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Suicide chez les adolescents



Description

Nota : cet article n'est pas destiné à remplacer les consultations personnalisées pour la prévention du suicide. Si quelqu'un que vous connaissez risque de commettre un suicide, ou si vous pensez à vous donner la mort, communiquez immédiatement avec les services d'urgence locaux pour obtenir des conseils professionnels. Votre annuaire téléphonique local renferme les numéros de téléphone des lignes d'écoute téléphonique et des agences de soutien.

Pour les adolescents et jeunes adultes, le suicide vient au 2e rang des causes de décès, immédiatement après les accidents de la route. Le taux annuel moyen de suicides des adolescents âgés de 15 à 19 ans est environ 1 par 10 000. Parmi les jeunes âgés de 12 à 16 ans, jusqu'à 10 % des garçons et 20 % des filles ont déjà songé à se suicider. À l'adolescence, les gais et lesbiennes risquent plus de tenter de se suicider que les adolescents hétérosexuels. Les adolescents inuits et les membres des Premières Nations ont un taux de suicide 5 à 7 fois plus élevé.

L'adolescence est une période qui comporte de grandes inquiétudes et de nombreux changements alors que filles et garçons doivent confronter les difficultés de la transition à l'âge adulte. Cette période de la vie peut souvent entraîner une confusion qui isole l'adolescent de sa famille et de ses pairs.

Il arrive malheureusement que des adolescents envisagent le suicide comme solution permanente à des problèmes qui, la plupart du temps, ne sont que temporaires. Le manque de confiance en soi, la confusion dans les idées ainsi que les pressions exercées sur eux afin qu'ils se conforment et réussissent peuvent avoir de graves conséquences pour les adolescents perturbés.

En général, les filles tentent de se suicider plus souvent que les garçons, mais le geste suicidaire de ces derniers entraîne leur mort 4 fois plus souvent que celui des filles. Cela s'explique par le fait que les garçons emploient le plus souvent des moyens comme les armes à feu ou la pendaison, qui sont plus efficaces à causer la mort que celles utilisées par les filles qui ont recours à la surdose de médicaments et à l'automutilation à l'aide d'un objet tranchant.

Causes

Plusieurs situations difficiles et perturbantes peuvent pousser des adolescents à envisager le suicide. Les émotions pouvant mener à une tentative de suicide sont les mêmes pour les adultes et les adolescents. Ceux qui possèdent de bons réseaux de soutien (c.-à-d. parmi leur famille, leurs pairs, des associations sportives, sociales ou religieuses ou des groupes d'activités parascolaires) pourront vraisemblablement partager leurs émotions avec une personne qui pourra les aider. Ceux qui ne bénéficient pas de tels réseaux sont plus vulnérables lorsqu'ils vivent des changements émotifs et ils peuvent avoir l'impression d'être seuls au monde dans les moments difficiles.

En plus des pressions normalement exercées sur les adolescents, des circonstances particulières peuvent les pousser à songer au suicide. La situation est particulièrement difficile lorsque ces adolescents doivent faire face à des situations sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle, comme dans les cas ci-après :

  • un divorce;
  • une famille recomposée (par ex. beau-père ou belle-mère et demi-sœurs, demi-frères);
  • un déménagement dans un autre quartier;
  • des abus physiques ou sexuels;
  • une négligence affective;
  • une exposition à des scènes de violence conjugale;
  • l'alcoolisme au foyer;
  • la toxicomanie.

De nombreux suicides sont commis par des personnes qui sont déprimées. La dépression est un trouble mental entraînant un déséquilibre chimique dans le cerveau, ce qui peut mener la personne dépressive au désespoir, la rendre léthargique ou provoquer une apathie générale envers la vie. Près de la moitié des jeunes âgés de 14 à 15 ans rapportent avoir déjà ressenti un ou plusieurs des symptômes de la dépression, compliquant d'autant leur adaptation au stress intense de l'adolescence. Les symptômes de la dépression des jeunes sont souvent ignorés ou confondus avec des « crises d'adolescence » normales.

La facilité avec laquelle ils peuvent acquérir une arme à feu, des stupéfiants, de l'alcool ou un véhicule motorisé constitue également, pour plusieurs adolescents, un sérieux problème pouvant les mener au suicide ou les aider dans leur projet de mettre fin à leurs jours. En ce qui concerne les suicides dans l'ensemble de la population, une arme à feu est utilisée dans près de 30 % des cas. De tous les décès par arme à feu, environ 80 % sont des suicides.

Signes d'alarme et facteurs de risque

Les tendances suicidaires n'apparaissent pas tout simplement dans un ciel serein : les personnes font habituellement montre de plusieurs signes d'alarme lorsque les événements semblent aller si mal qu'il leur semble préférable d'abandonner. Parce que l'adolescence est une période de grande instabilité, il peut être difficile de distinguer entre les signes d'un suicide et le comportement parfois erratique et souvent changeant caractéristique des adolescents.

Il faut porter attention aux changements de comportement ci-après :

  • une baisse d'interaction avec la famille et les amis;
  • un désintérêt à l'égard des activités jusqu'alors appréciées;
  • de la difficulté à se concentrer sur les études;
  • un laisser-aller envers l'apparence personnelle;
  • des changements évidents de la personnalité;
  • de la tristesse et du désespoir;
  • des changements dans les habitudes alimentaires, comme des pertes ou des prises de poids soudaines;
  • des changements dans les habitudes de sommeil;
  • un manque d'énergie ou un comportement généralement léthargique;
  • des symptômes de dépression clinique;
  • des gestes violents, de la rébellion ou des fugues;
  • la consommation de drogues illicites ou d'alcool;
  • des symptômes souvent liés aux émotions (par ex. des maux de tête, de la fatigue, des maux d'estomac);
  • une perte de la capacité à apprécier les compliments ou les récompenses.

Bien que plusieurs adolescents suicidaires puissent paraître déprimés ou abattus, d'autres dissimulent leurs problèmes sous une énergie débordante. L'hyperactivité et l'agitation anormale des adolescents peuvent également signaler l'existence d'un problème sous-jacent. Cette agitation peut donner lieu à un comportement agressif ou marqué par la discorde.

Une faible estime de soi ainsi que des remarques désobligeantes à leur égard constituent des signes encore plus évidents du caractère suicidaire des adolescents. Certains adolescents parlent ouvertement de leurs idées suicidaires ou les expriment par écrit. Ces gestes doivent être pris au sérieux. On ne doit pas les ignorer dans l'espoir qu'il ne s'agit que d'une phase passagère. Toutes les tentatives antérieures de suicide constituent manifestement des appels au secours nécessitant une réaction avant qu'il ne soit trop tard.

Comment aider

Il est essentiel que vous preniez au sérieux tout comportement suicidaire ainsi que toute tentative antérieure de suicide et que vous cherchiez sans tarder à obtenir de l'aide. En sus du traitement offert par un professionnel, les adolescents ont besoin de savoir que l'on se préoccupe de leur sort et qu'on est prêt à les écouter. Pour être en mesure de fournir un soutien adéquat à qui que ce soit, on doit être capable d'écouter sans juger les personnes qui expriment leurs émotions. Il est essentiel de réconforter ces personnes en leur rappelant qu'il est possible de résoudre n'importe quel problème par des moyens autres que le suicide. Fournir à des adolescents l'occasion d'exprimer leurs émotions les aidera à soulager le sentiment de détresse pouvant découler de ces émotions intenses, tout en les aidant à se sentir moins seuls.

N'hésitez pas à aborder la question du suicide et à en discuter ouvertement, sans détour. Une personne n'ayant pas songé à mettre fin à ses jours ne se mettra pas à y penser simplement parce que l'on aura soulevé cette possibilité. Par contre, le fait que vous soyez ainsi préoccupé ne pourra avoir qu'un effet réconfortant sur la personne qui pense au suicide tout en lui fournissant l'occasion d'exprimer sa détresse.

Certains parents peuvent constater qu'un de leurs enfants à l'âge de l'adolescence résiste à leurs avances et qu'il refuse de se confier à eux. Lorsque l'adolescent laisse entendre que ses parents sont tout simplement « incapables de comprendre », lui suggérer de parler à une personne qui, sur le plan émotif, sera plus neutre ou objective, peut être une bonne idée. Cela peut être un autre membre de la famille, un guide spirituel, un éducateur, un entraîneur ou un médecin.

Réduire l'accès aux armes à feu et munitions constitue également une importante mesure préventive. Des armes entreposées à votre domicile accroissent le risque de décès par suicide parce qu'elles fournissent aux adolescents suicidaires le moyen de mettre fin à leurs jours.

Les traitements disponibles

Il est très important que les adolescents potentiellement suicidaires puissent obtenir une aide qui soit professionnelle. Les orienteurs scolaires ainsi que les conseillers des centres détresse-secours peuvent contribuer à faire en sorte que les adolescents en détresse reçoivent l'aide dont ils ont besoin.

Comme la grande majorité des adolescents qui se suicident affichent divers symptômes de dépression, il est essentiel de pouvoir reconnaître et évaluer cliniquement la dépression, car il s'agit d'une affection qui se soigne. Les médecins, notamment les psychiatres offrent à la fois des consultations individuelles et un traitement médical visant les causes biochimiques de la dépression.

L'aide psychologique permet aux adolescents de mettre au point des mécanismes efficaces qui leur donnent la possibilité de faire face à leurs problèmes. Ils auront ainsi acquis un mode de fonctionnement qui leur sera utile au-delà de l'adolescence, lorsqu'ils affronteront quotidiennement les nombreuses pressions de l'âge adulte.

Secours d'urgence

Dans la plupart des villes et régions, l'on peut trouver dans l'annuaire téléphonique l'aide disponible au téléphone ainsi que les services offerts par les centres détresse-secours. Ces derniers offrent de l'aide en situation de crise et ils sont en mesure de fournir, sans délai, le soutien dont les adolescents pourraient avoir besoin, pour surmonter une période difficile.

Si l'on est en état de crise ou que l'on songe sérieusement à passer à l'acte et se suicider, on peut également se rendre à la salle des urgences d'un hôpital. Des professionnels qualifiés savent aider les adolescents à composer avec l'instabilité émotive qui peut souvent mener au suicide. Un traitement continu ainsi que des soins de courte durée peuvent aider à diminuer le risque d'un suicide tout en aidant une personne à trouver des solutions qui lui permettront de dominer sa profonde détresse.





Outil de reconnaissance des symptômes de la dépression

Cet outil de reconnaissance des symptômes de la dépression peut accroître vos connaissances sur la dépression. Utilisez-le pour dresser la liste de vos symptômes et évaluer leurs répercussions sur votre vie au quotidien. Cette liste de vérification est divisée en 6 catégories de symptômes associés à la dépression. Vous pouvez aussi en apprendre davantage sur les symptômes de la dépression en cliquant ici.

Pour chaque énoncé, choisissez un numéro de 0 à 4 décrivant les répercussions de la dépression sur votre vie au quotidien, où 4 représente les répercussions les plus importantes et 0 aucune répercussion :

  • 0 = aucune répercussion sur votre vie au quotidien/aucun symptôme
  • 1 = légères répercussions sur votre vie au quotidien
  • 2 = répercussions modérées sur votre vie au quotidien
  • 3 = graves répercussions sur votre vie au quotidien
  • 4 = répercussions invalidantes sur votre vie au quotidien

Il est important de ne pas perdre de vue qu'il ne s'agit pas d'un « pointage », mais d'un moyen de vous aider à indiquer à quel point, d'après vous, ce symptôme nuit à votre vie au quotidien. Lorsque vous aurez terminé, vous pourrez imprimer vos résultats et les communiquer à votre médecin. Utilisez le guide de discussion avec le médecin pour préparer votre visite chez le médecin.

Cotez les symptômes suivants selon leurs répercussions sur votre vie.

1. Émotions

À noter : La dépression peut toucher n'importe qui à n'importe quel âge, bien qu'elle survienne le plus souvent chez les personnes de 15 à 45 ans.

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Cet outil a été réalisé à partir de et avec l’autorisation de www.ladepressionfaitmal.ca.



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