Description

La paralysie de Bell est une paralysie faciale d'apparition soudaine qui, en général, frappe partiellement ou totalement un côté du visage. Les hommes et les femmes de tout âge peuvent souffrir de la paralysie de Bell; toutefois, selon les statistiques, les personnes de 20 à 35 ans sont exposées à un risque légèrement plus élevé que la moyenne. La probabilité de contracter la paralysie de Bell au cours de la vie est d’environ 1 sur 60. Peu de personnes en sont atteintes plus de une fois dans leur vie.

La paralysie de Bell peut être un phénomène effrayant : elle survient brutalement, et les personnes atteintes croient souvent qu'il s'agit d'un accident vasculaire cérébral. En réalité, les symptômes de l’accident vasculaire cérébral (ou AVC) sont assez différents et, par comparaison, la paralysie de Bell est plutôt inoffensive et disparaît sans traitement.

Causes

Le mystère de la paralysie de Bell commence enfin à être élucidé. En effet, des chercheurs japonais ont découvert que 80 % des cas peuvent être tracés au virus herpès simplex de type 1, un virus courant responsable des feux sauvages. Le virus infecte le septième nerf crânien (le nerf facial), qui contrôle les muscles associés à l’expression faciale. L’enflure du nerf provoque une défaillance et l’empêche de remplir ses fonctions.

Certaines personnes sont plus susceptibles que d'autres de souffrir de paralysie de Bell. Le risque est plus élevé en présence de l’une des affections suivantes :

  • un rhume banal ou une autre atteinte des voies respiratoires supérieures;
  • des boutons de fièvre;
  • le diabète;
  • l'influenza;
  • une grossesse.

Le virus herpès zoster, le responsable du zona et de la varicelle, se terre dans les racines nerveuses. De nombreux experts croient que ce virus est responsable de certains cas de la paralysie de Bell, mais cette théorie demeure controversée.

Symptômes et Complications

Généralement, la paralysie de Bell survient brutalement, souvent du jour au lendemain. Le principal symptôme consiste en une faiblesse et une paralysie d'un côté du visage. La victime peut devenir incapable de faire les mouvements habituels du visage. De plus, ordinairement, un œil devient impossible à fermer. D'autres symptômes possibles comprennent :

  • une altération du goût;
  • une douleur au visage et dans ou derrière l'oreille (dans moins de 50 % des cas);
  • une absence de larmoiement dans un œil;
  • une sensibilité au bruit du côté affecté.

Il n’y a pas de confusion, de trouble du langage ni de mal de tête écrasant comme c’est le cas lors d’un accident vasculaire cérébral. Vous pourriez avoir une certaine difficulté à parler, mais la cause est purement musculaire; par contre, les personnes victimes d’un AVC ont de la difficulté à trouver les bons mots pour exprimer leur pensée.

Généralement, l'apparition des symptômes est subite. Parfois, ils s'aggravent en quelques jours. Une paralysie persistante, progressive sur plusieurs semaines n'est pas le signe d'une paralysie de Bell.

Une paralysie faciale permanente légère est la complication la plus grave observée dans la paralysie de Bell. Elle ne survient que dans une minorité de cas. Dans environ 80 à 90 % des cas, la guérison est totale en quelques semaines ou quelques mois, et il y a amélioration dans la plupart des autres cas.

Le risque accru d’accident vasculaire cérébral constitue une autre complication. Il est recommandé de prendre des mesures préventives et de faire un suivi.

Un rétablissement incomplet est plus probable chez les personnes qui :

  • ont plus de 55 ans;
  • ressentent de la douleur ailleurs que dans l’oreille;
  • une paralysie des deux côtés du visage – cela se produit dans 1 % des cas;
  • ne produisent plus de larmes.

Les personnes qui ne récupèrent pas complètement peuvent continuer à subir un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • un clignement anormal;
  • un sourire asymétrique;
  • une paralysie du muscle buccinateur (gêne la mastication des aliments qui s'accumulent contre la joue du côté paralysé);
  • une lésion de la cornée;
  • un écoulement de bave au coin de la bouche paralysée;
  • une sécheresse oculaire;
  • une transpiration excessive;
  • une rigidité musculaire dans la région de la cavité nasale;
  • une hyperacousie (la perception des sons comme étant particulièrement forts);
  • des troubles du goût;
  • des troubles de la parole;
  • une syncinésie (mouvements involontaires survenant lors d'un mouvement volontaire).

Diagnostic

La paralysie de Bell est diagnostiquée en fonction de ses symptômes et des signes physiques. Un très grand nombre d’affections, y compris un traumatisme crânien, peuvent causer une paralysie faciale, mais peu ont les mêmes caractéristiques que la paralysie de Bell. Des examens supplémentaires, comme le tomodensitogramme ou l'imagerie par résonance magnétique, ne sont habituellement pas nécessaires.

Traitement et Prévention

Il est fréquent de ne prescrire aucun médicament, mais toute personne atteinte de la paralysie de Bell a besoin d’une protection spéciale pour l’œil qui reste ouvert. Cet œil demeure généralement ouvert pendant au moins une semaine et peut ne pas produire de larmes. On a recours aux gouttes ophtalmiques, à un pansement oculaire et, la nuit, à des lotions spéciales. Ces produits évitent presque toujours la formation de lésions permanentes de la cornée (la surface de l'œil).

Certains spécialistes prescrivent le médicament antiviral acyclovir* s’ils soupçonnent la présence du virus herpès simplex de type I. Par ailleurs, les corticostéroïdes, telle la prednisone, sont le médicament couramment prescrit pour réduire l’enflure autour du nerf. En règle générale, le traitement dure de 7 à 10 jours environ. Cependant, il n’est pas attesté que cela accélère ou améliore la guérison.

Dans le passé, on a parfois eu recours à un procédé chirurgical : la décompression du nerf facial. Cette pratique est plus rare de nos jours, car selon de nombreux experts c'est l'inflammation, et non la compression du nerf, qui est à l'origine du problème.

On ne connaît aucun moyen de prévenir la paralysie de Bell.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.