Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

L'ivacaftor appartient à la classe de médicaments appelés potentialisateurs du régulateur de la perméabilité transmembranaire de la fibrose kystique (CFRT). On l'utilise pour traiter la fibrose kystique (FK) chez les adultes et les enfants de plus de 6 ans qui possèdent l'une de plusieurs mutations (un changement) possibles dans leur gène CFTR. On l'utilise également pour les personnes de plus de 18 ans qui ont la mutation R117H. Il n'est pas efficace pour les personnes atteintes de FK qui possèdent la mutation delta F508.

Dans la FK, une protéine anormale nommée CFTR est produite. Cette protéine change la manière dont le chlorure entre dans les cellules et en sort (le chlorure est une composante du sel ou chlorure de sodium). Cela a pour effet de modifier l'équilibre entre le sel et l'eau dans le corps, rendant plus épais le mucus qui tapisse les poumons, le pancréas et d'autres organes. L'ivacaftor permet un plus grand mouvement du chlorure et il améliore l'équilibre entre le sel et l'eau.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque comprimé bleu pâle, en forme de capsule portant l'inscription « V 150 » à l'encre noire sur un côté, contient 150 mg d'ivacaftor. Ingrédients non médicinaux : alcool polyvinylique, cellulose microcristalline, cire de carnauba, croscarmellose sodique, dioxyde de silicium colloïdal, dioxyde de titane, lactose monohydraté, laque d'aluminium carmin d'indigo, laurylsulfate de sodium, PEG 3350, stéarate de magnésium, succinate d'acétate d'hypromellose et talc. Encre : hydroxyde d'ammonium, oxyde de fer noir, propylèneglycol et laque en écailles.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose habituelle est de 150 mg deux fois par jour (matin et soir avec un espacement approximatif de 12 heures entre les deux), pris avec un aliment contenant des graisses. Les aliments contenant des graisses aident à obtenir la quantité appropriée de médicament dans l'organisme. Parmi les repas ou les aliments recommandés, on retrouve ceux qui contiennent du beurre ou des huiles, des œufs, du fromage, des noix, du lait entier ou de la viande. Les repas et les collations recommandés dans les guides alimentaires de la FK contiennent les quantités nécessaires de graisses.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Il est très important que ce médicament soit pris conformément aux indications de votre médecin.

Si vous constatez l'oubli d'une dose moins de 6 heures après l'heure normale de sa prise, prenez la dose omise et prenez les doses suivantes aux heures prévues. Si plus de 6 heures se sont écoulées depuis votre oubli, ne prenez pas cette dose et prenez les doses suivantes aux heures prévues. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien.

Entreposez ce médicament à la température ambiante et hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Quiconque ayant une allergie à l'ivacaftor ou à l'un des ingrédients de ce médicament ne devrait pas l'utiliser.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • une diarrhée;
  • de la douleur abdominale;
  • des douleurs articulaires;
  • des étourdissements;
  • des maux de tête;
  • de la nausée;
  • des symptômes attribuables à une infection des voies respiratoires supérieures (le rhume banal) comme un mal de gorge, de la congestion nasale ou sinusale ou des écoulements nasaux.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne consultez pas votre médecin ou si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • des signes et des symptômes attribuables à un désordre hépatique comme un jaunissement de la peau ou des yeux, l'apparition d'urine foncée et de selles pâles, de la douleur abdominale, de la nausée, des vomissements, une perte d'appétit ou des démangeaisons;
  • des symptômes attribuables à une hypoglycémie (baisse du taux de sucre sanguin) (par ex. de la nervosité, des sudations excessives, un évanouissement, une accélération du rythme cardiaque, de la nausée, des picotements, des tremblements).

Cessez la prise du médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des réactions allergiques comme l'apparition d'une éruption cutanée, d'urticaire, d'une enflure du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge, de la difficulté à avaler ou à respirer.

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Cataractes : on a signalé l'apparition de cataractes chez certains enfants traités avec l'ivacaftor. Il se peut que votre médecin recommande que votre enfant subisse des examens des yeux avant et pendant le traitement avec ce médicament.

Étourdissements : l'ivacaftor peut provoquer des étourdissements. Ne conduisez pas de véhicule automobile et ne faites pas fonctionner d'appareils possiblement dangereux avant d'être sûr que ce médicament ne modifie pas votre capacité d'accomplir ces activités sans danger.

Jus de pamplemousse : le jus de pamplemousse peut augmenter les taux d'ivacaftor dans le corps, ce qui causerait des réactions indésirables. Pendant que vous utilisez l'ivacaftor, évitez de consommer des aliments ou des boissons qui contiennent du pamplemousse ou des oranges de Séville.

Fonction rénale : l'innocuité et l'efficacité de l'ivacaftor n'ont pas été établies pour les personnes dont la fonction rénale est réduite ni chez celles qui sont atteintes d'une insuffisance rénale. Si votre fonction rénale est réduite ou si vous êtes atteint d'une maladie rénale, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Fonction hépatique : la maladie hépatique ou la réduction de la fonction hépatique peut provoquer une accumulation de ce médicament dans l'organisme, causant ainsi des effets secondaires. En cas de troubles hépatiques, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique. Votre médecin prescrira à intervalles réguliers des analyses qui cibleront votre fonction hépatique.

Grossesse : ni l'innocuité ni l'efficacité de l'ivacaftor n'a été établie en ce qui concerne les femmes enceintes. Ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Si une grossesse advient pendant que vous prenez ce médicament, prenez contact avec votre médecin.

Allaitement : on ignore si l'ivacaftor passe dans le lait maternel. Si vous prenez ce médicament pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de l'ivacaftor n'a été établie en ce qui concerne les enfants âgés de moins de 6 ans.

Aînés : ni l'innocuité ni l'efficacité de l'ivacaftor n'a été établie en ce qui concerne les aînés ayant plus de 65 ans.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre l'ivacaftor et l'un des agents ci-après :

  • l'abiratérone;
  • l'aliskirène;
  • les alphabloquants (par ex. l'alfuzosin, la doxazosine, la silodosine, la tamsulosine);
  • l'amiodarone;
  • les antagonistes du calcium (par ex. l'amlodipine, le diltiazem, la nifédipine, le vérapamil);
  • les antibiotiques macrolides (par ex. la clarithromycine, l'érythromycine);
  • les anticancéreux (par ex. le cabazitaxel, le docétaxel, la doxorubicine, l'etoposide, l'ifosfamide, l'irinotécan, la vincristine);
  • les antidépresseurs tricycliques (par ex. l'amitriptyline, la clomipramine, la désipramine, la trimipramine);
  • les antidiabétiques « gliptine » (par ex. la linagliptine, la saxagliptine, la sitagliptine);
  • les antifongiques dont le nom se termine en « azole » (par ex. l'itraconazole, le kétoconazole, le voriconazole);
  • l'apixaban;
  • l'aprépitant;
  • l'aripiprazole;
  • les benzodiazépines (par ex. le chlordiazépoxide, le clonazépam, le diazépam, le lorazépam);
  • le bocéprévir;
  • le bosentan;
  • le brentuximab;
  • la bromocriptine;
  • la buprénorphine;
  • la buspirone;
  • le busulfan;
  • le calcitriol;
  • la carbamazépine;
  • le carvédilol;
  • la chloroquine;
  • la cimétidine;
  • la colchicine;
  • le conivaptan;
  • la cyclosporine;
  • le dabigatran;
  • le dantrolène;
  • la dapsone;
  • le déférasirox;
  • les dérivés nitrés (par ex. le dinitrate d'isosorbide, le mononitrate d'isosorbide);
  • la dexaméthasone;
  • la digoxine;
  • le disopyramide;
  • le dompéridone;
  • la dronédarone;
  • l'enzalutamide;
  • l'éthosuximide;
  • l'étoposide;
  • l'évérolimus;
  • le felbamate;
  • la flutamide;
  • l'halopéridol;
  • l'hydrocortisone;
  • l'idarubicine;
  • les inhibiteurs de la pompe à protons (par ex. le lansoprazole, l'oméprazole);
  • les inhibiteurs de la protéase du VIH (par ex. l'atazanavir, l'indinavir, le ritonavir, le saquinavir);
  • les inhibiteurs de la tyrosine kinase (par ex. l'imatinib, le lapatinib, le nilotinib);
  • les inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse du VIH  (par ex. la delavirdine, l'éfavirenz, l'étravirine, la névirapine);
  • les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS, par ex. le citalopram, la duloxétine, la fluoxétine, la paroxétine, la sertraline);
  • l'irinotécan;
  • l'ivermectin;
  • le jus de pamplemousse;
  • la lidocaïne;
  • le lopéramide;
  • le losartan;
  • le maraviroc;
  • les médicaments de type « statine » pour traiter les niveaux élevés de cholestérol (par ex. l'atorvastatine, la lovastatine, la simvastatine);
  • la méfloquine;
  • la mestranol;
  • la méthadone;
  • le méthotrexate;
  • le métronidazole;
  • la mifépristone;
  • le millepertuis;
  • la mirtazapine;
  • le modafinil;
  • le montélukast;
  • la nadolol;
  • le natéglinide;
  • la néfazodone;
  • la norfloxacine;
  • les œstrogènes (par ex. les œstrogènes conjugués, l'œstradiol, l'éthinylœstradiol);
  • l'ondansétron;
  • l'oxcarbazépine;
  • l'oxycodone;
  • le paclitaxel;
  • la palipéridone;
  • le pentobarbital;
  • le pérampanel;
  • le phénobarbital;
  • la phénytoïne;
  • le pimozide;
  • le praziquantel;
  • la primaquine;
  • la primidone;
  • les progestatifs (par ex. le diénogest, le lévonorgestrel, la médroxyprogestérone, la noréthindrone);
  • le prucalopride;
  • la quétiapine;
  • la quinidine;
  • la quinine;
  • la ranitidine;
  • le répaglinide;
  • la rifabutine;
  • la rifampine;
  • la rifapentine;
  • la rilpivirine;
  • la rispéridone;
  • le rivaroxaban;
  • la romidepsine;
  • le sildénafil;
  • la silodosine;
  • le siméprévir;
  • le sirolimus;
  • le tacrolimus;
  • le tamoxifène;
  • le télaprévir;
  • le temsirolimus;
  • le téniposide;
  • la tétracycline;
  • la théophylline;
  • le ticagrélor;
  • la ticlopidine;
  • la toltérodine;
  • le tolvaptan;
  • le topotécan;
  • la trabectédine;
  • le tramadol;
  • la trazodone;
  • le triméthoprime;
  • la venlafaxine;
  • la warfarine;
  • le zolpidem;
  • le zonisamide;
  • la zopiclone.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.