Description

Le terme épilepsie provient d'un mot grec qui signifie « être saisi ». La convulsion subite et spontanée est le signe caractéristique de cette maladie. La personne atteinte peut tomber par terre et éprouver des contractions musculaires spasmodiques quoique ces symptômes ne soient pas toujours présents.

Dans le fonctionnement quotidien du cerveau, des millions de signaux à composantes électriques et chimiques sont transmis à partir de ses cellules nerveuses vers les autres parties du corps. Ces messages électrochimiques sont nécessaires pour presque tout ce que nous faisons et ressentons. Les convulsions sont des décharges anormalement élevées d'activité électrique qui surviennent soudainement dans un grand nombre de cellules nerveuses du cerveau. Elles peuvent entraîner la transmission involontaire de signaux anormalement puissants dans les muscles du corps.

L'épilepsie est l'un des troubles les plus courants du système nerveux central. Au Canada, elle touche environ 1 personne sur 250; environ un quart des Canadiens atteints d'épilepsie recevront leur diagnostic avant l'âge de 10 ans et un autre tiers avant l'âge de 19 ans. On ne porte le diagnostic d'épilepsie que si on a constaté 2 épisodes de convulsions non provoquées lors de jours différents ou 1 épisode de convulsion non provoquée avec une forte probabilité de nouvelle convulsion au cours des 10 prochaines années. On dit que la convulsion est « non provoquée » si on n'a pas identifié d'agent déclencheur.

Causes

L'épilepsie qui apparaît à l'âge adulte est souvent le symptôme d'une atteinte localisée, comme une mauvaise irrigation sanguine du cerveau, une tumeur cérébrale ou une blessure antérieure à la tête. Dans le cas des enfants, l'épilepsie peut être attribuable à une méningite survenue pendant la tendre enfance ou à des anomalies du développement cérébral, mais elle est souvent héréditaire.

Même si l'on sait que l'épilepsie peut être transmise génétiquement, on ne comprend pas vraiment ce qui distingue le cerveau de la personne touchée par une forme héréditaire d'épilepsie. Les phénomènes exacts qui surviennent dans le cerveau pendant une crise sont également mal établis. Souvent, les personnes atteintes constatent que des événements particuliers semblent déclencher les crises, notamment :

  • la consommation de cocaïne et d'autres drogues;
  • le sevrage de l'alcool;
  • une exposition à des lumières clignotantes ou stroboscopiques;
  • des modifications hormonales;
  • une hyperventilation;
  • un sommeil insuffisant;
  • l'exercice intense;
  • les musiques très fortes;
  • la mauvaise nutrition et le fait de sauter des repas;
  • les émotions intenses.

L'épilepsie cataméniale survient à un moment particulier du cycle menstruel de la femme. Les crises qui en découlent surviennent le plus souvent durant l'ovulation ou juste avant le début des menstruations. Les convulsions semblent être provoquées par les œstrogènes et prévenues par la progestérone. Cela explique pourquoi les premiers épisodes convulsifs de certaines femmes surviennent au début de la puberté, alors que les œstrogènes sont omniprésents et que la situation s'améliore parfois après la ménopause.

Symptômes et Complications

Avant une crise, de nombreuses personnes atteintes d'épilepsie ressentent un signal avertisseur, appelé aura, pouvant être une odeur, une sensation particulière ou un effet visuel. Après la crise, la personne peut être confuse, se sentir fatiguée ou somnolente, éprouver des douleurs musculaires et ne pas se rappeler ce qui est arrivé.

Les gens pensent souvent qu'une personne en crise épileptique risque d'avaler sa langue et de s'étouffer. En fait, cela ne se produit pratiquement jamais. Si l'on cherche à ouvrir la bouche d'une personne qui fait une convulsion, on peut endommager ses dents (ou perdre un doigt). Si la personne se tient debout, vous ne devez habituellement rien faire; si elle est inconsciente, placez-la sur le côté en mettant un objet mou sous sa tête et en déboutonnant son collet de chemise.

L'état de mal épileptique qui survient lorsqu'une crise se poursuit pendant plus de 5 minutes ou se répète plusieurs fois en un court laps de temps constitue cependant une exception. Il peut survenir lorsque le patient interrompt subitement la prise de ses médicaments antiépileptiques. Dans ce cas, il faut appeler une ambulance.

Différents types de crises d'épilepsie

Les crises d'épilepsie sont classées en fonction de leurs caractéristiques particulières. La classification tient compte du site où la convulsion commence, du niveau de conscience de la personne et d'autres caractéristiques de la convulsion.

On peut classifier la convulsion selon l'endroit du cerveau où elle commence. Par exemple, les convulsions focales commencent en un endroit précis, tandis que les convulsions généralisées peuvent commencer des deux côtés du cerveau.

On peut également utiliser le niveau de conscience de la personne pendant la convulsion pour décrire et classifier celle-ci. Les personnes peuvent être conscientes ou subir une altération de l'état de conscience. Parmi les autres caractéristiques servant à la classification des convulsions, on retrouve la présence de mouvements pendant la convulsion.

L'épilepsie entraîne un certain nombre de complications au niveau des organes reproductifs et sexuels, lesquelles ne sont pas très bien connues. Près d'un tiers des hommes épileptiques souffrent de dysfonction érectile et de nombreuses femmes épileptiques se plaignent d'une sécheresse vaginale, de contractions douloureuses durant les relations sexuelles ou d'une libido réduite.

Environ 4 % á 6 % des bébés nés de mères épileptiques sont atteints d'une malformation à la naissance alors que ce taux est d'environ 2 % á 3 % pour le reste de la population. On sait que les médicaments antiépileptiques sont partiellement responsables de ces cas supplémentaires. Les malformations peuvent être mineures ou facilement corrigées par chirurgie (malformation des doigts, fente labiale ou palatine) bien que, dans certains cas, des problèmes plus sérieuses comme le spina-bifida peuvent également survenir.

Diagnostic

Les personnes qui pensent avoir fait une crise ou qui croient que leur enfant en a fait une doivent consulter le médecin. Le médecin pourra poser des questions sur les crises antérieures, leur durée, le moment où elles sont survenues et comment la personne se sentait par la suite. Les antécédents familiaux peuvent être pertinents.

Le principal test pour le dépistage de l'épilepsie est l'électroencéphalogramme (EEG). Des électrodes sont fixées sur la tête afin de mesurer l'activité électrique du cerveau. Cet examen est sans douleur et peut même avoir lieu durant le sommeil du patient.

Une tomodensitographie, une tomographie par émission de positrons et une imagerie par résonance magnétique nucléaire peuvent permettre d'obtenir des images détaillées du cerveau. Ces images sont essentielles pour déceler la présence de traumatismes, de tumeurs, d'abcès et d'infection (comme une méningite) susceptibles de provoquer l'épilepsie.

Traitement et Prévention

Dans la plupart des cas, des médicaments anticonvulsifs permettent d'éliminer ou de réduire la fréquence des crises. Ces médicaments se présentent sous plusieurs formes et ils ne sont pas efficaces chez tous les patients. La carbamazépine, la lamotrigine, la phénytoïne, le topiramate et l'acide valproïque sont des exemples de médicaments anticonvulsivants. Le médecin doit parfois en essayer quelques-uns afin de déterminer celui qui convient le mieux à un patient donné.

Malheureusement, de nombreux médicaments anticonvulsifs produisent des effets secondaires. Certains peuvent ralentir les fonctions mentales, provoquer une croissance de la pilosité du visage et même donner un aspect inexpressif au visage. Ils peuvent aussi réduire l'efficacité des contraceptifs oraux ou causer des malformations à la naissance.

Si une personne n'a pas subi de convulsion pendant une période de temps prolongée (par ex. des années) alors qu'elle prenait des médicaments, son médecin pourrait discuter avec elle de la possibilité d'un arrêt graduel de la prise du médicament.

Les cas d'épilepsie qui s'expliquent par des dommages provoqués à une partie du cerveau peuvent nécessiter une chirurgie si l'effet des médicaments est insuffisant. Cela règle parfois le problème.

La fréquence des crises peut parfois être réduite par la pose d'un appareil semblable à un stimulateur cardiaque qui agit en stimulant de façon intermittente le nerf vague, un nerf situé dans le cou. Lorsque la personne munie de cet appareil sent la survenue imminente d'une crise, elle peut parfois la prévenir en passant un petit aimant au-dessus de l'implant pour activer le stimulateur.

Toutes les femmes actives sexuellement, y compris celles souffrant d'épilepsie, devraient consulter leur médecin au sujet des suppléments d'acide folique qui réduisent les risques de malformations à la naissance. Il existe aussi des traitements pour les divers troubles sexuels que l'épilepsie peut entraîner.

L'activité physique est habituellement bénéfique aux personnes souffrant d'épilepsie et il est rare qu'une personne subisse une crise pendant qu'elle fait de l'exercice. Les personnes épileptiques doivent évidemment prendre des précautions additionnelles pour éviter les accidents et éviter, notamment, de se baigner sans surveillance, de faire fonctionner de la machinerie lourde ou de grimper sur une échelle. Bien que certaines précautions s'imposent, les parents doivent éviter de protéger à outrance leur enfant. Les personnes épileptiques peuvent mener une vie heureuse, active et productive.

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