Description

La maladie d'Alzheimer (MA) a un impact majeur sur la santé au Canada. Environ 570 000 Canadiens souffrent de démence (détérioration mentale), toutes catégories comprises, et environ 60 % d'entre eux sont atteints de la maladie d'Alzheimer. La Société Alzheimer du Canada estime que le coût annuel des soins aux personnes qui vivent avec la démence excède 10 milliards de dollars.

Au Canada, on comptera plus d'1 million de personnes atteintes de démence en 2038, en grande partie du fait du vieillissement de la génération « baby-boom » née entre 1946 et 1960.

Les scientifiques ne comprennent toujours pas exactement comment la maladie d'Alzheimer provoque des lésions au cerveau. D'une manière ou d'une autre, les cellules subissent un dommage et finissent par mourir dans différentes régions du cerveau. Les lésions cérébrales contiennent des anomalies appelées plaques d'amyloïde et enchevêtrements neurofibrillaires (de protéines tau). La mort de cellules du cerveau entraîne la démence, caractérisée par la perte de la mémoire, la détérioration du jugement et des modifications du comportement.

À mesure que la maladie progresse, la personne perd l'usage de la parole, le contrôle de sa vessie et de ses intestins. Dans la plupart des cas, les patients meurent d'infections telles que la pneumonie ou d'autres troubles médicaux. La plupart des personnes atteintes de la MA vivent environ 8 à 10 ans après le diagnostic de la maladie, mais certaines ont survécu jusqu'à 20 ans.

Chaque cas de maladie d'Alzheimer touche au moins deux vies : celle du malade et celle du conjoint ou de l'enfant qui doit progressivement assumer pleinement la charge du patient, à mesure que la maladie progresse. Prendre soin d'une personne atteinte de la MA s'avère très exigeant et occasionne beaucoup de stress. De nombreux aidants doivent un jour ou l'autre prendre la difficile décision de placer l'être cher dans un centre de soins.

Causes

Avec la MA, on parle davantage en terme de facteurs de risque que de causes directes.

La génétique joue certainement un rôle dans la maladie d'Alzheimer, car on sait qu'elle survient plus fréquemment dans certaines familles.

S'il apparaît clairement que la maladie d'Alzheimer est transmise d'une génération à l'autre d'une même famille, on parle alors de maladie d'Alzheimer familiale à caractère autosomique dominant (FAD). Elle apparaît typiquement avant l'âge de 60 ans et 3 gènes familiaux ont été identifiés jusqu'ici; on les appelle les gènes PS1, PS2 et APP. Cependant, la FAD ne représente que 5 % de l'ensemble des cas de cette maladie.

Une autre forme de la MA, la forme sporadique de la maladie d'Alzheimer, a aussi une composante familiale, mais à un degré moindre. Ce type de maladie d'Alzheimer est le résultat d'une combinaison de facteurs de risque, notamment l'environnement, le mode de vie et certains facteurs génétiques.

Même si aucun membre de votre famille n'a eu la maladie d'Alzheimer, vous pourriez malgré tout développer la forme sporadique de la MA. La plupart des chercheurs croient qu'il existe d'autres gènes prédisposant à la maladie d'Alzheimer, mais leur seule présence ne suffit pas à provoquer la maladie – il faut un autre élément déclencheur.

Parmi les possibles facteurs de risque, on recense :

  • un traumatisme crânien : des études ont montré que les personnes qui ont subi des commotions cérébrales risquent davantage de souffrir un jour de la MA;
  • une maladie vasculaire : les accidents vasculaires cérébraux (AVC) légers augmentent le risque et la gravité des problèmes de mémoire chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer;
  • l'inflammation : les personnes atteintes d'arthrite seraient mieux protégées contre la MA. Il semblerait que les médicaments utilisés pour soulager l'inflammation liée à l'arthrite auraient un effet bénéfique sur le processus d'inflammation dans le cerveau;
  • le sexe : les femmes courent un risque presque deux fois plus grand de souffrir de la maladie d'Alzheimer que les hommes (à cause de leur plus grande espérance de vie et non de facteurs sexuels).
  • le niveau d'éducation : des études suggèrent que les personnes ayant fait des études plus longues sont moins sujettes à la MA. Cette théorie vient du fait que les personnes déjà atteintes de la MA s'en sortent mieux si elles restent actives mentalement – il se peut qu'un cerveau peu stimulé dégénère plus rapidement;
  • les toxines (par ex. l'aluminium, les pesticides, la fumée secondaire et la pollution atmosphérique): selon une théorie controversée et qui n'a jamais été confirmée, il existerait une relation entre la présence d'aluminium dans l'eau potable et la formation des plaques séniles. Certaines études précoces ont suggéré un lien avec l'exposition à l'aluminium, mais cette hypothèse n'est pas confirmée par les études plus récentes qui sont mieux conçues et de plus grande envergure.
  • des prions : des scientifiques soupçonnent que des prions, d'infimes particules infectieuses constituées de protéines, joueraient un rôle dans la maladie d'Alzheimer en infectant le cerveau.
  • le cholestérol : certaines études récentes ont associé la présence de taux élevés de LDL-C (cholestérol ou lipoprotéine de faible densité) à une augmentation du risque de MA, bien que l'association soit complexe. Les vaisseaux sanguins non endommagés ne permettent pas au LDL de passer dans le tissu cérébral. D'autres études sont menées pour étudier le mode de passage du cholestérol à l'intérieur du cerveau.

Symptômes et Complications

Avec le vieillissement, il est normal d'avoir de légères pertes de mémoire, mais les aînés en bonne santé se souviennent généralement des choses qu'ils considèrent importantes. On doit commencer à s'inquiéter si la personne âgée oublie ce qu'elle vient de faire dans les instants précédents, si elle se perd dans son propre quartier ou si elle se comporte de manière tout à fait inhabituelle ou inappropriée. Si votre mari égare toujours ses clés, cela ne signifie probablement rien de particulier. Par contre, s'il les laisse dans le réfrigérateur ou dans le sucrier, cela devient plus inquiétant.

Les troubles de la parole sont l'un des symptômes les plus reconnaissables de la maladie d'Alzheimer – la personne n'utilise pas les mots appropriés ou n'arrive pas à comprendre des phrases simples. Une grande difficulté avec les chiffres est également courante. Ce sont là les indices les plus fiables de la MA au stade précoce. À ceux-là peuvent s'ajouter l'oubli des événements récents (perte de la mémoire à court terme), la difficulté à accomplir certaines tâches comme les travaux ménagers ou l'établissement du solde de son compte bancaire, ou un manque de discernement.

Au stade avancé, les malades ont de la difficulté à s'occuper d'eux-mêmes, à reconnaître leurs amis ou leurs êtres chers. Ils peuvent devenir confus, agités ou agressifs.

La Société Alzheimer du Canada énumère 10 autres signes avertisseurs de la MA :

  • une perte de mémoire affectant les activités quotidiennes;
  • de la difficulté à accomplir des tâches familières;
  • des troubles du langage;
  • une désorientation dans le temps et l'espace;
  • un manque ou une perte de jugement;
  • de la difficulté avec les notions abstraites;
  • le déplacement des objets;
  • des altérations de l'humeur et du comportement;
  • un changement de personnalité;
  • une perte d'initiative.

Diagnostic

Malheureusement, il n'existe pas encore de tests fiables et définitifs pour diagnostiquer la maladie d'Alzheimer. Le diagnostic est fondé sur le type et l'évolution des symptômes, en éliminant les autres causes possibles de démence, notamment les suivantes :

  • la démence vasculaire – causée par de légers accidents vasculaires cérébraux (AVC) qui entraînent des lésions du tissu cérébral;
  • une carence nutritionnelle ou vitaminique – causée par une anémie pernicieuse ou par la pellagre par exemple;
  • une maladie du foie, des reins, du cœur, des poumons ou de la thyroïde – elles peuvent toutes entraîner un trouble mental passager ou permanent;
  • la dementia pugilistica ou « cerveau du boxeur » – attribuable à des traumatismes crâniens répétés;
  • la maladie de Parkinson, la chorée de Huntington ou la sclérose en plaques au stade terminal – la démence associée à la maladie de Parkinson est particulièrement difficile à distinguer de la MA parce que les deux présentent un grand nombre de symptômes communs;
  • la dépression – cette maladie qui se traite facilement est parfois confondue avec la MA;
  • les médicaments – plusieurs médicaments peuvent entraîner des symptômes (agitation, confusion ou désorientation) semblables à ceux de la MA. Ce sont entre autres des analgésiques et certains antidépresseurs ou anxiolytiques. Interrogez votre médecin ou votre pharmacien pour savoir si un médicament que vous prenez, ou que l'un de vos proches prend, pourrait provoquer de tels symptômes.

Ces causes, et d'autres causes possibles de démence, sont généralement vérifiables à l'aide de quelques tests et de questionnaires. Si le malade présente des symptômes de la maladie d'Alzheimer, sans que rien d'autre ne puisse les expliquer, le médecin posera un diagnostic de « maladie d'Alzheimer probable ». Ce diagnostic est correct dans 9 cas sur 10.

Traitement et Prévention

Du fait du caractère incurable de la maladie d'Alzheimer, le traitement se concentre sur le soulagement des symptômes et le maintien de la qualité de vie du patient. Certains médicaments appelés inhibiteurs de la cholinestérase, peuvent aider à préserver la fonction cérébrale et ralentir la progression de la maladie de quelques mois à un an. On a traité certaines personnes atteintes de maladie modérée ou avancée avec un médicament appelé mémantine qui est susceptible d'offrir des avantages supplémentaires. Ce médicament peut également être utilisé par les personnes qui ne tolèrent pas les inhibiteurs de la cholinestérase. Toutefois, l'évolution de cette maladie est telle, que l'état du patient continuera de se détériorer.

Heureusement, il existe des moyens d'aider les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer autrement que par la prise de médicaments. On peut par exemple :

  • utiliser des notes de rappel;
  • fournir un aide-mémoire personnel (par ex. un agenda et un téléavertisseur);
  • répéter les directives pour des activités simples (par ex. pour le bain, les repas et l'habillage);
  • obtenir des services de soutien et de counseling familial;
  • corriger les comportements inappropriés par la réadaptation comportementale.

Les modifications du comportement qui accompagnent la maladie d'Alzheimer peuvent être très pénibles pour les personnes atteintes, leurs proches et les aidants. Certains médicaments peuvent aider à maîtriser l'agitation grave ou les comportements qui menacent la sécurité physique. Cependant, dans bien des cas, l'agitation peut être calmée sans l'aide de médicaments.

Les causes de la maladie ne sont pas encore suffisamment bien connues pour fournir des conseils précis en matière de prévention. Des recherches récemment entreprises pour évaluer les effets du tabac et de l'alcool n'ont pas encore apporté de preuves négatives ou positives. Les scientifiques ont toutefois établi une relation certaine entre ces drogues et d'autres formes de démence. Par conséquent, ceux et celles qui souhaitent préserver leur santé cérébrale devraient éviter l'alcool et la cigarette.

Une meilleure forme physique est bénéfique pour la santé du cerveau. Les exercices d'aérobie pourraient donc aider à prévenir ou retarder l'apparition de la MA. L'utilisation de programmes d'entraînement cérébral sur ordinateur devient populaire pour garder le cerveau actif et essayer de le protéger. Il n'y a toutefois aucune preuve scientifique de leur efficacité dans la prévention de la MA jusqu'à présent, mais les études se poursuivent.

Pour obtenir plus de renseignements sur les récents progrès de la recherche et des conseils pour venir en aide aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, communiquez avec la Société Alzheimer de votre région.

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