Comment ce médicament agit-il ? Quels sont ses effets ?

Le carboplatine appartient à la classe des médicaments contre le cancer appelés antinéoplasiques et, plus précisément, au groupe des antinéoplasiques appelés composés comportant du platine. Le carboplatine prévient la croissance des cellules cancéreuses en  s'attaquant au matériel génétique (ADN) nécessaire à la reproduction des cellules. Il s'utilise habituellement pour traiter un type particulier de cancer des ovaires.

Ce médicament est disponible sous divers noms de marque ou sous différentes présentations, ou les deux. Une marque spécifique de ce médicament n'est peut-être pas offerte sous toutes les formes ni avoir été approuvée contre toutes les affections dont il est question ici. En outre, certaines formes de ce médicament pourraient ne pas être utilisées contre toutes les affections mentionnées dans cet article.

Il se pourrait que votre médecin ait suggéré ce médicament contre une affection qui ne figure pas dans cet article d'information sur les médicaments. Si vous n'en avez pas encore discuté avec votre médecin, ou si vous avez des doutes sur les raisons pour lesquelles vous prenez ce médicament, consultez-le. Ne cessez pas de prendre ce médicament sans avoir consulté votre médecin au préalable.

Ne donnez pas ce médicament à quiconque, même à quelqu'un qui souffre des mêmes symptômes que les vôtres. Ce médicament pourrait nuire aux personnes pour lesquelles il n'a pas été prescrit.

Sous quelles formes ce médicament se présente-t-il ?

Chaque mL de solution stérile aqueuse contient 10 mg de carboplatine. Ingrédients non médicinaux : mannitol et eau pour préparation injectable.

Comment doit-on employer ce médicament ?

La dose recommandée varie selon la corpulence ou la fonction rénale.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour déterminer la dose dont une personne a besoin : son poids, son état de santé et la prise d'autres médicaments. Si votre médecin a recommandé une dose autre que celles indiquées ici, ne modifiez pas la manière de prendre le médicament sans le consulter au préalable.

Le carboplatine est administré sous forme d'une injection intraveineuse (dans une veine).

Ce médicament est donné le plus souvent sous forme d'une injection unique (en 15 à 60 minutes) qui peut être répétée après une période d'au moins 4 semaines, selon la réponse obtenue. Il se pourrait que votre médecin recommande un schéma posologique différent de celui qui est décrit ici.

Le carboplatine est injecté par un médecin ou par un autre professionnel de la santé sous la supervision immédiate d'un médecin. Ce médicament est habituellement injecté dans une veine à partir d'un site d'administration qui a été préparé à cet effet sur la peau. Ce médicament doit être manipulé avec les plus grandes précautions. Il est toujours donné dans un hôpital, ou dans un milieu semblable, où il est possible d'avoir accès à un équipement stérile pour préparer la solution.

En plus de s'attaquer au matériel génétique (ADN) des cellules cancéreuses, le carboplatine peut également agir sur certaines cellules normales, ce qui peut entraîner divers effets secondaires comme des nausées. Prenez note de tous vos effets secondaires et signalez-les à votre médecin.

Il est important que ce médicament soit employé conformément aux indications de votre médecin. Si vous manquez une injection de carboplatine, communiquez avec votre médecin aussitôt que possible pour fixer un autre rendez-vous pour recevoir votre injection.

Conservez ce médicament à la température ambiante, à l'abri de la lumière et de l'humidité et hors de la portée des enfants.

Ne jetez pas de médicaments dans les eaux usées (par ex. pas dans l'évier ni dans la cuvette des cabinets) ni avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien comment vous débarrasser des médicaments inutilisés ou périmés.

Dans quels cas ce médicament est-il déconseillé ?

Abstenez-vous d'employer le carboplatine dans les circonstances ci-après :

  • une altération grave de la fonction de la moelle osseuse ;
  • une fonction rénale gravement réduite ;
  • une sensibilité ou une allergie au carboplatine ou à l'un des ingrédients du médicament ;
  • une sensibilité ou une allergie aux composés contenant du platine.

Quels sont les effets secondaires possibles de ce médicament ?

Beaucoup de médicaments peuvent provoquer des effets secondaires. Un effet secondaire est une réponse indésirable à un médicament lorsqu'il est pris à des doses normales. Il peut être léger ou grave, temporaire ou permanent.

Les effets secondaires énumérés ci-après ne sont pas ressentis par toutes les personnes qui prennent ce médicament. Si les effets secondaires vous inquiètent, discutez des risques et des bienfaits de ce médicament avec votre médecin.

Au moins 1 % des personnes prenant ce médicament ont signalé les effets secondaires ci-après. Un grand nombre de ces effets secondaires peuvent être pris en charge et quelques-uns peuvent disparaître d'eux-mêmes avec le temps.

Consultez votre médecin si vous ressentez ces effets secondaires et s'ils sont graves ou gênants. Votre pharmacien peut être en mesure de vous donner des conseils sur la conduite à tenir si ces effets secondaires apparaissent :

  • des altérations du goût ;
  • une chute de cheveux ;
  • de la constipation ;
  • une diarrhée ;
  • de la fatigue et de la faiblesse ;
  • de la nausée ;
  • des vomissements.

La plupart des effets secondaires figurant ci-après ne surviennent pas très souvent, mais ils pourraient cependant engendrer de graves problèmes si vous ne recevez pas des soins médicaux.

Renseignez-vous auprès de votre médecin au plus tôt si l'un des effets secondaires ci-après se manifeste :

  • une douleur au point d'injection ;
  • une douleur dans le bas du dos ou dans le côté accompagnée d'une fièvre ou de frissons ;
  • un engourdissement ou des picotements dans les doigts et les doigts de pieds ;
  • une éruption cutanée ou une démangeaison ;
  • une fatigue ou une faiblesse inaccoutumée ;
  • une fièvre ou des frissons ;
  • une modification de l'ouïe ou de la vue ;
  • des signes de saignement (par ex. des selles sanglantes, noires ou d'aspect goudronneux, des vomissements contenant du sang ou une autre matière ayant l'aspect du marc de café, du sang dans l'urine, des ecchymoses [« bleus »] ou un saignement inhabituel, des saignements de nez ou des coupures qui saignent longtemps).

Cessez la prise du médicament et sollicitez immédiatement des soins médicaux s'il se produit une réponse comme :

  • des signes d'une infection (caractérisés par des symptômes comme une fièvre ou des frissons, une diarrhée aiguë, un essoufflement, des étourdissements prolongés, des maux de tête, une raideur du cou, une perte de poids, un manque d'énergie, une toux ou un enrouement) ;
  • des signes de réaction cutanée au site d'injection (par ex. l'apparition de stries rougeâtres le long du parcours d'une veine à l'endroit où le médicament a été injecté, de la douleur, de la rougeur ou de la chaleur au site d'injection).

Certaines personnes peuvent ressentir des effets secondaires autres que ceux énumérés. Consultez votre médecin si vous remarquez un symptôme qui vous inquiète pendant que vous employez ce médicament.

Existe-t-il d'autres précautions d'emploi ou mises en garde ?

Avant d'employer un médicament, ne manquez pas d'informer votre médecin des troubles médicaux ou des allergies que vous pourriez avoir, des médicaments que vous utilisez et de tout autre fait important au sujet de votre santé. Les femmes devraient mentionner si elles sont enceintes ou si elles allaitent. Ces facteurs pourraient avoir une influence sur la façon dont vous devriez employer ce médicament.

Coagulation du sang : ce médicament peut jouer un rôle dans la diminution du nombre de plaquettes dans le sang. Les plaquettes participent à la coagulation du sang, et vous pourriez saigner plus facilement si elles étaient en trop faible nombre. Avertissez votre médecin si vous remarquez des signes de ralentissement de la coagulation. De tels symptômes pourraient comporter des selles noirâtres et goudronneuses, du sang dans l'urine, l'apparition d'ecchymoses aux moindres traumatismes, ou des coupures qui n'arrêtent pas de saigner.

Globules rouges : le carboplatine peut provoquer une baisse du nombre de globules rouges. Si vous avez des symptômes révélant une baisse des globules rouges (anémie) comme un essoufflement, une fatigue inhabituelle ou une peau pâle, communiquez aussitôt que possible avec votre médecin.

Infection : non seulement ce médicament tue les cellules cancéreuses, mais il peut faire chuter le nombre de cellules qui combattent l'infection dans le corps (les globules blancs). Si possible, évitez d'entrer en contact avec les personnes ayant une infection contagieuse. Communiquez avec votre médecin immédiatement si vous observez des signes d'une infection, comme une fièvre, ou des frissons, une diarrhée aiguë, un essoufflement, des étourdissements prolongés, des maux de tête, de la raideur dans le cou, une perte de poids ou un manque d'énergie. Vous ferez l'objet d'une surveillance médicale exercée au moyen d'analyses de sang ciblant des types spécifiques de cellules sanguines.

Reins : si votre fonction rénale est réduite ou si vous êtes atteint d'une maladie rénale, discutez avec votre médecin de la façon dont ce médicament pourrait influer sur votre affection, de l'influence de votre affection sur l'administration et l'efficacité de ce médicament, et de la pertinence d'une surveillance médicale spécifique.

Ce médicament ne doit pas être prescrit à une personne dont la fonction rénale est gravement réduite, sauf si les avantages justifient les risques.

Grossesse : la prise de carboplatine par l'homme ou la femme au moment de la conception ou pendant la grossesse comporte un risque d'anomalie congénitale. Une méthode efficace de contraception doit être adoptée pendant la prise de ce médicament. Ce médicament peut être nuisible pour le fœtus s'il est administré pendant la grossesse. Si une grossesse advient pendant que vous utilisez ce médicament, prenez contact avec votre médecin immédiatement.

Allaitement : on ignore si le carboplatine passe dans le lait maternel. Si vous prenez ce médicament pendant que vous allaitez, votre bébé pourrait en ressentir les effets. Consultez votre médecin pour savoir si vous devriez continuer l'allaitement.

Enfants : le carboplatine pour le traitement du cancer devrait être prescrit aux enfants uniquement par un médecin expérimenté dans l'emploi de ce médicament pour les enfants.

Aînés : le risque de subir les effets secondaires du carboplatine est plus élevé dans le cas des aînés parce que les reins ne sont peut-être plus en mesure d'éliminer le médicament de manière aussi efficace. Il pourrait s'avérer nécessaire de donner des doses plus faibles.

D'autres agents peuvent-ils interagir avec ce médicament ?

Il pourrait se produire une interaction entre le carboplatine et l'un des agents ci-après :

  • les aminosides (par ex. l'amikacine, la gentamicine, la plicamycine, la tobramycine) ;
  • l'amphotéricine B ;
  • l'azathioprine ;
  • le docétaxel ;
  • l'échinacée ;
  • le léflunomide ;
  • d'autres médicaments administrés contre le cancer ;
  • le natalizumab ;
  • le paclitaxel ;
  • le pimécrolimus ;
  • le tacrolimus ;
  • le topotécan ;
  • les vaccins.

Si vous prenez l'un de ces médicaments, consultez votre médecin ou un pharmacien. Dans votre cas, votre médecin pourrait vous demander de :

  • cesser la prise de l'un des médicaments ;
  • remplacer l'un des médicaments par un autre ;
  • modifier la manière dont vous prenez l'un des médicaments, ou les deux ;
  • ne rien changer du tout.

L'interférence d'un médicament avec un autre n'entraîne pas toujours l'interruption de la prise de l'un d'eux. Demandez à votre médecin quelle est la conduite à tenir en cas d'interactions médicamenteuses.

D'autres médicaments que ceux énumérés précédemment peuvent interagir avec ce médicament. Signalez à votre médecin tout ce que vous prenez, qu'il s'agisse de médicaments sur ordonnance ou en vente libre et de remèdes à base de plantes médicinales. N'oubliez pas de mentionner tout supplément que vous absorbez. Si vous consommez de la caféine, de l'alcool, de la nicotine ou des drogues illicites, vous devriez en avertir votre médecin prescripteur puisque ces substances peuvent modifier l'action de nombreux médicaments.