Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

L'époprosténol appartient à la classe des médicaments appelés vasodilatateurs. Les vasodilatateurs élargissent (dilatent) les vaisseaux sanguins de votre corps en relâchant les muscles lisses des parois de ces vaisseaux. Cette action abaisse la pression artérielle et permet au sang de circuler plus facilement dans tout votre corps, la fonction cardiaque s'en trouve améliorée ainsi que votre capacité à faire de l'exercice.

L'époprosténol s'utilise pour le traitement de longue durée de l'hypertension artérielle pulmonaire. Les personnes atteintes d'hypertension artérielle pulmonaire ont une pression artérielle élevée dans les vaisseaux sanguins des poumons. Le sang se déplace alors difficilement vers les poumons où il puise l'oxygène. Le cœur doit travailler plus fort pour pomper suffisamment de sang dans les poumons, ce qui peut, avec le temps, conduire à des problèmes cardiaques.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque fiole de poudre stérile lyophilisée contient de l'époprosténol sodique équivalent à 0,5 mg (500 000 ng) soit 1,5 mg (1 500 000 ng) d'époprosténol. Ingrédients non médicinaux : glycine, mannitol, chlorure de sodium et hydroxyde de sodium (ajouté pour équilibrer le pH). Chaque fiole de diluant stérile contient 94 mg de glycine, 73,3 mg de chlorure de sodium, de l'hydroxyde de sodium (ajouté pour équilibrer le pH) et de l'eau pour injection.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose d'époprosténol est établie en fonction du poids corporel. Au début du traitement, la dose recommandée est de 2 ng par kilo de poids corporel par heure. Votre médecin surveillera votre réponse au médicament et il en tiendra compte pour ajuster la dose au besoin.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

L'époprosténol est injecté par voie intraveineuse (dans une veine) au moyen d'un procédé dénommé perfusion intraveineuse continue, ce qui signifie que le médicament sera diffusé dans votre corps de manière continue. Un dispositif spécial (appelé cathéter veineux central) sera introduit dans votre veine pour vous donner le médicament.

Ce médicament sera parfois administré à l'hôpital par un professionnel de la santé. D'autres fois, il vous sera donné à domicile ou dans un centre autre que l'hôpital. Dans ce cas, vous vous munirez d'une pompe spéciale qui vous permettra d'injecter le médicament dans votre veine. Un professionnel de la santé vous montrera (ainsi qu'à un membre de votre famille ou de l'équipe soignante) comment préparer le médicament et employer la pompe. N'utilisez que la tubulure fournie avec votre médicament ou par un professionnel de la santé.

Il est important que ce médicament soit employé conformément aux indications de votre médecin. Si votre perfusion d'époprosténol est interrompue pour quelque raison que ce soit, communiquez avec votre médecin pour discuter de la conduite à tenir.

Ce médicament doit être reconstitué juste avant l'injection intraveineuse, au moyen du diluant stérile spécifique à l'époprosténol. La solution obtenue doit s'utiliser dans les 24 heures. Si elle n'est pas utilisée immédiatement, cette solution doit être mise au réfrigérateur où elle peut être conservée à l'abri de la lumière, jusqu'à 24 heures avant emploi, à une température réglée entre 2 °C et 8 °C.

Conservez les flacons de médicament et de diluant non mélangés à la température ambiante (entre 15 °C et 25 °C), à l'abri de la lumière et gardez-les hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer l'époprosténol dans les circonstances ci-après:

  • une allergie à l'époprosténol ou à l'un des ingrédients du médicament ;
  • une allergie à un médicament ayant une structure chimique semblable à l'époprosténol ;
  • l'apparition d'un œdème pulmonaire (liquide dans les poumons) au début du traitement ;
  • une insuffisance cardiaque congestive.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien peut être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissent :

  • de l'agitation ;
  • une augmentation de la sensibilité au toucher ;
  • des brûlures d'estomac ;
  • une diarrhée ;
  • de la douleur, une rougeur ou une éruption cutanée au point d'injection de la perfusion ;
  • des étourdissements ;
  • une gêne à la mâchoire ;
  • un mal de dos ;
  • des maux de tête ;
  • de la nausée ;
  • une perte de l'appétit ;
  • des picotements ou un engourdissement dans les mains ou dans les pieds ;
  • une rougeur de la peau ;
  • une sensation de tête légère ;
  • une sudation accrue ;
  • des vomissements.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste  :

  • une accélération ou un ralentissement du rythme cardiaque ;
  • de l'agitation ;
  • de l'anxiété ;
  • une difficulté respiratoire ;
  • une douleur abdominale ;
  • des douleurs musculaires ;
  • un état de nervosité ;
  • des signes d'un saignement (par ex. des selles noirâtres, goudronneuses ou sanguinolentes, des saignements de nez, du sang dans l'urine, une toux avec expectoration sanglante, des coupures qui n'arrêtent pas de saigner, des vomissements de sang ou de matière qui ressemble à du marc de café) ;
  • des symptômes attribuables à une baisse de la pression artérielle (par ex. un évanouissement, des étourdissements importants) ;
  • des symptômes d'une infection sur le trajet de la veine (par ex. une rougeur, une douleur à la pression, une enflure ou du pus au point de ponction).

Cessez de prendre le médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • l'apparition subite d'une fièvre ;
  • une douleur thoracique ;
  • des symptômes d'une infection sanguine (par ex. une fièvre, des maux de tête, de la fatigue).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Arrêt du médicament : l'arrêt brusque du traitement, ou des réductions importantes et soudaines de la dose d'époprosténol, peuvent provoquer des symptômes d'hypertension artérielle pulmonaire, comme de la douleur lors de la respiration (dyspnée), des étourdissements, de la faiblesse et de la fatigue. Si votre perfusion d'époprosténol est interrompue brusquement pour quelque raison que ce soit, et que vous observez ces symptômes, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Infection : étant donné que ce médicament se donne par voie intraveineuse au moyen d'un cathéter veineux central, le risque d'infection du sang, potentiellement fatale, se trouve accru. Si vous observez l'apparition subite d'une fièvre, de la fatigue, ou des maux de tête, signalez ces signes et ces symptômes immédiatement à votre médecin.

L'administration du médicament par voie intraveineuse vous expose également à un risque accru d'infection au point d'injection. Communiquez avec votre médecin au plus tôt si vous observez des symptômes comme une rougeur, une douleur à la pression, une enflure, ou du pus au point d'injection de la perfusion.

Pression artérielle basse (hypotension) : l'époprosténol réduit la pression à laquelle sont soumis les vaisseaux sanguins en les dilatant. Les personnes suivant un traitement par l'époprosténol doivent éviter les situations susceptibles d'accroître davantage la dilatation des vaisseaux sanguins, comme le sauna, les bains chauds et les bains de soleil.

Saignement : l'époprosténol empêche les plaquettes d'adhérer l'une à l'autre, un phénomène qui pourrait augmenter votre risque de saignement. Si vous ressentez tout signe ou symptôme d'un saignement (par ex. des selles noirâtres et goudronneuses, du sang dans l'urine, l'apparition d'ecchymoses aux moindres traumatismes, des coupures qui n'arrêtent pas de saigner), prenez contact avec votre médecin immédiatement. Votre médecin voudra probablement surveiller la numération de vos plaquettes régulièrement pendant que vous suivez un traitement par ce médicament.

Somnolence ou vigilance réduite : ce médicament peut causer de la somnolence ou des étourdissements. Évitez de conduire un véhicule, de faire fonctionner des machines, d'accomplir d'autres tâches qui exigent de la vigilance, jusqu'au moment où vous aurez déterminé l'effet de ce médicament sur vos capacités de réaction mentale.

Grossesse : ce médicament ne devrait pas s'utiliser durant la grossesse à moins que les bienfaits priment les risques. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : on ignore si l'époprosténol passe dans le lait maternel. Si vous prenez ce médicament pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : ni l'innocuité ni l'efficacité de ce médicament n'a été établie en ce qui concerne les enfants.

Aînés : l'innocuité de ce médicament n'a pas été établie en ce qui concerne les aînés. Il se peut que les personnes âgées courent un risque accru de subir des effets secondaires comme certains problèmes rénaux, hépatiques ou cardiaques et elles doivent être suivies de près lorsqu'elles prennent ce médicament.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre l'époprosténol et l'un des agents ci-après :

  • les antagonistes du calcium (par ex. l'amlodipine, le diltiazem, la nifédipine, le vérapamil) ;
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (par ex. l'ibuprofène, le kétorolac, le naproxène) ;
  • les bêtabloquants (par ex. l'aténolol, le propranolol, le timolol) ;
  • les bloqueurs des récepteurs de l'angiotensine II (par ex. l'irbésartan, le losartan, le valsartan) ;
  • les diurétiques (« pilules qui augmentent l'excrétion de l'urine ») (par ex. le furosémide, l'hydrochlorothiazide, l'indapamide, la spironolactone) ;
  • l'hydralazine ;
  • les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA) (par ex. le captropril, l'énalapril, le ramipril) ;
  • les médicaments antiplaquettaires (par ex. l'acide acétylsalicylique, le clopidogrel, la ticlopidine).

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments ;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre ;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux ;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.

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