Description

Notre colonne vertébrale est formée d'os cylindriques appelés vertèbres. Entre les vertèbres se trouvent de petits disques dont l'extérieur est constitué d'une épaisse couche de cartilage et l'intérieur, d'une matière molle et gélatineuse. Les disques ont pour rôle d'amortir les chocs provoqués par les mouvements de la colonne vertébrale et facilitent la flexion de cette dernière.

La moelle épinière est constituée d'un faisceau de nerfs logés dans le canal rachidien, à l'intérieur de la colonne vertébrale. Elle transmet les messages en provenance ou à destination du cerveau via des racines nerveuses sortant tout le long de la colonne vertébrale, et dont les embranchements innervent différentes parties du corps. Les nerfs partent de la colonne vertébrale en empruntant les petites ouvertures situées sur chacun des côtés; ces trous sont des foramens (foramen au singulier; foramina est une autre forme du pluriel), d'après le mot latin pour « fenêtre ».

Si un foramen se rétrécit à cause de l'arthrite ou le bombement du disque, la pression exercée sur le nerf provoque un engourdissement et de la douleur, voire une faiblesse musculaire dans les cas graves. Une hernie discale (ou disque hernié, ou rompu) survient lorsque la matière interne du disque gonfle et projette la paroi du cartilage vers l'extérieur, où elle irrite les racines nerveuses spinales ou la moelle épinière et peut même les endommager.

Les hernies discales peuvent survenir dans n'importe quel segment de la colonne vertébrale, mais elles touchent plus fréquemment le cou (colonne cervicale) et le bas du dos (colonne lombaire). Plus fréquentes dans le groupe des 30 à 40 ans, les hernies discales peuvent en fait se déclarer à tout âge. Des études ont révélé que même certains adolescents peuvent faire une hernie discale.

Causes

À mesure que nous avançons en âge, les disques vertébraux deviennent moins flexibles, ce qui augmente le risque de lésion. Le risque d'hernie discale peut être augmenté par les traumatismes comme les chutes, les efforts répétés, le fait de soulever des objets lourds de la mauvaise façon, l'excès de poids corporel et le tabagisme.

Lorsqu'une hernie discale se produit, la matière interne du disque fait saillie à travers le revêtement de cartilage extérieur. Normalement, il existe un petit espace entre le disque et le canal rachidien. Mais lorsqu'un nerf spinal est comprimé par un disque hernié, cela provoque de la douleur, un engourdissement et de la faiblesse.

Symptômes et Complications

Certaines personnes peuvent avoir une hernie discale sans avoir de symptômes. Toutefois, quand un disque hernié comprime les nerfs spinaux, cela provoque généralement une douleur, une perte de la sensibilité, des picotements ou des faiblesses musculaires. La force de pression que la hernie discale exerce sur les nerfs spinaux détermine la gravité des symptômes. Une toux, un rire, un éternuement, une miction ou un effort de défécation augmentent l'intensité de la douleur.

La plupart des hernies discales sont situées dans le bas du dos et provoquent une douleur au dos et aux jambes. Une douleur intense qui irradie vers le bas, jusque dans les fesses, les jambes et les pieds est appelée sciatique. Une douleur intense au-dessous du genou est un signe spécifique d'une hernie discale, étant donné qu'aucune autre affection du dos ne provoque ce type de douleur. Un disque hernié dans le bas du dos provoque une faiblesse des jambes et une difficulté à soulever la partie avant du pied.

Les hernies discales surviennent aussi fréquemment dans le rachis cervical (le cou). Elles provoquent une douleur dans un bras, commençant au niveau de l'aisselle et du haut de l'omoplate et descendant le long du bras jusqu'à un ou deux doigts. La douleur peut aussi être ressentie dans la moitié supérieure du dos et peut faire penser, à tort, à d'autres troubles. Les muscles du bras peuvent être affaiblis, rendant les mouvements des doigts difficiles.

La pression sur les nerfs au bas de la colonne vertébrale peut provoquer une perte de maîtrise sur la vessie ou les intestins, signes qu'il s'agit, dans les deux cas, d'une pression très grave sur les nerfs. Si vous ressentez ces symptômes, ou la perte de la fonction musculaire dans la jambe, obtenez immédiatement des soins médicaux car il s'agit d'une urgence médicale. Plus votre prise en charge est rapide et meilleures seront vos chances de récupération.

Il arrive, rarement, qu'une rupture discale dans le cou entraîne une paralysie complète.

Diagnostic

Votre médecin vous fera passer un examen physique et vous posera des questions au sujet de vos symptômes. Il examinera également votre colonne vertébrale et fera des tests pour évaluer la sensibilité, la coordination, le tonus musculaire et les réflexes. Dans certaines situations, le médecin sera en mesure de poser un diagnostic sur la base de vos symptômes et des résultats de l'examen physique.

Toutefois, votre médecin pourrait demander d'autres examens tels qu'une radiographie du rachis, un examen d'IRM (imagerie par résonance magnétique) ou un examen de tomodensitométrie (scan) afin de confirmer le diagnostic ou de rechercher d'autres causes de vos symptômes. L'IRM est l'examen le plus concluant.

Cependant, le médecin doit interpréter et utiliser prudemment les résultats des tests. En effet, ces derniers peuvent indiquer une atteinte grave chez des personnes qui n'ont aucun signe ni symptôme, tout comme ils peuvent ne révéler aucune anomalie (résultats négatifs) chez des personnes dont les symptômes et l'examen physique témoignent d'une atteinte. Le traitement doit se fonder sur l'ensemble de la situation et l'état général du patient, et non uniquement sur le résultat d'un examen que ce soit l'IRM ou une autre technique.

Traitement et Prévention

Le plan de traitement établi par votre médecin et vous pour une hernie discale dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la gravité de vos symptômes, de votre niveau d'activité et des conséquences sur votre mode de vie.

Le traitement de l'hernie discale peut comprendre des options non chirurgicales et des options chirurgicales. Dans la plupart des cas, le traitement débute de façon conservatrice avec des options non chirurgicales, qui sont efficaces dans 90 % des cas. Si les options non chirurgicales ne sont pas efficaces, alors on peut envisager une intervention chirurgicale. Celle-ci sera envisagée plus tôt dans le cas d'une personne qui constate une aggravation progressive des symptômes ou qui perd le contrôle de sa vessie et de ses intestins.

Dans le cadre du traitement non chirurgical, on recommande aux gens de continuer d'être actifs, à moins d'éprouver des douleurs intenses. Si vous devez vous aliter, votre médecin vous conseillera probablement de ne pas garder le lit plus d'un ou deux jours. Le fait de rester au lit plus longtemps risque d'affaiblir les muscles et d'aggraver les symptômes. Évitez les postures qui risquent d'aggraver vos symptômes (se pencher, soulever des objets, ou rester en position assise trop longtemps). L'usage d'un matelas dur pour dormir est efficace. Si vous dormez sur le côté, vous pouvez mettre un oreiller sous la taille et un autre sous l'épaule; si vous dormez sur le dos, un oreiller placé sous les genoux pourrait aider.

Votre médecin peut vous recommander de prendre des médicaments tels que l'acétaminophène * ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, dont l'ibuprofène fait partie) pour soulager la douleur. Si la douleur est très intense, votre médecin peut également prescrire des opiacés (également appelés narcotiques) comme la codéine ou l'oxycodone, des myorelaxants, ou d'autres médicaments qui soulagent la douleur (par ex. l'amitriptyline, la gabapentine). Les corticostéroïdes oraux ou en injection sont aussi parfois prescrits lorsque la douleur est intense et persistante. Dans certains cas, l'injection de lidocaïne et de corticostéroïdes dans un muscle du dos peut offrir un soulagement temporaire des douleurs spasmodiques intenses.

L'application de compresses froides ou de glace, à raison de plusieurs fois par jour pendant 20 minutes ou moins, peut également soulager la douleur. L'application de chaleur pourrait aussi être bénéfique.

Pour prévenir des récurrences, il est très important de réduire l'excès de poids, en particulier au niveau de l'abdomen, et de faire des exercices quand vous vous sentez mieux, cela afin d'améliorer votre posture (renforcement des muscles abdominaux et étirement des muscles du dos).

La grande majorité des cas sont résolus grâce à des traitements conservateurs : demeurer actif dans les limites raisonnables, faire de l'exercice, prendre des analgésiques sans ordonnance, maîtriser votre poids, et recourir à l'application de glace ou de chaleur.

La manipulation de la colonne vertébrale est un traitement couramment administré par différents praticiens tels que les chiropraticiens et certains médecins. Selon des études, ces manipulations ne se sont pas révélées plus efficaces que les mesures conservatrices, et risquent d'endommager gravement les disques, les muscles, les nerfs et les vaisseaux sanguins (heureusement, cela n'arrive pas souvent).

D'autres méthodes comme les ultrasons, la neurostimulation électrique transcutanée (TENS, qui utilise un courant électrique pour stimuler les nerfs) et la massothérapie peuvent parfois procurer un soulagement en calmant les spasmes musculaires, ceux-ci étant un effet secondaire de l'atteinte discale. L'acupuncture a donné des résultats mixtes. Si vous y recourez, toutefois, il est extrêmement important que le praticien ne réutilise pas les aiguilles afin de prévenir la transmission d'infections.

Votre médecin vous recommandera peut-être des séances de physiothérapie ou des exercices pour raffermir les muscles de la colonne vertébrale et diminuer le risque de blessure au disque et aux nerfs spinaux. Votre médecin ou physiothérapeute vous montreront quels sont les exercices qui conviennent le mieux à votre cas. Certains de ces exercices consistent à aplatir la courbure du cou et du bas du dos pour réduire la pression sur les disques et donner plus d'espace aux nerfs spinaux, ou encore à se mettre sur le dos et à ramener les genoux sur la poitrine. La supervision d'un physiothérapeute serait utile si vous n'êtes pas certain de pouvoir les faire seul.

Modifier sa position assise peut aussi être utile, par exemple poser les pieds sur un petit tabouret pour aplatir le dos contre la chaise ou ajuster la chaise de manière à ce qu'elle soit inclinée vers l'avant. Pour dormir, il est très important d'avoir un matelas offrant un bon soutien ferme ainsi que des oreillers appropriés.

Les corsets lombaires ne sont pas très utiles, mais beaucoup de gens les portent quand même. Ils ne peuvent cependant remplacer les autres soins.

Une opération chirurgicale ne sera envisagée que si vous endurez une douleur intense ou si vos lésions nerveuses s'aggravent. La chirurgie est indiquée dans les cas où l'atteinte du nerf ou de la moelle épinière est si grave qu'une intervention est nécessaire pour préserver ou tenter de rétablir certaines fonctions (il se peut que ce genre d'atteinte ne soit pas réversible). On envisage une chirurgie aussi lorsqu'aucune autre méthode n'arrive à soulager la douleur, et les gens ne veulent ou ne peuvent plus essayer un traitement après l'autre; ils pensent que les avantages de la chirurgie l'emportent sur les risques courus.

De même, si vous ne parvenez plus à contrôler votre vessie ou vos intestins, vous devrez subir une opération chirurgicale sans tarder. Lorsque cela est possible, le chirurgien enlève le disque rompu par une très petite incision sous anesthésie générale; dans d'autres cas, une opération majeure s'impose.

Des séances de traction et une minerve peuvent être efficaces pour un disque hernié du rachis cervical. Durant la traction, une machine tire doucement sur la colonne vertébrale pour relâcher la pression qui s'exerce dessus. Il est indispensable de se faire montrer par un médecin ou un kinésithérapeute comment utiliser sans danger un équipement de traction. La thérapie par la traction peut aussi être pratiquée chez soi. Elle doit s'effectuer selon la bonne méthode si l'on veut éviter de se faire mal.

Les études ont montré que, dans les cas de maux de dos sans atteinte significative des nerfs, un traitement conservateur de 2 ans ou moins est aussi efficace que la chirurgie, la physiothérapie et tout autre traitement décrit ci-dessus.

Voici quelques conseils utiles pour éviter une récidive d'hernie discale :

  • pratiquer des exercices qui renforcent les muscles de l'abdomen et du dos;
  • avoir une bonne posture (se tenir droit, s'asseoir droit, soulever les objets sans courber le dos);
  • fléchir les genoux et les hanches tout en maintenant le dos droit lorsqu'on soulève des objets;
  • plier les genoux et les hanches pour soulever quelque chose tout en gardant le dos droit;
  • maintenir l'objet à transporter contre le corps;
  • éviter de porter des chaussures à talons hauts;
  • maintenir un poids santé avec un abdomen ferme;
  • éviter de fumer.

*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.

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