Description

On parle de grossesse extra-utérine lorsque l'œuf fertilisé s'implante à l'extérieur de l'utérus. Les grossesses extra-utérines se produisent en général dans une trompe de Fallope (on les appelle alors grossesses tubaires). L'œuf peut également aller se loger dans l'ovaire et plus rarement, dans le canal cervical ou dans les cavités abdominale ou pelvienne. En général, l'œuf fertilisé n'atteint pas la forme d'un embryon et il ne peut pas être transplanté dans l'utérus.

Dans le cas d'une grossesse normale, l'œuf est fertilisé dans la trompe de Fallope. De petits poils, situés sur les parois de la trompe, propulsent l'œuf jusque dans l'utérus, où il peut s'implanter. Si la trompe de Fallope présente du tissu cicatriciel ou si pour une autre raison quelconque, elle est bouchée, le fœtus va croître à l'extérieur de l'utérus. Une grossesse extra-utérine doit être interrompue, car le fœtus ne peut se développer normalement à l'extérieur de l'utérus et cela représente un danger pour la santé de la femme.

Bien qu'elles se soient avérées plus courantes ces dernières années, les grossesses extra-utérines sont en général assez rares. Environ 2 % des femmes enceintes présentent une grossesse extra-utérine.

Causes

Si vous avez eu une infection dans la région pelvienne (par ex. une maladie inflammatoire pelvienne), si avez subi une chirurgie pelvienne ou si vous êtes née avec une affection congénitale qui a rétréci vos trompes de Fallope, les risques que vous ayez une grossesse extra-utérine sont accrus. Un antécédent de grossesse extra-utérine peut également augmenter le risque d'une seconde grossesse de ce type. Une ligature des trompes non réussie - une technique de stérilisation par laquelle les trompes de Fallope sont sectionnées ou obstruées - peut comporter des risques de grossesse extra-utérine.

Dans de rares cas, les grossesses extra-utérines ont également été associées aux pilules uniquement à base de progestérone et à la pilule du lendemain. Les femmes qui utilisent un dispositif intra-utérin (DIU, une sorte de contraceptif), surtout s'il contient de l'œstrogène, risquent davantage d'avoir une grossesse extra-utérine si elles deviennent enceintes malgré l'utilisation du DIU. Les femmes qui ont été exposées dans l'utérus de leur mère à un médicament appelé diéthylstilbestrol* (un œstrogène de synthèse) présentent également un plus grand risque de grossesse extra-utérine.

L'utilisation de certaines techniques de reproduction assistée peut aussi augmenter le risque de grossesse extra-utérine, ainsi que le fait d'avoir de multiples partenaires sexuels et le tabagisme.

Symptômes et Complications

Des saignements vaginaux irréguliers ou l'absence d'une menstruation peuvent également laisser présager une grossesse extra-utérine, bien que certaines femmes qui font une grossesse extra-utérine continuent d'avoir leurs règles. La plupart des grossesses extra-utérines sont diagnostiquées avant même que la femme ne sache qu'elle soit enceinte.

Le fœtus en développement risque d'endommager ou de rompre le tissu qui entoure les organes reproducteurs, de causer des saignements internes et des douleurs intenses. Si la cellule en gestation devient trop grosse, elle risque d'endommager les parois de la trompe de Fallope. Les saignements qui en résultent peuvent s'avérer douloureux et créer une sensation de trop-plein dans l'abdomen. Des saignements importants risquent de provoquer une chute de tension entraînant des symptômes d'état de choc, dont la pâleur, la transpiration, la faiblesse et les évanouissements.

En général, la grossesse extra-utérine rompt la paroi de la trompe de Fallope entre les 6e et 8e semaines après les dernières règles. Une grossesse extra-utérine qui s'implante en partie dans la trompe de Fallope et en partie dans l'utérus provoque, en principe, une rupture plus tardive, soit entre les 12e et 16e semaines de la grossesse. Une femme qui a subi une rupture de la trompe de Fallope ressent une douleur intense qui survient subitement et la plupart du temps, elle s'évanouit en raison de l'importante hémorragie interne déclenchée dans l'abdomen. Toute rupture qui se produit plus tard au cours de la grossesse est extrêmement dangereuse et peut s'avérer mortelle.

Diagnostic

Le médecin procédera à un examen pelvien ainsi qu'à des prélèvements sanguins et à une échographie pour déterminer s'il s'agit d'une grossesse extra-utérine. Si vos prélèvements de sang ou d'urine indiquent que vous êtes enceinte, mais que votre utérus ne grossit pas, vous pouvez soupçonner une grossesse extra-utérine. Les examens sanguins révélant de faibles taux de gonadotrophine chorionique (GC), ou son augmentation plus lente que la normale, peuvent laisser présager une grossesse extra-utérine.

On procède alors à une échographie pour vérifier si l'utérus est vide. L'échographie peut également montrer le sang accumulé dans les cavités abdominale et pelvienne. Un tube à fibre optique, fixé à une caméra et appelé cœlioscope (ou laparoscope), est inséré dans l'abdomen pour permettre au médecin d'examiner l'intérieur de l'utérus. Dans de rares cas, une procédure appelée culdocentèse est pratiquée pour vérifier la présence anormale de liquide à l'arrière de l'utérus.

Traitement et Prévention

Si une grossesse extra-utérine survient, le médecin doit retirer le fœtus et le placenta de la trompe de Fallope, ou de la zone où il s'est implanté. La procédure se fait par l'administration de méthotrexate* ou par cœlioscopie (chirurgie laparoscopique).

Le méthotrexate est utilisé pour traiter une grossesse tubaire à ses débuts, dans les cas où le risque de rupture est considéré faible. Il interrompt la subdivision des cellules qui sont réabsorbées.

La cœlioscopie est aussi utilisée comme traitement pour interrompre une grossesse extra-utérine, si l'état de santé de la femme est instable, s'il y a une raison pour ne pas utiliser le méthotrexate, ou dans le cas d'une grossesse extra-utérine non tubaire, d'une grossesse tubaire à terme dépassé, ou d'une grossesse tubaire présentant un important risque de rupture. Au cours de cette procédure, le médecin insère un mince tube dans la cavité abdominale. Ce tube possède une caméra et des instruments chirurgicaux y sont fixés.

Si la grossesse se développe dans la trompe de Fallope, celle-ci sera coupée et on la laissera guérir naturellement pour éviter que le tissu cicatriciel dû à la blessure ne bouche la trompe de Fallope. Il sera plus difficile pour une femme d'avoir un bébé si la trompe de Fallope est bouchée. Dans bien des cas, la trompe de Fallope doit être enlevée parce que la grossesse extra-utérine l'a détériorée. Une femme qui ne possède plus qu'une trompe de Fallope peut toujours tomber enceinte. Si la patiente a beaucoup saigné, une transfusion sanguine peut s'avérer nécessaire.

Bien qu'il soit impossible de prévenir toutes les formes de grossesse extra-utérine, il existe quelques moyens de réduire les risques de grossesse tubaire (une grossesse extra-utérine qui survient dans la trompe de Fallope), le type le plus fréquent de grossesse extra-utérine. Le syndrome inflammatoire pelvien (SIP) et les infections transmissibles sexuellement (ITS) sont des causes fréquentes de grossesse extra-utérine tubaire. Les deux sont évitables. Informez-vous auprès de votre médecin des moyens de réduire les risques de SIP et d'ITS, comme l'utilisation des condoms et le traitement rapide de n'importe qu'elle infection des organes génitaux, de l'abdomen ou de la vessie.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.