Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

Le lanréotide appartient à la classe de médicaments appelés analogues de la somatostatine. La somatostatine est une hormone naturelle; elle contrôle plusieurs fonctions corporelles en bloquant l'action d'autres hormones.

On utilise le lanréotide pour traiter l'acromégalie, un affection caractérisée par la production par l'organisme d'une trop grande quantité d'hormone de croissance, ce qui provoque un développement excessif des mains, des pieds et du visage. Ce médicament agit en abaissant les taux d'hormone de croissance et du facteur de croissance analogue à l'insuline. Le lanréotide inhibe également la libération de certaines sécrétions intestinales et hormones gastrointestinales.

On utilise également le lanréotide pour traiter un type de cancer appelé tumeur neuroendocrine entéropancréatique. Il agit en retardant la croissance de ces tumeurs.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez ce médicament à personne, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que vous. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

60 mg/0,5 mL
Chaque seringue préremplie de 0,5 mL de solution à libération prolongée contient 60 mg de lanréotide sous forme d'acétate de lanréotide. Ingrédients non médicinaux : l'eau pour préparations injectables et l'acide acétique glacial.

90 mg/0,5 mL
Chaque seringue préremplie de 0,5 mL de solution à libération prolongée contient 90 mg de lanréotide sous forme d'acétate de lanréotide. Ingrédients non médicinaux : l'eau pour préparations injectables et l'acide acétique glacial.

120 mg/0,5 mL
Chaque seringue préremplie de 0,5 mL de solution à libération prolongée contient 120 mg de lanréotide sous forme d'acétate de lanréotide. Ingrédients non médicinaux : l'eau pour préparations injectables et l'acide acétique glacial.

Comment doit-on employer ce médicament ?

Pour le traitement de l'acromégalie, la dose initiale de lanréotide recommandée est de 90 mg, administrés par injection sous-cutanée profonde (sous la peau) tous les 28 jours. Dépendant de l'efficacité du médicament et de la présence de réactions indésirables, votre médecin pourrait changer la dose ou l'intervalle entre les injections.

Pour le traitement d'une tumeur neuroendocrine entéropancréatique, la dose de lanréotide recommandée est de 120 mg, administrés par injection sous-cutanée profonde (sous la peau) tous les 28 jours. 

Le lanréotide est utilisé sous la supervision d'un médecin. Votre médecin ou votre infirmière vous aideront pour la préparation et l'injection de votre première dose (ou de plus d'une au besoin) et pourront vous enseigner comment vous administrer l'injection vous-même à la maison. N'essayez pas d'auto-injecter ce médicament de votre propre chef avant d'avoir bien compris comment vous devez introduire le médicament dans l'organisme. Si vous avez des doutes quant à la manière de préparer ou de prendre une dose de ce médicament, demandez à un professionnel de la santé de vous l'expliquer. Si l'auto-injection vous cause des difficultés, demandez à un membre de votre famille ou à un fournisseur de soin, s'il est prêt à s'impliquer dans votre traitement et à apprendre à vous donner vos injections.

Si vous vous administrez les injections de lanréotide vous-même, l'injection doit être effectuée dans les tissus sous-cutanés profonds de la partie supérieure externe de votre cuisse. Vous devriez éviter d'injecter ce médicament dans une zone cutanée qui est douloureuse, rouge, infectée ou autrement endommagée.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Il est important d'utiliser ce médicament conformément aux indications de votre médecin. Si vous oubliez une injection de lanréotide, communiquez avec votre médecin pour déterminer la date de votre prochaine injection. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose.

Conservez ce médicament au réfrigérateur dans son emballage original. Ne le congelez pas. Gardez-le hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer ce médicament dans les circonstances ci-après :

  • une allergie au lanréotide ou à l'un des ingrédients du médicament;
  • une allergie à la somatostatine;
  • la présence de lithiases biliaires non traitées et qui provoquent des complications.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • une constipation;
  • une douleur abdominale;
  • une douleur musculaire;
  • une douleur, une rougeur ou une enflure au lieu d'injection.
  • des étourdissements;
  • des gaz;
  • de la diarrhée;
  • de la fatigue;
  • de l'indigestion;
  • des maux de tête;
  • de la nausée;
  • une perte d'appétit;
  • une perte de cheveux;
  • une perte de poids;
  • des selles grasses;
  • des vomissements.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • une enflure indurée persistante au site d'injection;
  • une fréquence cardiaque réduite;
  • une pression artérielle élevée;
  • des signes attribuables à de l'anémie (réduction du nombre de globules rouges; par ex. des étourdissements, de la pâleur, de la fatigue ou de la faiblesse inhabituelle, un essoufflement);
  • des signes d'une augmentation du taux de sucre sanguin (par ex. un besoin d'uriner fréquemment, une augmentation de la soif, une consommation de nourriture excessive, une perte de poids inexpliquée, une mauvaise cicatrisation des plaies, des infections, une haleine à odeur fruitée);
  • des signes attribuables à une baisse de la glycémie (par ex. de la fatigue, des tremblements, des maux de tête, de la difficulté à se concentrer, une faim excessive, un brouillement de la vision);
  • des symptômes attribuables à la présence de lithiases biliaires (pierres au foie) (par ex. de la douleur à l'omoplate droite, de la douleur sous la cage thoracique, à droite, de la nausée, des vomissements, des éructations).

Cessez de prendre le médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des signes d'une grave réaction allergique (par ex. de l'urticaire, une difficulté respiratoire, une boursouflure du visage ou une enflure des lèvres, de la langue ou de la gorge);
  • des signes de pancréatite (par ex. une douleur sur le côté supérieur gauche de l'abdomen, un mal de dos, des nausées, une fièvre, des frissons, un rythme cardiaque rapide, abdomen gonflé).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Fonction hépatique : la maladie hépatique ou la réduction de la fonction hépatique peut provoquer une accumulation de ce médicament dans l'organisme, causant ainsi des effets secondaires. En cas de troubles hépatiques, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Fonction rénale : les maladies rénales ou la diminution de la fonction rénale peuvent causer l'accumulation de ce médicament dans le corps, ce qui provoque des effets secondaires. Si votre fonction rénale est réduite ou si vous êtes atteint d'une maladie rénale, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Pancréatite : le lanréotide peut provoquer une inflammation du pancréas. Si vous avez des antécédents de pancréatite, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Avertissez votre médecin immédiatement si vous observez des signes de pancréatite comme une douleur située sur le côté supérieur gauche de l'abdomen, un mal de dos, des nausées, une fièvre, des frissons, des battements de cœur rapides ou un gonflement de l'abdomen.

Problèmes de la thyroïde : l'utilisation de ce médicament est susceptible de réduire la fonction thyroïdienne. Il se peut que votre médecin vous demande de subir des analyses sanguines pour détecter rapidement un ralentissement de votre fonction thyroïdienne, le cas échéant. Si vous remarquez des symptômes attribuables à une baisse de la fonction thyroïdienne (par ex. un gain de poids, de la fatigue, un ralentissement du rythme cardiaque, une sensation de froid excessif, une sécheresse de la peau ou une enflure à la partie antérieure de votre cou), communiquez avec votre médecin. En cas de trouble de la thyroïde, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Problèmes de la vésicule biliaire : le lanréotide peut provoquer des troubles de la vésicule biliaire, notamment des lithiases biliaires. Votre médecin vous suivra périodiquement pour détecter précocement ce problème, le cas échéant, à l'aide d'échographies. Si vous avez des antécédents de calculs biliaires, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Rythme cardiaque : le lanréotide peut décélérer le rythme cardiaque. Si vous remarquez que votre pouls est lent ou irrégulier, communiquez immédiatement avec votre médecin. Si vous êtes atteint de problèmes cardiaques, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Taux de sucre sanguin : l'utilisation du lanréotide peut provoquer une élévation ou une baisse de la glycémie. Votre médecin suivra de près vos taux de sucre sanguin pendant que vous utilisez ce médicament, en particulier lorsque vous commencerez le traitement et lors de changements de dose. Si vous subissez des symptômes attribuables à une baisse de la glycémie (par ex. de la fatigue, des tremblements, des maux de tête, de la difficulté à vous concentrer, une faim excessive, un brouillement de la vision) ou à de l'hyperglycémie (par ex. une soif et une production d'urine excessives, une perte de poids) communiquez avec votre médecin. Les personnes atteintes du diabète doivent mesurer leurs taux de glycémie régulièrement pendant qu'elles utilisent ce médicament et signaler tout changement de leur maîtrise du sucre sanguin à leur médecin.

Grossesse : ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Si une grossesse advenait pendant que vous utilisez ce médicament, il faudrait en avertir immédiatement votre médecin. 

Allaitement : on ignore si le lanréotide passe dans le lait maternel. Si vous prenez ce médicament pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de ce médicament n'a été établie en ce qui concerne les enfants âgés de moins de 16 ans.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre le lanréotide et l'un des agents ci-après :

  • l'amiodarone;
  • des antibiotiques de la famille des quinolones (par ex. la ciprofloxacine, la norfloxacine, l'ofloxacine);
  • les antidiabétiques (par ex. le chlorpropamide, le glipizide, le glyburide, l'insulin, la metformine, le natéglinide, la rosiglitazone, l'acarbose, la canagliflozine);
  • les bêta bloquants (par ex. l'aténolol, le propranolol, le sotalol);
  • la bromocriptine;
  • le ceritinib;
  • la clonidine;
  • la codéine;
  • la cyclosporine;
  • la digoxine;
  • le diltiazem;
  • le disopyramide;
  • le donépézil;
  • la dronédarone;
  • le fingolimod;
  • la galantamine;
  • la guanfacine;
  • les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO; par ex. le moclobémide, la phénelzine, la rasagiline, la sélégiline, la tranylcypromine);
  • les inhibiteurs de la tyrosine kinase (par ex. le crizotinib, le dasatinib, l'imatinib, le nilotinib);
  • les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine ou ISRS (par ex. le citalopram, la fluoxétine, la paroxétine, la sertraline);
  • le lacosamide;
  • le linézolide;
  • le méthyldopa;
  • l'octreotide;
  • le pasiréotide;
  • le pegvisomant;
  • la propafénone;
  • la quinine;
  • la rivastigmine;
  • la somatostatine;
  • le sulfaméthoxazole;
  • la testostérone;
  • la tizanidine;
  • le tofacitinib;
  • le vérapamil.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous prenez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.