Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

Le filgrastim appartient à la famille de médicaments appelés facteurs stimulants de colonies de granulocytes humains (G-CSF). Il aide la moelle osseuse à produire les globules blancs qui jouent un rôle dans le combat du corps contre l'infection.

On utilise le filgrastim pour prévenir la fréquence des infections se manifestant par une neutropénie fébrile (une affection caractérisée par une baisse des décomptes de neutrophiles, un type de globule blanc et qui est accompagnée de fièvre) ou pour raccourcir la durée de la neutropénie chez certaines personnes qui:

  • reçoivent un type de chimiothérapie qui ralentit la production de globules blancs,
  • reçoivent une greffe de moelle osseuse ou de cellules souches,
  • sont atteintes d'une leucémie myéloïde aiguë ou
  • sont atteintes d'une neutropénie chronique grave.

Ce médicament est également utilisé par des personnes atteintes d'une infection causée par le virus du VIH (le virus qui provoque le SIDA), pour conserver le nombre de globules blancs dans des limites normales. On peut également utiliser le filgrastim pour augmenter le nombre de certains types de cellules sanguines.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez ce médicament à personne, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que vous. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque seringue préremplie à usage unique contenant un liquide stérile, transparent, incolore et sans agent de conservation pour administration parentérale renferme 300 μg de filgrastim.  Ingrédients non médicinaux : tampon d'acétate de sodium, sorbitol, polysorbate 80 et eau pour injection.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose de filgrastim initialement recommandée est basée sur le poids corporel et elle varie selon la nature de l'affection traitée. Pour les personnes traitées par chimiothérapie, 24 heures au moins doivent s'écouler après celle-ci avant que l'on ne commence le traitement avec le filgrastim.

On administre le filgrastim au moyen d'une injection sous-cutanée (sous la peau) ou intraveineuse (à l'intérieur d'une veine) une fois par jour. La dose que vous prenez peut être modifiée en fonction de votre réponse à ce médicament et le traitement dure généralement jusqu'à ce que le nombre des neutrophiles soit acceptable. Certaines affections peuvent exiger un usage du filgrastim d'une durée indéterminée.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Le filgrastim est habituellement donné sous surveillance médicale. Si vous procédez à vos propres injections de filgrastim, votre médecin ou un professionnel de la santé vous donnera des directives pour utiliser le filgrastim de la bonne façon. Il est très important que ce médicament soit pris conformément aux indications de votre médecin.

Si vous oubliez une dose, prenez le médicament dès que vous constatez l'omission et reprenez la suite du traitement aussitôt que possible. S'il est presque temps de prendre votre prochaine dose, ne vous souciez pas de la dose omise et reprenez le schéma posologique usuel. N'utilisez pas une double dose pour compenser l'omission d'une dose. Si vous hésitez sur la conduite à tenir après avoir omis une dose, demandez conseil à votre médecin ou à un pharmacien.

Si vous recevez ce médicament dans une clinique ou au bureau de votre médecin et que vous oubliez un rendez-vous pour recevoir le filgrastim, communiquez avec votre médecin dès que possible pour prendre un nouveau rendez-vous.

Conservez ce médicament dans le réfrigérateur, mais ne le laissez pas congeler. Évitez d'agiter le filgrastim. Conservez-le dans son emballage original pour le protéger de la lumière. On peut conserver ce médicament hors du réfrigérateur, à la température ambiante pendant une seule période de temps pouvant aller jusqu'à 7 jours. Gardez ce médicament hors de la portée des enfants. N'utilisez pas ce médicament s'il est trouble ou s'il contient des particules.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer le filgrastim dans les circonstances ci-après :

  • une allergie au filgrastim ou à l'un des ingrédients du médicament;
  • une réponse allergique aux produits fabriqués avec la bactérie E. coli.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien pourrait être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissaient :

  • une douleur musculaire;
  • de l'enflure et des douleurs articulaires;
  • de la diarrhée;
  • de la fatigue;
  • un mal de gorge;
  • des maux de tête;
  • une perte d'appétit;
  • la présence d'une bosse, de rougeur, d'enflure ou d'ecchymoses au site d'injection;
  • une toux.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • l'apparition de plaies surélevées, douloureuses et violacées sur les membres, le visage ou le cou;
  • un augmentation du volume de la rate (sensibilité accrue ou enflure à la région supérieure gauche de l'abdomen);
  • une douleur osseuse;
  • une inflammation des vaisseaux sanguins cutanés;
  • des signes de saignement (comme des saignements de nez, du sang dans l'urine, des selles noirâtres et goudronneuses, un saignement des gencives, des crachements de sang, une tendance aux ecchymoses (bleus), une augmentation des saignements menstruels);
  • des signes de syndrome de détresse respiratoire aiguë sévère (par ex. fièvre, essoufflement, toux, congestion pulmonaire).

Cessez de prendre le médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux  s'il se produit une réponse comme :

  • des signes d'une réaction allergique importante (par ex. des crampes abdominales, une difficulté respiratoire, des nausées et des vomissements, ou une boursouflure du visage et une enflure de la gorge);
  • des symptômes attribuables au syndrome de la fuite capillaire (par ex. une enflure/gonflement, une réduction de la production d'urine ou du besoin d'uriner, des troubles respiratoires, un ballonnement abdominal, une fatigue généralisée);
  • des symptômes attribuables à une rupture de la rate (par ex. de la douleur à la région supérieure gauche de l'abdomen ou à la pointe de l'épaule gauche).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Syndrome de fuite capillaire (SFC): on a rapporté que le filgrastim avait provoqué des cas du SFC, une affection caractérisée par le passage excessif de sang hors des petits vaisseaux sanguins vers les tissus du corps. Si des symptômes du SFC apparaissent chez vous, comme de l'enflure ou du gonflement, une réduction du besoin d'uriner, des difficultés respiratoires, du ballonnement abdominal ou une fatigue généralisée, communiquez immédiatement avec votre médecin. Les symptômes apparaissent souvent rapidement et la gravité de chaque épisode varie. Dans les épisodes graves, le SFC peut s'avérer mortel.

Usage chronique : quand il est utilisé pendant des périodes prolongées, le filgrastim peut accroître le risque de myélodysplasie (troubles affectant la moelle osseuse) et certains types de leucémie. On ignore si ce risque accru est directement lié au filgrastim ou aux affections contre lesquelles le filgrastim est utilisé. Si vous recevez un traitement de longue durée au filgrastim, votre médecin surveillera votre sang régulièrement et votre moelle osseuse tous les ans.

Chimiothérapie cytotoxique : l'innocuité du filgrastim n'a pas été établie pour les personnes qui le prenaient alors qu'elles étaient traitées par chimiothérapie cytotoxique (type de chimiothérapie qui tue les cellules, en particulier les cellules cancéreuses). Le filgrastim ne devrait pas être utilisé dans les 24 heures précédant ou suivant la chimiothérapie.

Maladies cardiaques : les affections liées au cœur comme les crises cardiaques et des anomalies du rythme cardiaque ont rarement été observées chez les personnes sous filgrastim. Si, avant d'amorcer votre traitement avec le filgrastim, vous êtes atteint d'une affection cardiaque, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Troubles pulmonaires : l'utilisation du filgrastim est susceptible de causer le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), une grave affection pulmonaire. On pense que cette complication est causée par le mouvement des globules blancs dans une région enflammée des poumons, à la suite de l'infection. Si vous éprouvez des difficultés respiratoires, si vous faites de la fièvre ou si vous crachez du sang pendant que vous utilisez du filgrastim, communiquez immédiatement avec votre médecin.

Ostéoporose : un traitement de longue durée par le filgrastim peut accroître le risque d'ostéoporose pour certaines personnes. Si vous êtes atteint d'ostéoporose ou d'une neutropénie chronique, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique. Pendant que vous prenez ce médicament, il se peut que votre médecin vous fasse subir régulièrement des examens pour déterminer votre densité osseuse.

Anémie falciforme : lorsqu'il est pris par des personnes atteintes d'anémie falciforme, le filgrastim est susceptible de provoquer une crise causée par cette affection. Si vous êtes atteint d'anémie falciforme, vous, aidé de votre médecin, devez envisager sérieusement les avantages et les risques de l'utilisation du filgrastim.

Rupture de la rate : l'utilisation de filgrastim peut provoquer une augmentation du volume de la rate et, dans certains cas, une rupture de cet organe, ce qui cause une hémorragie interne. La rupture de la rate représente une urgence médicale. Parmi les symptômes de cette complication, on retrouve de la douleur au côté gauche de l'abdomen, sous les côtes ou à la pointe de l'épaule gauche. Parmi les autres symptômes, on retrouve des symptômes attribuables au choc cardiovasculaire, notamment des étourdissements ou un évanouissement, une vision brouillée, de la confusion, de l'anxiété, de la nausée ou de la pâleur. Si l'un ou l'autre de ces symptômes apparaît chez vous, consultez immédiatement un médecin.

Grossesse : ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : on ignore si le filgrastim passe dans le lait maternel. Si vous prenez ce médicament pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de ce médicament n'a été démontrée en ce qui concerne les nouveau-nés.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre le filgrastim et l'un des agents ci-après :

  • la bléomycine;
  • la cyclophosphamide;
  • le lithium;
  • d'autres traitements à base de cytokines (par ex. des facteurs de croissance);
  • le topotécan.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous prenez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.