. Elle est toujours donnée sous la surveillance d'un médecin dans un hôpital, ou dans un établissement semblable, où il est possible d'avoir accès à un équipement stérile pour préparer la solution.

Il est très important que ce médicament soit donné conformément aux indications de votre médecin. Si vous manquez un rendez-vous fixé pour recevoir la vinblastine, communiquez avec votre médecin aussitôt que possible pour prendre un autre rendez-vous.

Non seulement la vinblastine interfère avec le matériel génétique (ADN) des cellules cancéreuses, mais elle peut aussi parasiter l'action de vos cellules normales. Son action peut causer un grand nombre d'effets secondaires. Surveillez l'apparition des effets secondaires et signalez-les à votre médecin. Votre médecin peut vous demander de boire davantage de liquide pendant votre traitement par ce médicament afin de prévenir des atteintes rénales.

Ce médicament se conserve au réfrigérateur à l'abri de la lumière et de la congélation.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer ce médicament dans les circonstances ci-après :

  • une allergie à la vinblastine ou à l'un des ingrédients du médicament ;
  • une grossesse ;
  • une infection bactérienne ;
  • un très faible taux sanguin de globules blancs.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien peut être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissent :

  • une absence de sperme (pour les hommes) ;
  • une chute temporaire des cheveux ;
  • de la constipation ;
  • des crampes abdominales ;
  • une diarrhée ;
  • des étourdissements ;
  • un goût métallique dans la bouche ;
  • des maux de tête ;
  • de la nausée ;
  • une perte de l'appétit ;
  • une sensation générale de gêne ;
  • une sensation de tournoiement ;
  • des vomissements.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste  :

  • de la difficulté à uriner ;
  • une douleur à la mâchoire ;
  • une élévation de la pression artérielle ;
  • un engourdissement ou des picotements dans les doigts et les orteils ;
  • une éruption cutanée ;
  • de la faiblesse ;
  • des lésions dans la bouche et sur les lèvres ;
  • une pâleur et un engourdissement de l'extrémité des doigts et des orteils exposés au froid ;
  • des signes de dépression (par ex. un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des troubles du sommeil, un désintérêt à l'égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires) ;
  • des signes de goutte ou d'une accumulation d'acide urique dans le corps (par ex. des douleurs articulaires, de la douleur dans les doigts et les orteils) ;
  • des signes de ralentissement de la fonction du système digestif (par ex. de la flatulence, de la douleur abdominale, des crampes, une réduction du nombre de selles).

Cessez la prise du médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des crises épileptiques ;
  • de la douleur, une rougeur ou une enflure au point d'injection ;
  • le ralentissement des réflexes ;
  • une réduction du sens de la réalité ;
  • des signes d'une réaction allergique grave (par ex. de l'urticaire, une difficulté respiratoire, ou une boursouflure du visage et une enflure de la gorge) ;
  • des signes d'un saignement (par ex. des ecchymoses ou des saignements inaccoutumés, des points rouges sur la peau, des selles noirâtres et goudronneuses, des saignements du nez, du sang dans l'urine, une toux avec expectoration sanglante, un saignement du rectum, des coupures dont le temps de saignement est prolongé) ;
  • les symptômes d'une infection (une fièvre ou des frissons, des maux de gorge, une diarrhée aiguë, un essoufflement, des étourdissements prolongés, des maux de tête, une raideur du cou, une perte de poids, une émission de l'urine douloureuse ou difficile ou un manque d'énergie) ;
  • un trouble psychotique.

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Coagulation du sang : ce médicament peut réduire le nombre de plaquettes dans le sang et accroître votre risque de saignement. Informez immédiatement votre médecin si vous remarquez des signes indiquant que votre sang ne coagule pas aussi rapidement que d'habitude (par ex. des selles noirâtres et goudronneuses, du sang dans l'urine, l'apparition d'ecchymoses aux moindres traumatismes, ou des coupures dont le temps de saignement est prolongé). Votre médecin demandera des analyses de sang régulièrement pour surveiller le nombre de plaquettes dans votre sang.

Effets cardiovasculaires : la vinblastine agit sur le cœur et sur le système circulatoire (vaisseaux sanguins). Elle peut causer une élévation de la pression artérielle. Des cas de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral, et de constriction des vaisseaux sanguins (appelée phénomène de Raynaud) ont été signalés pendant le traitement par la vinblastine.

Si vous avez une maladie cardiaque, une pression artérielle élevée ou d'autres affections du cœur et de la circulation sanguine, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Fonction hépatique : les personnes ayant une fonction hépatique affaiblie risquent davantage de subir les effets secondaires de la vinblastine. Si vous avez une fonction hépatique diminuée ou une atteinte hépatique, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Goutte : la vinblastine peut accroître le taux d'acide urique dans le corps, et par conséquent le risque de goutte. Si vous êtes atteint de goutte ou si vous avez des antécédents de cette maladie, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique. Signalez au plus tôt à votre médecin toute douleur ou enflure articulaire inaccoutumée.

Infection : non seulement ce médicament tue les cellules cancéreuses, mais il peut aussi réduire le nombre de cellules qui combattent les infections (les globules blancs). Si possible, évitez d'entrer en contact avec les personnes ayant une infection contagieuse.

Communiquez avec votre médecin immédiatement si vous commencez à observer les signes d'une infection, comme une fièvre ou des frissons, une diarrhée aiguë, un essoufflement, des étourdissements prolongés, des maux de tête, une raideur du cou, une perte de poids, ou un manque d'énergie. Votre médecin demandera des analyses de sang régulièrement pour surveiller le nombre des différents types de cellules sanguines.

Jus de pamplemousse : il se peut que l'ingestion de jus de pamplemousse empêche la vinblastine d'être éliminée normalement de l'organisme. Cela provoque une augmentation de la quantité de vinblastine dans le corps et peut causer des effets secondaires importants. Évitez de boire du jus de pamplemousse pendant que vous recevez un traitement avec de la vinblastine.

Problèmes nerveux : la vinblastine peut provoquer des lésions nerveuses. Cette réaction indésirable disparaît souvent lorsqu'on arrête le traitement ou lorsqu'on réduit la dose. Si vous remarquez une baisse d'audition, des difficultés d'élocution, des picotements et des engourdissements dans les mains et les pieds, ou une douleur importante à la mâchoire, communiquez avec votre médecin.

Reproduction : la vinblastine peut avoir des effets sur la sécrétion du sperme et la fonction ovarienne. Pour certaines personnes, cet effet peut s'inverser à la fin du traitement. En cas de préoccupations quant aux effets de ce médicament sur votre capacité d'avoir des enfants, discutez-en avec votre médecin.

Grossesse : des malformations congénitales sont possibles si le père ou la mère emploie la vinblastine au moment de la conception, ou si la vinblastine est employée durant la grossesse. Le médicament peut produire d'autres effets nocifs sur le bébé s'il est pris durant une grossesse.

Ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Les personnes fertiles doivent avoir recours à une méthode contraceptive fiable pendant qu'elles sont sous traitement par ce médicament. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : ce médicament pourrait passer dans le lait maternel. Si vous employez la vinblastine pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : la vinblastine a été utilisée pour combattre le cancer dont étaient atteints des enfants. Elle ne doit être prescrite et administrée que par des médecins familiers avec le traitement du cancer chez les enfants.

Aînés : les aînés peuvent courir un risque accru d'infection ou de saignement s'ils utilisent la vinblastine.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre la vinblastine et l'un des agents ci-après :

  • les aminosides (par ex. la gentamicine, la tobramycine) ;
  • l'amiodarone ;
  • l'amphotéricine B ;
  • l'aprépitant ;
  • les azoles antifongiques (par ex. l'itraconazole, le kétoconazole, le posaconazole, le voriconazole) ;
  • le bosentan ;
  • la carbamazépine ;
  • le carboplatine ;
  • le cisplatine ;
  • la clarithromycine ;
  • la colchicine ;
  • le conivaptan ;
  • la cyclosporine ;
  • le dabigatran ;
  • le darunavir ;
  • le déférasirox ;
  • la dexaméthasone ;
  • le diltiazem ;
  • l'échinacée ;
  • l'éfavirenz ;
  • l'érythromycine ;
  • la fosphénytoïne ;
  • l'halopéridol ;
  • l'imatinib ;
  • le léflunomide ;
  • la lidocaïne ;
  • le lopinavir ;
  • d'autres médicaments anticancéreux ;
  • les médicaments anti-VIH (par ex. l'amprénavir, l'atazanavir, l'indinavir, le nelfinavir, le ritonavir) ;
  • le métronidazole ;
  • le millepertuis ;
  • la mitomycine C ;
  • le natalizumab ;
  • la néfazodone ;
  • la nicardipine ;
  • la norfloxacine ;
  • l'oxcarbazépine ;
  • le pentobarbital ;
  • le pimécrolimus ;
  • le phénobarbital ;
  • la phénytoïne ;
  • la primidone ;
  • la quinidine ;
  • la rifabutine ;
  • la rifampicine ;
  • le saquinivir ;
  • la sertraline ;
  • la sulfinpyrazone ;
  • le tacrolimus ;
  • la toltérodine ;
  • les vaccins vivants (par ex. le BCG, le vaccin antiamaril pour la prévention de la fièvre jaune).

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments ;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre ;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux ;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.