Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

L'hydroxyurée appartient au groupe de médicaments conçus pour lutter contre le cancer qui sont connus sous le nom d'antinéoplasiques et plus particulièrement au groupe d'antinéoplasiques appelés antimétabolites. L'hydroxyurée aide à lutter contre le cancer en empêchant la croissance des cellules cancéreuses, ce qui mène à leur destruction. Elle s'utilise habituellement dans le traitement de certains types de cancers siégeant sur la peau qui recouvre la tête et le cou (à l'exclusion des lèvres) et appelés carcinomes des cellules squameuses. Dans le traitement de ces types de cancers, l'utilisation de l'hydroxyurée est généralement accompagnée de radiothérapie, car ces deux traitements simultanés contribuent à détruire plus efficacement les cellules cancéreuses.

Elle s'utilise aussi pour traiter les cancers de la peau appelés mélanomes et certains types de cancers du sang dénommé leucémie myélocitaire chronique.

Il faut au moins 6 semaines pour établir si le traitement par l'hydroxyurée est efficace.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque capsule à coiffe verte opaque portant l'inscription « G » à l'encre noire et un corps rose opaque portant l'inscription « HU 500 » à l'encre noire, contient 500 mg d'hydroxyurée. Ingrédients non médicinaux : AD et C bleu nº 1, AD et C rouge nº 40, D et C jaune nº 10, D et C rouge nº 28, dioxyde de silice colloïdale, dioxyde de titane, gélatine, oxyde de fer noir et stéarate de magnésium.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose recommandée d'hydroxyurée varie selon le trouble traité, la réponse au traitement, les autres médicaments employés, l'administration simultanée d'une radiothérapie, le stade de la maladie et le poids corporel.

Pour le traitement de tumeurs à la tête et au cou, la dose habituelle pour les adultes est de 80 mg par kg de poids, en dose unique, tous les 3 jours. Si une radiothérapie est également administrée, la prise d'hydroxyurée devrait être amorcée au moins 7 jours avant le début de la radiothérapie, et être maintenue pendant et après le traitement, à moins que des effets secondaires excessifs n'apparaissent.

Pour le traitement de la leucémie lymphocytaire chronique résistante, la dose habituelle pour les adultes est de 20 à 30 mg par kg de poids prise quotidiennement.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Il est important d'utiliser ce médicament conformément aux indications de votre médecin. Si vous ne pouvez pas avaler les capsules, vous pouvez en verser le contenu dans un verre d'eau et le boire immédiatement. Il importe de ne pas inhaler la poudre et d'éviter qu'elle entre en contact avec la peau ou les muqueuses. Si vous renversez de la poudre, essuyez-là immédiatement avec une serviette humide jetable que vous jetterez avec les capsules vides. Les capsules doivent être jetées dans un récipient ou emballage fermé, comme un sac en plastique.

Si vous vomissez peu de temps après avoir pris le médicament, communiquez avec votre médecin pour savoir si vous devez prendre une autre dose ou pas. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose.

Votre médecin pourrait vous demander de boire une plus grande quantité de liquide pendant la prise de ce médicament, en vue d'augmenter la quantité d'urine et de protéger les reins.

En plus de s'attaquer au matériel génétique (ADN) des cellules cancéreuses, la méchloréthamine peut également nuire à certaines cellules normales. Cela peut entraîner de nombreux effets secondaires comme des lésions dans la bouche. Prenez note de tous les effets secondaires et signalez-les à votre médecin comme nous vous le suggérons dans la section « Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament? ».

Entreposez ce médicament à la température ambiante, à l'abri de la lumière et de l'humidité et hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer ce médicament dans les circonstances ci-après :

  • une allergie à l'hydroxyurée ou à l'un des ingrédients du médicament;
  • une numération des globules blancs très faible;
  • un très faible nombre de plaquettes dans le sang;
  • une anémie grave.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • un assoupissement;
  • une chute temporaire des cheveux;
  • une constipation;
  • une diarrhée;
  • des étourdissements;
  • des maux de tête;
  • de la nausée;
  • une perte d'appétit;
  • une rougeur de la peau au site de la radiothérapie;
  • des vomissements.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • la confusion;
  • de la désorientation;
  • une émission de l'urine douloureuse ou difficile;
  • une éruption cutanée ou une démangeaison;
  • une fièvre;
  • des hallucinations (par ex. l'illusion d'entendre ou de voir quelque chose qui n'existe pas réellement);
  • des lésions dans la bouche ou sur les lèvres;
  • des modifications des ongles des doigts ou des orteils;
  • des signes d'infection (une fièvre, de grands frissons, des maux de gorge des ulcérations buccales);
  • des signes de troubles hépatiques (par ex. des nausées, des vomissements, de la diarrhée, une perte de l'appétit, une perte de poids, un jaunissement de la peau ou du blanc des yeux, une urine sombre, des selles claires);
  • des symptômes de la cholestase (la diminution de l'écoulement biliaire) (par ex. des selles de couleur grisâtre, une urine sombre, une démangeaison, une douleur dans la partie supérieure droit de l'abdomen, le jaunissement de la peau ou du blanc des yeux);
  • des ulcères ou des lésions cutanées, en particulier si vous prenez également un autre type de médicament appelé interféron (par ex. Intron A, Roferon A, Rebetron, Avonex, Rebif, Betaseron).

Cessez la prise du médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des crises convulsives;
  • des symptômes attribuables au syndrome de lyse tumorale (par ex. pas d'urination, une faiblesse musculaire importante, un rythme cardiaque irrégulier, des convulsions).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Anémie : l'hydroxyurée peut provoquer une baisse du nombre de globules rouges. Si vous avez des symptômes révélant une baisse des globules rouges (anémie) comme un essoufflement, une fatigue inhabituelle ou une peau pâle, communiquez aussitôt que possible avec votre médecin.

Votre médecin vous fera subir des analyses sanguines régulièrement pour connaître le nombre de certains types précis de cellules sanguines, notamment de globules rouges présents dans votre sang.

Coagulation du sang : ce médicament peut jouer un rôle dans la diminution du nombre de plaquettes dans le sang. Les plaquettes participent à la coagulation du sang, et vous pourriez saigner plus facilement si elles étaient en trop faible nombre. Si vous remarquez des signes de saignement, comme des saignements de nez fréquents, des ecchymoses inexpliquées, ou des selles noirâtres et goudronneuses, signalez-le à votre médecin au plus tôt. Votre médecin demandera des analyses de sang régulières pour s'assurer que tout problème potentiel soit détecté de manière précoce.

Contraception : il existe une possibilité de malformations congénitales si l'un des parents utilise l'hydroxyurée au moment de la conception. Les hommes devraient utiliser un moyen de contraception efficace lorsqu'ils prennent l'hydroxyurée et pendant au moins 1 an après la fin du traitement.

Fécondité : les hommes qui prennent de l'hydroxyurée peuvent subir une diminution de leur production de spermatozoïdes sains. Cela peut parfois être rétabli lorsque le traitement est arrêté. Si vous prévoyez fonder une famille après le traitement à l'hydroxyurée, parlez-en avec votre médecin.

Fonction rénale : les maladies rénales ou la diminution de la fonction rénale peuvent causer l'accumulation de ce médicament dans le corps, ce qui provoque des effets secondaires. Si votre fonction rénale est réduite ou si vous êtes atteint d'une maladie rénale, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Fonction hépatique : l'hydroxyurée peut réduire la fonction hépatique et provoquer une insuffisance hépatique. En cas de troubles hépatiques, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique. Votre médecin surveillera votre fonction hépatique par des analyses de sang qu'il prescrira régulièrement pendant que vous employez ce médicament.

Goutte : l'hydroxyurée peut augmenter le taux d'acide urique dans l'organisme. Si vos articulations deviennent douloureuses, chaudes et enflées ou si vous urinez avec difficulté, communiquez avec votre médecin au plus tôt.

Si vous avez des antécédents de goutte, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Infection : non seulement l'hydroxyurée tue les cellules cancéreuses, mais il peut faire chuter le nombre de cellules qui combattent l'infection dans le corps (les globules blancs). Si possible, évitez d'entrer en contact avec les personnes ayant une infection contagieuse. Communiquez avec votre médecin immédiatement si vous commencez à observer les signes d'une infection, comme une fièvre ou des frissons, une diarrhée aiguë, un essoufflement, des étourdissements prolongés, des maux de tête, une raideur du cou, une perte de poids, ou un manque d'énergie. Votre médecin demandera des analyses de sang régulièrement pour surveiller le nombre des différents types de cellules sanguines.

Somnolence ou vigilance réduite : l'hydroxyurée peut causer de la somnolence. Évitez les activités exigeant de la vigilance, comme conduire, faire fonctionner des machines, ou accomplir des tâches dangereuses, jusqu'au moment où vous aurez déterminé l'effet de l'hydroxyurée sur vos capacités de réaction.

Syndrome de lyse tumorale : l'hydroxyurée, comme plusieurs autres médicaments utilisés pour combattre le cancer, provoque la mort soudaine de nombreuses cellules cancéreuses au début du traitement. Cette action peut surcharger l'organisme de déchets cellulaires. Ainsi, le corps peut ne pas pouvoir se débarrasser de tous les déchets assez rapidement. Lorsque ce phénomène se produit, il se peut que vous ressentiez de la nausée, de l'essoufflement, des douleurs articulaires ou que vous remarquiez un brouillement de votre urine. C'est ce que l'on appelle le syndrome de lyse tumorale. Il se peut que votre médecin vous prescrive certains médicaments pour aider votre corps à se débarrasser de ses déchets. Assurez-vous de bien comprendre le mode d'emploi de ces médicaments et de signaler immédiatement à votre médecin ces signes et symptômes.

Vaccins : l'effet des vaccins administrés aux personnes ayant une réduction de l'activité du système immunitaire est imprévisible. L'hydroxyurée peut réduire l'efficacité des vaccins. Discutez avec votre médecin si vous avez besoin d'une vaccination pendant que vous employez ce médicament.

Grossesse : ce médicament ne doit pas être pris pendant la grossesse car il peut être dangereux pour le bébé. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : ce médicament passe dans le lait maternel. Si vous employez l'hydroxyurée pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Les femmes qui emploient ce médicament ne devraient pas allaiter en raison des risques qui lui sont associés.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de ce médicament n'a été établie en ce qui concerne les enfants.

Aînés : les aînés peuvent être plus susceptibles aux effets secondaires de ce médicament.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre l'hydroxyurée et l'un des agents ci-après :

  • l'amphotéricine B;
  • l'azathioprine;
  • le bacille de Calmette-Guérin (BCG);
  • la clozapine;
  • la colchicine;
  • les corticostéroïdes (par ex. le budésonide, la dexaméthasone, l'hydrocortisone, la fluticasone, la prednisone);
  • la cyclosporine;
  • le denosumab;
  • la didanosine;
  • la dipyrone;
  • l'échinacée;
  • le léflunomide;
  • les médicaments utilisés contre le cancer (par ex. le carboplatine, la cyclophosphamide, la doxorubicine, l'ifosfamide, la vincristine);
  • le mycophénolate;
  • le natalizumab;
  • le pimécrolimus;
  • le rituximab;
  • le roflumilast;
  • la stavudine;
  • le tacrolimus;
  • le tofacitinib;
  • le trastuzumab;
  • les vaccins.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Dans bien des cas, les interactions sont voulues ou font l'objet d'un suivi minutieux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.