Description

Le cœur est composé de quatre cavités : deux oreillettes dans la partie supérieure et deux ventricules dans la partie inférieure. Le rôle des oreillettes est de remplir les ventricules de sang et les ventricules ont pour fonction de pomper le sang vers les poumons ou le reste du corps.

Le battement normal du sang est maîtrisé par des signaux électriques envoyés par un segment particulier du tissu cardiaque, le nœud sinusal. Le nœud sinusal agit comme le stimulateur naturel du cœur. Il se trouve près de la partie supérieure de l'oreillette droite. Normalement, le nœud sinusal envoie une pulsation électrique qui va du tissu musculaire au nœud auriculo-ventriculaire (AV) (agissant comme un « poste de péage ») qui détermine le nombre de pulsations qui peuvent passer aux ventricules.

Une arythmie survient lorsque la fréquence régulière des battements du cœur est irrégulière – les battements peuvent devenir plus rapides ou plus lents. Il existe plusieurs formes d'arythmies, mais celles qui viennent des ventricules sont généralement plus graves que celles qui proviennent des oreillettes.

La fibrillation auriculaire (FA) est un type d'arythmie. Quand elle survient, la fréquence cardiaque n'est plus régie par la partie du cœur nommée nœud de Keith et Flack, mais au contraire par différentes parties des oreillettes qui ont des contractions en même temps. Ces contractions désordonnées causent des fibrillations qui ne sont pas plus efficaces qu'un frémissement. Les oreillettes pompent le sang moins efficacement, mais suffisamment bien pour que les ventricules puissent fonctionner. Les battements de cœur irréguliers sont dus aux contractions rapides des oreillettes (habituellement plus de 350 par minute), et au passage irrégulier de l'influx électrique dans le nœud auriculo-ventriculaire. En effet, la transmission de chaque influx électrique ne se fait pas jusqu'aux ventricules, car certains sont bloqués d'une façon intermittente.

La fibrillation auriculaire est potentiellement dangereuse, car le sang peut s'accumuler dans l'oreillette, ce qui augmente le risque de formation d'un caillot sanguin. Si le caillot monte au cerveau, cela causera un accident vasculaire cérébral. La FA est la forme la plus fréquente de toutes les arythmies néfastes, elle touche environ 350 000 Canadiens. Le risque de contracter une fibrillation auriculaire augmente avec l’âge. 

La fibrillation auriculaire peut être présente sous diverses formes :

  • dans le cas de la FA paroxystique, un trouble temporaire récidivant, la fibrillation commence soudainement puis, après un certain temps (généralement moins de 7 jours), le cœur recommence à battre normalement sans aide médicale.
  • dans le cas de la FA persistante, le cœur bat de façon irrégulière et une assistance médicale est nécessaire pour restaurer le rythme normal. Ce type de FA a tendance à durer plus de 7 jours.
  • dans le cas de la FA permanente, la fréquence cardiaque est irrégulière et ne redevient pas normale malgré les médicaments ou autres traitements.

Les trois situations présentent le même risque de formation de caillots sanguins.

Causes

Les causes de la fibrillation auriculaire ne sont pas toujours connues, mais elles peuvent être comprises parmi celles-ci :

  • une anomalie de la structure cardiaque;
  • des affections qui portent atteinte aux valves du cœur;
  • une élévation de la pression artérielle;
  • une affection de la thyroïde;
  • une consommation d'alcool occasionnellement excessive (un alcoolisme périodique);
  • l'âge.

Symptômes et Complications

Certaines personnes ne présentent aucun symptôme. Dans ce cas, leur médecin peut identifier l'état au cours d'un examen médical de routine.

Quand des symptômes de FA sont manifestes, ils comprennent généralement :

  • des palpitations;
  • un malaise thoracique;
  • un rythme cardiaque rapide et irrégulier;
  • une sensation de tête légère ou, dans de rares cas, un évanouissement;
  • des étourdissements;
  • un essoufflement, lequel peut se produire au repos dans les cas plus graves de FA;
  • de la faiblesse;

Les personnes qui ont une FA et qui souffrent d’insuffisance cardiaque droite peuvent aussi avoir les jambes et les bras enflés, un gain de poids ou une ascite (gonflement de l’abdomen causé par l’accumulation de liquide). Ce type de FA est grave et exige immédiatement des soins médicaux.

Nous avons tous senti notre cœur battre trop vite à un moment donné et, en général, ce phénomène est sans importance. Mais si une personne éprouve des douleurs thoraciques, qu'elle se sent sur le point de s'évanouir ou si son cœur bat rapidement ou irrégulièrement, elle doit consulter un médecin.

La FA est un état progressif qui peut affaiblir le cœur et sa capacité de pomper le sang, surtout en l'absence d'un traitement adéquat. Une autre de ses complications est la formation de caillots sanguins pouvant entraîner un accident vasculaire cérébral (AVC). Le risque d'AVC dépend de votre âge et d'autres facteurs de risque, mais la présence de la FA augmente de 3 à 5 fois votre risque d'accident vasculaire cérébral.

Diagnostic

Lorsque le cœur bat plus rapidement que la normale, on parle de tachycardie. La fibrillation auriculaire est un type de tachycardie. Si trop d'impulsions passent par les ventricules, votre fréquence cardiaque peut dépasser 100 battements par minute. Inversement, si peu d’impulsions cardiaques réussissent à passer, la fréquence cardiaque peut en fait être lente (un phénomène appelé bradycardie).

Le stéthoscope est un précieux instrument pour détecter les arythmies, mais des appareils modernes aident à cerner le problème avec précision. L'électrocardiogramme (ECG) est un tracé des impulsions électriques du cœur enregistrées à l'aide de petites électrodes placées sur la poitrine. Les caractéristiques du tracé ECG permettent de déterminer la forme d'arythmie et peuvent aider le médecin à diagnostiquer une fibrillation auriculaire. Puisque l'arythmie pourrait ne pas survenir à l'hôpital, il existe des appareils d'ECG portables pour enregistrer ces tracés à domicile. Quelques-uns sont activés en permanence durant un intervalle de temps déterminé (il s'agit d'un enregistreur Holter), tandis que d'autres ne sont activés que lorsque vous ressentez des palpitations (il s'agit des enregistreurs d'événements ou enregistreurs en boucle). Certains de ces dispositifs peuvent télécharger le signal cardiaque par l'entremise d'une ligne téléphonique ou d'un téléphone cellulaire.

L'étude électrophysiologique est un examen plus complexe. Des sondes de très petit calibre sont insérées dans une veine de la jambe et acheminées jusqu'au cœur. Ces sondes contiennent des électrodes capables de détecter le tissu du muscle cardiaque qui détourne ou bloque les signaux provenant du nœud sinusal.

Votre médecin peut également demander des analyses de sang pour déterminer si une autre affection (par ex. un déséquilibre des hormones thyroïdiennes) est associée à votre fibrillation auriculaire.

Traitement et Prévention

Il existe 3 stratégies principales pour maîtriser la fibrillation auriculaire (FA) :

  • le contrôle de la fréquence (empêcher l'accélération de la fréquence cardiaque);
  • le contrôle du rythme (essayer de restaurer le rythme sinusal normal);
  • un traitement anticoagulant (empêcher la formation de caillots et un accident vasculaire cérébral grâce à l'emploi d'anticoagulants [des médicaments pour fluidifier le sang]).

Pour le contrôle de la fréquence, il existe plusieurs médicaments pour aider à ralentir un cœur qui bat rapidement. Avec cette stratégie, l'objectif est de réduire le nombre de pulsations qui passent par le nœud auriculo-ventriculaire et ralentir la fréquence cardiaque. Il faut noter que la FA est toujours présente dans cette stratégie.

Les bêta-bloquants (par ex. l'aténolol*, le métoprolol) et certains antagonistes du calcium (par ex. le diltiazem et le vérapamil) sont les médicaments utilisés pour contrôler la fréquence des personnes souffrant de divers troubles cardiaques. Ces médicaments peuvent être utilisés pour plusieurs raisons (ils sont également utilisés pour traiter une pression artérielle élevée). Un autre médicament, la digoxine, est utilisé pour traiter les arythmies depuis plus de 200 ans! Elle est dérivée d'une substance appelée digitale.

Chez certaines personnes, la fréquence est trop difficile à contrôler avec des médicaments, par conséquent un cardiologue spécialisé (un électrophysiologue) implante un stimulateur cardiaque puis effectue quelques semaines plus tard une intervention connue sous le nom d'ablation du nœud AV. À l'aide de tubes spéciaux implantés dans la veine de la jambe, de la chaleur est appliquée autour du nœud AV du cœur pour bloquer tout passage de signaux électriques. Le stimulateur contrôle ensuite la fréquence cardiaque, et le cœur bat de façon régulière.

Il est possible d'obtenir un contrôle du rythme de diverses façons. Le processus utilisé pour restaurer le rythme s'appelle cardioversion; si des médicaments sont utilisés pour ce processus, il prend le nom de cardioversion chimique. Les antiarythmiques (par ex. la propafénone, la flécaïnide, la dronédarone) peuvent transformer un rythme anormal en rythme normal, et empêcher le rythme anormal de se reproduire. Une cardioversion électrique est une alternative qui utilise un défibrillateur émettant un choc électrique contrôlé au cœur, ce qui convertit une FA en un rythme normal. Un anesthésique est administré aux patients pour qu'ils ne sentent rien durant le procédé.

On utilise également une technique mise au point par des électrophysiologues et connue sous le nom d'ablation des veines pulmonaires (ou isolation des veines pulmonaires). Grâce à des sondes spéciales implantées dans le cœur, les médecins pratiquent l'ablation par cautérisation des zones qui causent la FA ou isolent la zone afin qu'elle n'affecte aucune autre partie de l'oreillette. Cette option peut guérir la FA qui reste inchangée par les autres options.

L'anticoagulation aide à prévenir la formation de caillots sanguins et est essentielle pour les personnes souffrant de fibrillation auriculaire en raison du risque accru d'accident vasculaire cérébral. Afin d'empêcher la formation de caillots sanguins, les médecins recommandent souvent des médicaments qui fluidifient le sang, lesquels peuvent comprendre des anticoagulants (comme la warfarine, le dabigatran, le rivaroxaban et l'apixaban) ou des inhibiteurs plaquettaires (comme l'AAS). Selon votre risque de formation de caillots, votre médecin peut vous recommander soit un anticoagulant soit un médicament antiplaquettaire. Bien que le risque de saignement augmente avec l'emploi de ces types de médicaments, le plus souvent la protection offerte contre un accident vasculaire cérébral, et d'autres conditions associées à la formation de caillots sanguins l'emporte sur le risque.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.

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