Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

La progestérone appartient à la classe des médicaments appelés progestatifs. Elle s'utilise après la ménopause en complément d'une œstrogénothérapie de substitution (ETS) pour prévenir le dépôt d'œstrogènes sur la muqueuse de l'utérus (hyperplasie endométriale). Elle réduit considérablement le risque de cancer de l'endomètre. Ce médicament est utilisé chez la femme ayant encore un utérus.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations, ou les deux. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque capsule contient 100 mg de progestérone micronisée. Ingrédients non médicinaux : huile de tournesol, gélatine, glycérine, lécithine de soya et dioxyde de titane.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose recommandée est de 200 mg par jour au moment du coucher pendant les 14 derniers jours du traitement par œstrogène par cycle. Les femmes qui prennent de fortes doses d'œstrogène devraient recevoir une dose de progestérone de 300 mg par jour. Si la dose est de 300 mg par jour, 200 mg doivent être pris au moment du coucher et 100 mg 2 heures après le déjeuner pendant les 12-14 derniers jours du traitement par œstrogène par cycle.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Il est important d'utiliser ce médicament conformément aux indications de votre médecin. Si vous employez une dose de 200 mg par jour et qu'il vous arrive d'oublier une dose de ce médicament à l'heure du coucher (c.-à-d. 2 des capsules de 100 mg), prenez une dose de 100 mg (1 capsule) le lendemain matin et continuez à prendre les capsules conformément aux indications de votre médecin. Si vous employez une dose de 300 mg par jour et qu'il vous arrive d'oublier une dose de ce médicament, ne vous souciez pas de la dose omise et reprenez la suite du traitement. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien.

Entreposez ce médicament à la température ambiante, à l'abri de la lumière et de l'humidité et hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer la progestérone dans les circonstances ci-après :

  • une allergie à la progestérone, aux arachides (les capsules contiennent de l'huile d'arachides), au soya ou à l'un des ingrédients du médicament;
  • une grossesse confirmée ou soupçonnée;
  • des antécédents de caillots de sang (par ex. une embolie pulmonaire, une thrombose veineuse profonde) ou des troubles de la coagulation du sang;
  • la présence d'une tumeur dont la croissance dépend des taux de progestérone ou d'œstrogène (par ex. un cancer du sein ou de l'endomètre);
  • une maladie du foie active;
  • des migraines classiques;
  • une hyperplasie de l'endomètre (une augmentation du volume de la muqueuse de l'utérus);
  • des antécédents d'accident vasculaire cérébral, de crise cardiaque ou de maladie cardiaque;
  • un dommage oculaire résultant d'une affection vasculaire de l'œil, comme une perte de la vision partielle ou complète;
  • un saignement vaginal anormal de cause inconnue.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • une douleur abdominale ou des crampes;
  • l'acné;
  • une douleur mammaire ou une douleur à la pression sur les seins;
  • des taches brunes pouvant être de longue durée sur la peau exposée;
  • des étourdissements;
  • de la somnolence;
  • une sensation de tête légère;
  • des changements de la libido;
  • une perte ou une poussée de cheveux ou de poils sur le corps ou sur le visage;
  • des modifications de l'humeur;
  • un état de nervosité;
  • une enflure du visage, des chevilles ou des pieds;
  • de la fatigue;
  • des troubles du sommeil.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne consultez pas votre médecin ou si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • une réaction allergique (par ex. de l'urticaire, une éruption cutanée, une démangeaison);
  • des variations du saignement vaginal comme -
    • des saignements vaginaux plus abondants entre les menstruations normales;
    • des pertes menstruelles plus importantes durant les règles régulières;
    • un saignement vaginal plus léger entre les menstruations;
    • l'arrêt des règles;
  • une douleur à la miction (élimination de l'urine);
  • des douleurs pendant les rapports sexuels;
  • des signes de dépression (par ex. un manque de concentration, des fluctuations pondérales, des troubles du sommeil, de l'indifférence à l'égard de nombreuses activités, des pensées suicidaires);
  • des signes de troubles hépatiques (par ex. de la nausée, des vomissements, de la diarrhée, une perte de l'appétit, une perte de poids, le jaunissement de la peau ou du blanc des yeux, une urine sombre, des selles claires);
  • une aggravation des maux de tête ou des migraines.

Cessez la prise du médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des signes d'une réaction allergique grave (par ex. des crampes abdominales, une difficulté respiratoire, de la nausée et des vomissements, ou une boursouflure du visage et une enflure de la gorge);
  • des signes d'un caillot sanguin dans les vaisseaux sanguins (par ex. un changement de la vue ou des étourdissements apparaissant soudainement, une douleur et une enflure dans un seul muscle de la jambe;
  • des signes d'une crise cardiaque (par ex. présence de douleur ou de pression à la poitrine, de douleur qui se propage à l'épaule ou au bras, de nausée et de vomissements, de sudation excessive);
  • des signes d'un accident vasculaire cérébral (par ex. des maux de tête intenses ou subits; une perte de coordination soudaine; des anomalies du champ visuel; des difficultés subites à articuler; ou une faiblesse, un engourdissement, ou de la douleur au bras ou à la jambe inexpliqués).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Veuillez tenir compte des renseignements importants ci-après sur l'œstrogénothérapie :

  • l'œstrogène s'utilise à la dose la plus faible pour soulager vos symptômes ménopausiques et pour la plus courte période possible;
  • les œstrogènes, avec ou sans progestatifs, ne devraient pas s'utiliser pour prévenir une maladie cardiaque, une crise cardiaque ni des accidents vasculaires cérébraux.

Cancer du sein : plusieurs études ont démontré qu'il existe une association entre une légère augmentation dans le risque de contracter un cancer du sein et l'utilisation à long terme d'un traitement hormonal de substitution pendant la ménopause. Demandez à votre médecin quels examens de dépistage du cancer du sein vous devriez faire effectuer et sollicitez une démonstration d'un autoexamen des seins.

Dépression : il a été démontré que certaines hormones, comme la progestérone, provoquent des changements d'humeur et des symptômes de dépression. Si vous souffrez de dépression ou avez des antécédents de dépression, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Si vous présentez des symptômes de dépression (comme un manque de concentration, un changement de poids, un changement touchant le sommeil ou une perte d'intérêt envers vos activités) ou si vous constatez qu'un membre de la famille traité par ce médicament présente ces symptômes, communiquez avec votre médecin au plus tôt.

Diabète : comme les autres traitements hormonaux de substitution, la progestérone peut provoquer une augmentation des taux de sucre sanguin et un changement de la tolérance au glucose. Il se pourrait que les personnes atteintes de diabète aient à vérifier leur taux de sucre sanguin plus souvent durant la prise de ce médicament.

Si vous êtes atteint de diabète ou si vous êtes prédisposé au diabète, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Risques professionnels : une somnolence ou des étourdissements temporaires et occasionnels peuvent apparaître chez certaines personnes 1 à 4 heures après la prise de progestérone, surtout si le médicament a été pris avec des aliments. Si ces symptômes surviennent, évitez les activités exigeant de la concentration, de l'attention, une bonne coordination et des réflexes. Dans la plupart des cas, ces troubles peuvent être évités en prenant les gélules aux horaires recommandés. La dose de 200 mg doit être prise au moment du coucher. La dose de 300 mg doit être fractionnée en 2 doses, 100 mg 2 heures après le déjeuner et 200 mg au coucher.

Saignement vaginal : la progestérone peut causer des changements dans vos cycles menstruels. Si vos menstruations sont plus abondantes ou durent plus longtemps qu'à la normale, communiquez avec votre médecin.

Grossesse : ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : ce médicament passe dans le lait maternel. Si vous employez la progestérone pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre la progestérone en injection et l'un des agents ci-après :

  • l'aliskirène;
  • l'amiodarone;
  • l'apixaban;
  • l'argatroban;
  • les barbituriques (par ex. le pentobarbital, le phénobarbital);
  • le bosentan;
  • le bosutinib;
  • les antagonistes du calcium (par ex. l'amlodipine, le diltiazem, la nifédipine, le vérapamil);
  • la carbamazépine;
  • le carvédilol;
  • la cétirizine;
  • la ciprofloxacine;
  • la colchicine;
  • la cyclosporine;
  • le dabigatran;
  • le dabrafénib;
  • la daunorubicine;
  • le déférasirox;
  • la dexaméthasone;
  • la digoxine;
  • la dofétilide;
  • la doxorubicine;
  • l'étoposide;
  • l'évérolimus;
  • les œstrogènes (par ex. l'œstrogène conjugué, l'œstradiol, l'éthinylœstradiol);
  • le fluconazole;
  • la fluvoxamine;
  • le gemfibrozil;
  • les antidiabétiques « gliptine » (par ex. la linagliptine, la saxagliptine, la sitagliptine);
  • l'héparine;
  • les inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse du VIH (INNTIs; par ex. la delavirdine, l'éfavirenz, l'étravirine, la névirapine);
  • l'hydrocortisone;
  • l'idarubicine;
  • l'imatinib;
  • l'indinavir;
  • l'irinotécan;
  • l'isoniazide;
  • l'ivermectin;
  • le kétoconazole;
  • le lopéramide;
  • le lopinavir;
  • les héparines de faible poids moléculaire (par ex. la daltéparine, l'énoxaparine, la tinzaparine);
  • le méthotrexate;
  • le mitotane;
  • la nadolol;
  • le nelfinavir;
  • l'ondansétron;
  • l'oxcarbazépine;
  • le paclitaxel;
  • la palipéridone;
  • le pazopanib;
  • la phénytoïne;
  • le pimozide;
  • la primidone;
  • le prucalopride;
  • la quinidine;
  • la quinine;
  • la ranitidine;
  • la rifabutine;
  • la rifampine;
  • la rispéridone;
  • le ritonavir;
  • le rivaroxaban;
  • le romidepsine;
  • le millepertuis;
  • le saquinavir;
  • la silodosine;
  • le sirolimus;
  • les médicaments de type « statine » pour traiter les niveaux élevés de cholestérol (par ex. l'atorvastatine, la lovastatine, la simvastatine);
  • le tacrolimus;
  • le télaprévir;
  • le temsirolimus;
  • la ticlopidine;
  • le tocilizumab;
  • le tolvaptan;
  • le topotécan;
  • la trabectédine;
  • l'ulipristal;
  • la vinblastine;
  • la vincristine;
  • la warfarine.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.