Description

La gangrène gazeuse (« humide ») est le type de gangrène le plus susceptible de mettre la vie en danger. Elle survient lorsque des plaies sont infectées par une famille de bactéries appelée Clostridium. Il existe au moins 20 genres de Clostridia qui peuvent provoquer la gangrène gazeuse. La principale spécificité de ces bactéries est qu'elles sont anaérobies – c'est-à-dire, qu'elles croissent davantage en l'absence d'oxygène. Comme les tissus humains sains sont riches en oxygène, ils ne sont que rarement affectés par ces bactéries. Cependant, lorsqu'ils croissent, les Clostridia libèrent des gaz et des substances toxiques dans le corps. Cette forme de gangrène se propage très rapidement et peut causer la mort en peu de temps.

Les blessures qui privent d'oxygène une portion de tissu musculaire constituent le milieu de croissance idéal pour les Clostridia. Dans une plaie, certaines cellules sont déjà mortes, et c'est là que les infections débutent. Les lésions par « écrasement » sont le plus susceptibles d'interrompre l'apport sanguin à une grande partie des tissus et sont plus prédisposées à la gangrène. L'infection atteint habituellement les extrémités, où l'apport sanguin est plus susceptible d'être coupé. Les accidents de voiture, par exemple, provoquent souvent des lésions par écrasement de la partie inférieure de la jambe - exactement le type de plaie idéal pour les Clostridia.

Une opération chirurgicale peut également accroître la vulnérabilité de certaines zones tissulaires. Les conditions favorables à la propagation des Clostridia sont plus fréquentes chez les sujets présentant des problèmes vasculaires préexistants ou de nombreux facteurs de risque de maladie cardiaque. Par exemple, un taux de cholestérol élevé peut renforcer la tendance à la coagulation du sang. Une personne avec un taux de cholestérol élevé sera plus susceptible de voir des vaisseaux obstrués par des coagulations sanguines après une opération chirurgicale. Les tissus normalement approvisionnés par ces mêmes vaisseaux peuvent alors manquer d'oxygène, ce qui permet aux bactéries de se multiplier.

Il existe d’autres causes de gangrène « humide » non spécifiquement associées aux clostridia. D’autres bactéries, comme les E.coli, Klebsiella et Proteus peuvent causer une gangrène « humide » infectée dans les tissus endommagés et provoquer une infection grave souvent susceptible de menacer la vie.

En contraste, la gangrène « sèche » se produit quand l’approvisionnement sanguin au tissu est interrompu sans qu’une infection s’établisse. Dans ces cas, le tissu meurt, mais la personne se sent généralement bien. Certaines maladies graves qui perturbent la circulation sanguine peuvent interrompre l'apport en oxygène aux extrémités même en l'absence de traumatisme ou d'autres formes de lésion. Par exemple, une maladie vasculaire périphérique caractérisée par une mauvaise circulation vers les jambes peut couper l’apport en sang ou en oxygène vers un pied ou une jambe, provoquant ainsi l’apparition de gangrène. Les personnes atteintes du diabète, par exemple, sont prédisposées à la gangrène du pied. La gangrène associée au diabète est la cause la plus fréquente d’amputation du pied. Une engelure grave (due à une exposition prolongée au froid) peut aussi entraîner la gangrène par insuffisance de circulation sanguine appropriée vers les tissus.

Causes

La gangrène gazeuse est la forme de gangrène la plus dangereuse pour la vie. Elle survient lorsque des plaies sont infectées par une famille de bactéries appelée Clostridium. Il existe au moins 20 genres de Clostridia qui peuvent provoquer la gangrène gazeuse. La principale spécificité de ces bactéries est qu'elles sont anaérobies - c'est-à-dire, qu'elles croissent davantage en l'absence d'oxygène. Comme les tissus humains sains sont riches en oxygène, ils ne sont que rarement affectés par ces bactéries. Cependant, lorsqu'ils croissent, les Clostridia libèrent des gaz et des substances toxiques dans le corps. Cette forme de gangrène se propage très rapidement et peut causer la mort en peu de temps.

Les blessures qui privent d'oxygène une portion de tissu musculaire constituent le milieu de croissance idéal pour les Clostridia. Dans une plaie, certaines cellules sont déjà mortes, et c'est là que les infections débutent. Les lésions par « écrasement » sont le plus susceptibles d'interrompre l'apport sanguin à une grande partie des tissus et sont plus prédisposées à la gangrène. L'infection atteint habituellement les extrémités, où l'apport sanguin est plus susceptible d'être coupé. Les accidents de voiture, par exemple, provoquent souvent des lésions par écrasement de la partie inférieure de la jambe - exactement le type de plaie idéal pour les Clostridia.

Une opération chirurgicale peut également accroître la vulnérabilité de certaines zones tissulaires. Les conditions favorables à la propagation des Clostridia sont plus fréquentes chez les sujets présentant des problèmes vasculaires préexistants ou de nombreux facteurs de risque de maladie cardiaque. Par exemple, un taux de cholestérol élevé peut renforcer la tendance à la coagulation du sang. Une personne avec un taux de cholestérol élevé sera plus susceptible de voir des vaisseaux obstrués par des coagulations sanguines après une opération chirurgicale. Les tissus normalement approvisionnés par ces mêmes vaisseaux peuvent alors manquer d'oxygène, ce qui permet aux bactéries de se multiplier.

Il existe d'autres causes de gangrène non liées aux Clostridia. Certaines maladies graves qui perturbent la circulation sanguine peuvent interrompre l'apport en oxygène aux extrémités même en l'absence de traumatisme ou d'autres formes de lésion. Par exemple, la maladie artérielle périphérique, au cours de laquelle la circulation sanguine vers les jambes est insuffisante, peut entraîner une ischémie grave du pied ou de la jambe (privés de sang ou d'oxygène), causant une gangrène. Les personnes atteintes du diabète, par exemple, sont prédisposées à la gangrène du pied. Les infections liées au diabète constituent la cause la plus courante d'amputation du pied. Une engelure grave (due à une exposition prolongée au froid) peut aussi entraîner la gangrène par insuffisance de circulation sanguine appropriée vers les tissus.

Symptômes et Complications

Les régions touchées par une gangrène infectée ou « humide » sont habituellement chaudes et enflées. La peau peut être pâle au début, mais vire bientôt au rouge ou au marron et enfin au noir verdâtre. La région affectée peut devenir très cicatrisée et nécessiter une chirurgie de reconstruction. Si une quantité importante de tissu est morte, il se peut qu'on doive amputer la partie du corps affectée.

Parfois, un liquide marron apparaît sous la peau, entraînant la formation de cloques de grande taille. Si les Clostridia sont les causes de cette gangrène, on peut voir les gaz produits par les bactéries bouillonner dans ces poches qui par ailleurs émettent souvent une odeur nauséabonde.

Les substances produites par les bactéries sont hautement toxiques pour les tissus humains et tuent les cellules au-delà de la zone d'infection, maintenant l'apport en oxygène insuffisant. Si l'infection n'est pas stoppée, ces toxines bactériennes atteignent rapidement le flux sanguin et commencent alors à empoisonner les organes vitaux (ce qu'on appelle un choc toxique), en commençant par les reins.

Diagnostic

La gangrène gazeuse implique un type d’infection bactérienne nécrosante (destructrice de chair) que les médecins peuvent reconnaître. Il lui suffira de prélever un échantillon de tissu ou éventuellement du liquide contenu dans une cloque, puis de le faire cultiver en laboratoire pour identifier les bactéries. Cependant, on n'attendra pas le retour des résultats pour commencer le traitement et le médecin devra administrer immédiatement un antibiotique « à large spectre ».

Si l'infection est grave, on pourra utiliser les rayons X ou une IRM pour localiser les gaz situés plus profondément sous la peau. Si une opération chirurgicale s'avère nécessaire, ces images indiqueront au médecin l'emplacement exact des bactéries et la partie à enlever.

Traitement et Prévention

La gangrène se propage souvent si rapidement que les antibiotiques seuls ne suffisent pas à l'enrayer. Le meilleur traitement actuel repose sur une approche par trois fronts :

  • les antibiotiques aident à ralentir l'infection et à éliminer les petites poches de bactéries passées inaperçues;
  • un chirurgien débride (ôte) la chair infectée et une marge autour de celle-ci pour empêcher toute propagation ultérieure. Si le débridement est insuffisant, la prochaine étape sera l'amputation;
  • le patient est placé dans un caisson hyperbare si l'hôpital dispose d'un tel matériel. Il s'agit d'une citerne métallique scellée et remplie d'oxygène à haute pression. La pression force l'oxygène à pénétrer dans les tissus afin de stopper la propagation des bactéries anaérobies. Les caissons hyperbares ont été inventés pour aider les plongeurs sous-marins souffrant de la maladie des caissons, mais ils ont de multiples usages en médecine.

Les antibiotiques et la chirurgie sont couramment utilisés en traitement de la gangrène et ils se sont avérés très efficaces. Les caissons hyperbares ne sont que rarement utilisés, surtout parce que de nombreux hôpitaux n'y ont pas accès.

Avec les méthodes actuelles de traitement, la majorité des victimes de la gangrène survivent, bien que la plupart subissent des pertes de tissu musculaire. Il est possible de réduire les chances de telles complications en nettoyant soigneusement toutes les plaies avec de l'antiseptique, en surveillant les signes de pus, de rougeur, d'enflure ou de douleur inhabituelle et en consultant un médecin à la moindre blessure susceptible de s'infecter.