Description

Le terme méningite signifie « inflammation des méninges ». Les méninges sont les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elles peuvent devenir enflammées à la suite d'une infection du liquide entourant ces membranes. Ce liquide est appelé liquide céphalorachidien (LCR). La méningite peut également être causée par d'autres facteurs comme certains médicaments, des tumeurs et l'exposition à des produits chimiques.

La majorité des personnes qui contractent une méningite non bactérienne (par ex. une méningite causée par un virus) récupèrent complètement. Toutefois, la méningite bactérienne est mortelle chez une personne sur dix, malgré un traitement. Un survivant sur cinq présentera des handicaps graves, par exemple une surdité ou une lésion cérébrale.

Un diagnostic et un traitement rapides sont essentiels afin de réduire les risques de décès ou de complications.

Causes

Les causes les plus fréquentes de méningite sont les bactéries ou les virus, bien que plusieurs autres causes existent. D'autres causes plus rares comme les infections à champignons peuvent être constatées, mais souvent seulement chez les personnes dont le système immunitaire est déficient. Certaines des causes plus exotiques de méningite, comme les parasites ne se retrouvent que dans les pays tropicaux.

Une méningite apparaît généralement lorsque des bactéries ou des virus pénètrent dans le liquide qui entoure le cerveau. Parfois, ils pénètrent directement à la suite d'une opération comme une neurochirurgie. Quelquefois, ils rongent les petits os du crâne comme dans des cas extrêmes de sinusite grave. Dans certains cas, ils sont transportés là par le sang et proviennent d'une infection ailleurs dans le corps comme une pneumonie (une infection pulmonaire). Toutefois, en règle générale, nous ne comprenons pas exactement comment et pourquoi cela se produit.

Le cryptococcus est un champignon susceptible de provoquer la méningite. On le retrouve habituellement chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli, par exemple les personnes atteintes du sida, mais on a signalé récemment une souche plus agressive sur la côte est de l'île de Vancouver qui peut infecter des personnes en bonne santé. La tuberculose peut causer la méningite, mais au Canada, c'est généralement le cas de personnes qui ont contracté la tuberculose durant leur jeunesse alors qu'ils vivaient dans d'autres pays.

Certains médicaments et des produits chimiques irritants peuvent provoquer une inflammation du cerveau semblable à la méningite. On a aussi signalé de rares cas de vaccins causant une méningite. La méningite virale ou induite chimiquement disparaît souvent par elle-même.

La méningite bactérienne, par contre, est une affection très grave. Les divers types de bactéries qui la provoquent ne sont généralement pas dangereux. Plus de la moitié de la population est porteuse de l'une ou de l'autre de ces bactéries, qui colonisent l'arrière du nez et la gorge. Elles sont souvent transmises par la toux, les éternuements et les baisers, mais ne peuvent survivre en dehors du corps humain pendant très longtemps. Lorsqu'elles arrivent à pénétrer le liquide céphalorachidien et qu'elles commencent à se multiplier, les bactéries provoquent une inflammation et d'autres symptômes de la méningite.

Il existe plusieurs espèces de bactéries pouvant provoquer la méningite. Les causes les plus courantes de méningite bactérienne sont le méningocoque (Neisseria meningitidis), le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae), le streptocoque du groupe B (Streptococcus agalactiae) et le colibacille ou E. coli (Escherichia coli). Avant 1992, la bactérie haemophilus influenzae B (Hib) était la cause la plus courante de méningite bactérienne. Comme les bébés sont aujourd'hui immunisés à l'aide du vaccin Hib au Canada, la méningite provoquée par le Hib est très rare.

La susceptibilité à la méningite est la plus grande chez les enfants de moins de deux ans. Voici d'autres facteurs qui pourraient accroître le risque :

  • une chirurgie au cerveau ou à la moelle épinière;
  • une blessure à la tête;
  • une atteinte ou une anomalie du système immunitaire;
  • une insuffisance rénale;
  • l'utilisation de corticostéroïdes (par ex. la prednisone);
  • le cancer, plus particulièrement le cancer du sein, du poumon ou de la peau, la leucémie et le lymphome. Quand le cancer est à l’origine de la méningite, cette dernière s’appelle méningite carcinomateuse ou métastase leptoméningée.

Symptômes et Complications

Les personnes qui contractent une méningite bactérienne deviennent rapidement très malades, habituellement en quelques heures et ne doivent pas attendre avant de recevoir un traitement médical. Chez les personnes atteintes de méningite non bactérienne, les symptômes ressemblent habituellement à des symptômes grippaux et comprennent de la fièvre et des maux de tête. Les symptômes apparaissent plus lentement et ne sont pas aussi graves :

Parmi les symptômes de la méningite, on peut retrouver :

  • une fièvre élevée (plus de 39 °C/102 °F);
  • la présence de raideur et de douleur au cou, en particulier avec les mouvements latéraux ou la flexion (l'inconfort est provoqué par l'inflammation des méninges) – ce symptôme peut ne pas se produire chez les personnes dont le système immunitaire est déficient comme :
    • les personnes qui prennent des corticostéroïdes;
    • les personnes atteintes du sida;
    • les personnes qui prennent des médicaments contre le cancer ou contre le rejet d'une greffe;
    • les aînés;
    • les enfants de moins de 24 mois et en particulier ceux de moins de 6 mois;
  • des maux de tête graves provoqués par une pression accrue dans la tête (on doit porter attention aux signes d'irritabilité chez les enfants trop jeunes pour se plaindre de maux de tête).

Si les vaisseaux sanguins du cerveau présentent une inflammation, le cerveau ne recevra pas suffisamment d'oxygène, ce qui peut entraîner des étourdissements, réduire sa capacité de répondre aux stimulations et, dans les cas graves, provoquer un coma. L'oxygénation insuffisante du cerveau peut également entraîner des convulsions.

L'inflammation provoque une pression accrue sur le cerveau, ce qui peut susciter des vomissements. La personne atteinte pourra également présenter une éruption cutanée sous la forme de grappe de petits points rouges ou mauves semblables à des piqûres d'épingle. Lorsqu'on appuie sur ces taches, elles ne blanchissent pas comme la peau devrait normalement le faire. La peau elle-même peut présenter une teinte bleuâtre, appelée cyanose, qui découle d'une oxygénation insuffisante. Les symptômes de la méningite n'apparaissent pas tous simultanément et peuvent être moins évidents chez les aînés.

Chez les enfants très jeunes, on peut retrouver les symptômes suivants :

  • de la fièvre et un refroidissement des mains et des pieds;
  • des vomissements;
  • un refus de s'alimenter;
  • une difficulté à s'éveiller;
  • des cris ou des gémissements sur un ton élevé;
  • une tendance à arquer le dos et à tirer sur le cou;
  • une agitation même quand on prend l'enfant dans ses bras;
  • une expression vide;
  • le teint pâle tacheté;
  • une éruption cutanée (de petits points rouges ou mauves semblables à des piqûres d'épingle).

Des complications surviennent parfois à long terme et peuvent persister après le traitement de l'infection. Elles comprennent la surdité, une détérioration mentale, la paralysie et parfois des convulsions qui exigent un traitement permanent.

Diagnostic

Votre médecin vous posera des questions sur vos symptômes et il vous fera subir un examen physique. Il voudra confirmer le diagnostic grâce à l'analyse d'un échantillon de liquide céphalorachidien.

À cette fin, du liquide est prélevé à l'aide d'une aiguille insérée dans les méninges, sous la partie inférieure de la moelle épinière, une intervention appelée ponction lombaire. Le liquide est ensuite analysé afin de permettre de déceler et d'identifier les bactéries. En sachant quelles sont les bactéries responsables de la méningite, votre médecin peut mieux adapter le traitement.

Votre médecin peut également demander d'autres tests comme des analyses sanguines et une tomodensitométrie ou une imagerie par résonance magnétique (IRM).

Traitement et Prévention

L'infection qui a provoqué la méningite est traitée à l'aide d'une combinaison d'antibiotiques. Les antibiotiques que vous recevrez seront adaptés à la bactérie suspecte, à votre âge et à certains autres facteurs. Les antibiotiques sont injectés dans une veine. Les antibiotiques peuvent parfois être pris pendant une période de temps pouvant aller jusqu'à 3 semaines.

Au cours des premiers jours du traitement, il se peut qu'on vous donne également de la dexaméthasone* (un corticostéroïde) pour aider à réduire le risque de complications associées à la méningite. Les personnes atteintes de méningite, peu en importe la cause, peuvent avoir besoin d'un traitement de soutien comme des médicaments intraveineux et des antipyrétiques pour réduire la fièvre.

Les enfants sont généralement immunisés à l'aide du vaccin contre l'Haemophilus influenzae de type B (Hib). Il s'agit d'une mesure de prévention importante, étant donné que le virus Hib était auparavant la source la plus fréquente de la méningite chez les enfants. Pour les nourrissons, le vaccin Hib est recommandé à 2, 4, 6 et 18 mois.

La recommandation de plus récents vaccins comme ceux contre la bactérie du méningocoque C (la cause la plus courante d'éclosions de méningite bactérienne au Canada) et la bactérie pneumococcique devraient grandement réduire le risque de méningite causée par ces organismes. Santé Canada recommande d’administrer le vaccin contre le méningocoque aux nourrissons de 2, 4 et 6 mois et de donner une dose de rappel entre 12 et 23 mois. Une dose additionnelle est donnée aux alentours de 12 ans. Le vaccin antipneumococcique conjugué est également recommandé pour les bébés de 2, 4, 6 et 12 à 15 mois.

Chez les adultes de plus de 65 ans, un vaccin antipneumococcique différent permet de réduire les risques d'apparition d'une méningite provoquée par la bactérie pneumococcique. Le vaccin est aussi recommandé chez les personnes qui ont subi une ablation de la rate ou dont le système immunitaire est compromis.

Dans le cas des personnes qui ont été en contact avec quelqu'un présentant une infection par méningocoque ou H. influenzae, le médecin prescrira fort probablement des antibiotiques à titre de précaution.

La méningite carcinomateuse est généralement traitée par une chimiothérapie qui est administrée dans le liquide céphalorachidien (LCR) au cours d’une ponction lombaire ou au moyen d’un réservoir d’Ommaya.