Description

L'appellation maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), ou broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) hors du Canada, s'applique tant à la bronchite chronique qu'à l'emphysème. Il s'agit d'affections chroniques qui empêchent une quantité suffisante d'air d'entrer ou de sortir des poumons.

La bronchite chronique provoque l'inflammation et l'enflure des voies aériennes (ou bronches) qui relient la trachée aux poumons. Ceci provoque un rétrécissement des bronches qui deviennent alors obstruées par un mucus épais, appelé flegme. Il arrive que la bronchite chronique s'accompagne d'emphysème. Dans ce cas, des changements destructifs des sacs alvéolaires des poumons provoquent une augmentation de leur volume et réduisent la surface où se fait le transfert d'oxygène. Ces troubles rendent la respiration difficile.

Il s'agit d'une affection courante, plus particulièrement parmi les fumeurs. Plus de 700 000 personnes au Canada sont atteintes de MPOC. Aux États-Unis, environ 12 millions de personnes souffrent de cette affection. La MPOC est la 4e cause de décès la plus importante au Canada et aux États-Unis. La MPOC atteint plus de femmes que d'hommes, sauf dans la tranche d'âge qui regroupe les personnes de plus de 75 ans.

Causes

Le tabagisme est la principale cause d'une MPOC. Le tabac est à l'origine d'une surproduction de mucus qui tapisse les parois des voies aériennes et en réduit considérablement le calibre. Cet excès de sécrétions favorise les infections bronchiques. Une infection peut causer plus de dommages aux voies aériennes en augmentant encore plus la production de mucus.

Parmi les causes moins fréquentes de MPOC, on retrouve une rare affection génétique appelée déficience en alpha-1 antitrypsine, la pollution de l'air, une exposition professionnelle à des poussières et à des substances chimiques et de fréquentes infections des voies respiratoires inférieures pendant l'enfance.

Symptômes et Complications

Les personnes qui souffrent de bronchite chronique peuvent expulser du flegme presque tous les jours.

Elles ont généralement une toux persistante et une respiration sifflante. Il leur arrive également souvent d'être essoufflées. La baisse du taux d'oxygène dans le sang, due à la difficulté de faire pénétrer adéquatement l'air dans les sacs alvéolaires peut causer le bleuissement des lèvres et des ongles.

Une MPOC peut entraîner une défaillance cardiaque étant donné que le cœur doit fournir un effort accru pour pomper le sang vers les poumons. Lorsque le sang ne se diffuse pas adéquatement dans les tissus, il s'accumule dans les vaisseaux sanguins des jambes et des chevilles et cause une enflure appelée œdème.

Il arrive parfois qu'une personne atteinte d'une MPOC se confine chez elle en raison de ses difficultés respiratoires qui se manifestent même lorsqu'elle accomplit des tâches aussi simples que s'habiller ou se laver.

Si vous souffrez d'une MPOC, vous pourriez contracter 1 ou 2 infections l'hiver. Vous pourriez également cracher du sang en toussant. Si cela se produisait, ce serait le signe qu'un trouble plus grave est présent et vous devriez alors consulter votre médecin sans délai.

Diagnostic

Votre médecin déterminera la quantité d'air que vous pouvez expulser au cours d'une expiration forcée durant 1 seconde. Ces examens fonctionnels des poumons sont simples et indolores. Si la quantité d'air expulsé est plus faible que la normale, les voies aériennes sont enflammées, contractées ou obstruées par du mucus. Si cet état persiste, vous souffrez peut-être d'une MPOC.

Traitement et Prévention

Dans bien des cas, une MPOC s'aggrave progressivement, malgré le traitement. Le seul moyen de ralentir son évolution est d'arrêter de fumer. Les fonctions pulmonaires se détériorent avec l'âge, mais plus rapidement pour les fumeurs.

Votre médecin peut prescrire des médicaments appelés bronchodilatateurs à effet rapide, notamment le salbutamol*, le bromure d'ipatropium ou une combinaison des deux. Ces médicaments relâchent et dilatent les bronches (les voies aériennes) et contribuent à soulager l'essoufflement.

Si les symptômes persistent, des bronchodilatateurs à action prolongée tels que le tiotropium, le salmétérol ou le formotérol peuvent être ajoutés au traitement. S'il y a une inflammation (moins courante dans les cas de MPOC que dans celui de l'asthme), votre médecin pourrait vous recommander des corticostéroïdes oraux ou inhalés pour faciliter la respiration.

Il existe aussi des médicaments qui combinent l'action prolongée des bronchodilatateurs avec celle des corticostéroïdes par inhalation. Votre médecin pourrait vous prescrire des antibiotiques pour que vous les ayez sous la main en cas d'infection bactérienne pulmonaire.

Il est souhaitable que les personnes atteintes d'une MPOC reçoivent le vaccin antigrippal annuel étant donné que la grippe peut aggraver les symptômes d'une MPOC et provoquer une insuffisance respiratoire. Certaines personnes atteintes d'une MPOC peuvent également bénéficier d'un vaccin antipneumococcique pour réduire leur risque de contracter une pneumonie (une infection pulmonaire) qui peut également provoquer des complications. Discutez avec votre médecin pour savoir si ces vaccins vous seraient utiles.

L'inhalation d'oxygène en bouteille, ou l'utilisation d'un concentrateur d'oxygène pendant au moins 15 heures par jour, peut également être utile pour certaines personnes qui souffrent d'une MPOC. Enfin, la consommation d'une grande quantité de liquide pendant toute la journée contribue à réduire l'accumulation du flegme.

L'exercice, avec ou sans traitements de physiothérapie, peut améliorer la qualité de vie d'une personne et faciliter ses activités. Une saine alimentation est importante, car la perte de poids due aux efforts prodigués pour respirer est un signe de l'évolution de la MPOC. Dans les cas extrêmes, l'ablation d'une partie des poumons ou une transplantation sont parfois envisagées.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.