Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

Le cobicistat appartient à la classe de médicaments appelés stimulants pharmacocinétiques. On l'utilise conjointement avec l'atazanavir, un inhibiteur de la protéase du VIH, pour augmenter la quantité d'atazanavir disponible pour traiter l'infection causée par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).  Le VIH est le virus responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (sida). L'infection à VIH détruit les cellules CD4 (T) qui sont importantes pour le système immunitaire. Le système immunitaire aide à combattre les infections.

Le cobicistat agit en ralentissant la dégradation enzymatique de l'atazanavir dans le foie, ce qui augmente la quantité de ce médicament dans l'organisme.

Le cobicistat ne traite pas l'infection du VIH directement. L'utilisation de cobicistat en combinaison avec l'atazanavir ne guérit pas le SIDA et ne réduit pas le risque de transmission du VIH à d'autres personnes par contact sexuel ou contamination sanguine. On l'utilise en combinaison avec d'autres médicaments anti-VIH pour ralentir davantage la croissance ou la reproduction du VIH. De plus, elle semble ralentir la destruction du système immunitaire. Son action aide à retarder la survenue de problèmes comme des infections apparentées au sida ou à une affection par le VIH.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque comprimé orange, rond, biconvexe, pelliculé, portant l'inscription « GSI » sur une face et rien sur l'autre, contient 150 mg de cobicistat. Ingrédients non médicinaux : dioxide de silicium, cellulose microcristalline, croscarmellose sodique et stéarate de magnésium; enrobage : polyéthylèneglycol, alcool polyvinylique, talc, dioxyde de titane, jaune soleil FCF laque d'aluminium (AD et C jaune no 6) et oxyde de fer jaune.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose initiale recommandée du cobicistat est 150 mg pris 1 fois par jour. On doit la prendre avec de la nourriture et avec l'atazanavir. Avalez le comprimé entier avec beaucoup d'eau.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Il est important d'utiliser ce médicament conformément aux indications de votre médecin. Si vous cessez de prendre le cobicistat, la quantité d'atazanavir dans votre organisme peut être réduite et ce médicament pourrait ne pas être aussi efficace contre le virus du VIH.

Si vous oubliez une dose, prenez le médicament aussitôt que possible (avec de la nourriture) et reprenez la suite du traitement. Si votre prochaine dose est prévue dans moins de 12 heures, ne vous souciez pas de la dose omise et reprenez le schéma posologique usuel.

N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien.

Conservez ce médicament à la température ambiante, dans son récipient original. Protégez-le de la lumière et de l'humidité et gardez-le hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer ce médicament dans les circonstances ci-après :

  • une allergie au cobicistat ou à l'un des ingrédients du médicament;
  • la prise d'autres médicaments contenant du cobicistat (des associations de produits servant à traiter le VIH);
  • la prise de l'un des médicaments ci-après :
    • l'alfuzosine;
    • l'astémizole;
    • le cisapride;
    • la lovastatine;
    • des médicaments contenant de l'ergot de seigle (par ex. diydroergotamine, ergonovine, ergotamine, méthylergonovine);
    • le midazolam;
    • le millepertuis;
    • le pimozide;
    • la rifampine;
    • le salmétérol;
    • le sildénafil (lorsqu'on l'utilise pour traiter des problèmes pulmonaires);
    • la simvastatine;
    • le triazolam.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • une éruption cutanée;
  • de la nausée.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • une douleur musculaire inattendue;
  • le jaunissement de la peau ou du blanc des yeux.

Cessez de prendre le médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • les symptômes d'une réaction allergique grave (comme une boursouflure du visage ou une enflure de la gorge, de l'urticaire ou une difficulté respiratoire).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Fonction hépatique : l'innocuité et l'efficacité de l'utilisation du cobicistat chez les personnes atteintes de désordres hépatiques n'ont pas été bien étudiées. Les personnes atteintes d'hépatite B ou C chroniques qui utilisent également des médicaments antirétroviraux courent un risque accru de subir des problèmes hépatiques graves et possiblement mortels. Si vous avez une fonction hépatique diminuée ou une atteinte hépatique, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique. Ce médicament n'est pas recommandé aux personnes qui ont une fonction hépatique gravement diminuée.

Fonction rénale : le cobicistat peut causer une légère détérioration de la fonction rénale. Bien que normalement ceci ne représente pas un problème, si l'utilisation de ce médicament est combinée à celle du ténofovir, un autre médicament servant à traiter les infections à VIH, elle peut provoquer une insuffisance rénale. Si votre fonction rénale est réduite ou si vous êtes atteint d'une maladie rénale, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique. Ce médicament n'est pas recommandé aux personnes ayant une grave altération de la fonction rénale.

Redistribution des graisses : ce médicament peut éventuellement modifier la distribution des graisses à l'intérieur de votre corps, et changer la forme de votre silhouette. Vous pourriez remarquer une accumulation de graisse dans le haut du dos et le cou, les seins et autour du tronc (le dos, la poitrine et l'abdomen); une perte de graisse dans les jambes, les bras et le visage peut également se produire. La portée de ces effets à long terme ne sont pas connus.

Syndrome de reconstitution immunitaire: ce médicament pourrait induire le syndrome de reconstitution immunitaire qui se caractérise par l'apparition des signes et des symptômes d'une inflammation associée à une infection antérieure. Ces symptômes se produisent peu après le début de la prise d'un médicament antirétroviral et ils peuvent varier. On estime que leur manifestation est une conséquence d'une amélioration qui permet à votre système immunitaire de combattre des infections jusqu'alors cachées dans votre corps (par ex. une pneumonie, l'herpès, l'hépatite ou la tuberculose). Signalez immédiatement tout nouveau symptôme à votre médecin.

Grossesse : ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : on ignore si le cobicistat passe dans le lait maternel. Les femmes porteuses de l'infection à VIH reçoivent une mise en garde au sujet de l'allaitement, en raison du risque de transmettre le VIH à leur enfant qui n'est pas infecté par ce virus.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de ce médicament n'a été établie en ce qui concerne les enfants.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre le cobicistat et l'un des agents ci-après :

  • les alcaloïdes de l'ergot de seigle (par ex. la dihydroergotamine, l'ergonovine, l'ergotamine, la méthylergonovine);
  • l'aliskirène;
  • l'almotriptan;
  • les alphabloquants (par ex. l'alfuzosin, la doxazosine, la silodosine, la tamsulosine);
  • l'amiodarone;
  • les antagonistes du calcium (par ex. l'amlodipine, le diltiazem, la nifédipine, le vérapamil);
  • les antibiotiques macrolides (par ex. la clarithromycine, l'érythromycine);
  • les anticancéreux (par ex. le cabazitaxel, le docétaxel, la doxorubicine, l'etoposide, l'ifosfamide, l'irinotécan, la vincristine);
  • les antidépresseurs tricycliques (par ex. l'amitriptyline, la clomipramine, la désipramine, la trimipramine);
  • les antidiabétiques « gliptine » (par ex. la linagliptine, la saxagliptine, la sitagliptine);
  • les antifongiques dont le nom se termine en « azole » (par ex. l'itraconazole, le kétoconazole, le voriconazole);
  • l'apixaban;
  • l'aprépitant;
  • l'atomoxétine;
  • les benzodiazépines (par ex. le chlordiazépoxide, le clonazépam, le diazépam, le lorazépam);
  • le bosentan;
  • la buprénorphine;
  • la buspirone;
  • le busulfan;
  • le calcitriol;
  • la carbamazépine;
  • le carvédilol;
  • le carvédilol;
  • la cétirizine;
  • la chloroquine;
  • le cilostazol;
  • la ciprofloxacine;
  • le cisapride;
  • la colchicine;
  • le conivaptan;
  • les contraceptifs oraux;
  • les corticostéroïdes en inhalation (par ex. le budésonide, le ciclésonide, la fluticasone);
  • les corticostéroïdes oraux (par ex. la dexaméthasone, l'hydrocortisone, la prednisone);
  • la cyclosporine;
  • le dabigatran;
  • le dantrolène;
  • la dapsone;
  • le déférasirox;
  • les dérivés nitrés (par ex. le dinitrate d'isosorbide, le mononitrate d'isosorbide);
  • le dextrométhorphane;
  • la digoxine;
  • le disopyramide;
  • la dofétilide;
  • le dompéridone;
  • la dronédarone;
  • le dutastéride;
  • l'éplérénone;
  • l'éthosuximide;
  • l'évérolimus;
  • la fésotérodine;
  • la flécaïnide;
  • la flutamide;
  • la guanfacine;
  • l'hydrocodone;
  • les inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 (par ex. le sildénafil, le tadalafil, le vardénafil);
  • les inhibiteurs de la pompe à protons (par ex. le lansoprazole, l'oméprazole);
  • les inhibiteurs de la protéase de l'hépatite C (par ex. le bocéprévir, le siméprévir, le télaprévir);
  • les inhibiteurs de la protéase du VIH (par ex. l'atazanavir, l'indinavir, le ritonavir, le saquinavir);
  • les inhibiteurs de la tyrosine kinase (par ex. le bosutinib, le dasatinib, l'imatinib, le nilotinib);
  • le fentanyl;
  • les inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse du VIH (INNTIs; par ex. la delavirdine, l'éfavirenz, l'étravirine, la névirapine);
  • les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS, par ex. le citalopram, la duloxétine, la fluoxétine, la paroxétine, la sertraline);
  • les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine-noradrénaline ou ISRN (par ex. la duloxétine, la venlafaxine);
  • la lidocaïne;
  • le lomitapide;
  • le lopéramide;
  • le losartan;
  • la lurasidone;
  • le macitentan;
  • la maprotiline;
  • le maraviroc;
  • les médicaments antipsychotiques (par ex. la chlorpromazine, la clozapine, l'halopéridol, l'olanzépine, la quétiapine, la rispéridone);
  • les médicaments de type « statine » pour traiter les niveaux élevés de cholestérol (par ex. l'atorvastatine, la lovastatine, la simvastatine);
  • la méfloquine;
  • la mestranol;
  • la méthadone;
  • la méthamphétamine;
  • la méthylprednisolone;
  • le métoprolol;
  • la mexilétine;
  • la mirtazapine;
  • le modafinil;
  • le montélukast;
  • la nadolol;
  • le natéglinide;
  • la néfazodone;
  • les œstrogènes (par ex. les œstrogènes conjugués, l'œstradiol, l'éthinylœstradiol);
  • l'ondansétron;
  • l'oxcarbazépine;
  • l'oxybutinine;
  • l'oxycodone;
  • le pérampanel;
  • le phénobarbital;
  • la phénytoïne;
  • le pimozide;
  • le prasugrel;
  • le praziquantel;
  • la primaquine;
  • la primidone;
  • la procaïnamide;
  • les progestatifs (par ex. le diénogest, le lévonorgestrel, la médroxyprogestérone, la noréthindrone);
  • la propafénone;
  • le prucalopride;
  • la quétiapine;
  • la quinidine;
  • la quinine;
  • la ranitidine;
  • le répaglinide;
  • la rifabutine;
  • la rifampine;
  • la rilpivirine;
  • le riociguat;
  • le rivaroxaban;
  • la romidepsine;
  • le salmétérol;
  • le sildénafil;
  • la silodosine;
  • le sirolimus;
  • le tacrolimus;
  • le tamoxifène;
  • le temsirolimus;
  • le téniposide;
  • le ténofovir;
  • la tétrabénazine;
  • la tétracycline;
  • la théophylline;
  • le ticagrélor;
  • la ticlopidine;
  • le timolol;
  • le tocilizumab;
  • la toltérodine;
  • le tolvaptan;
  • la trabectédine;
  • le tramadol;
  • la trazodone;
  • le triméthoprime;
  • la warfarine;
  • le zolpidem;
  • la zopiclone.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.