Description

L'endomètre est le tissu qui tapisse la paroi interne de l'utérus. C'est ce tissu qui est expulsé chaque mois au cours des menstruations. Chaque mois, il s'épaissit rapidement en prévision d'une grossesse, et si la grossesse ne survient pas, le tissu excédentaire de l'endomètre est alors évacué pendant les menstruations.

En cas d'endométriose, certaines de ces cellules endométriales se propagent à l'extérieur de l'utérus, habituellement dans d'autres parties de l'abdomen. Ces cellules réagissent aux hormones féminines de la même manière que celles de l'endomètre. Chaque mois, le tissu épaissit, se décompose et est expulsé. À la différence des cellules qui tapissent la paroi de l'utérus, le sang et les tissus qui se répandent dans l'abdomen ne trouvent pas d'issue pour quitter l'organisme. Elles adhèrent alors à d'autres tissus et commencent parfois à se diviser et à se multiplier. Il arrive qu'elles envahissent d'autres tissus ou qu'elles forment des filaments qui relient ensemble certains organes. Elles peuvent fabriquer un tissu cicatriciel qui provoque parfois des douleurs. Quelques fois, les cellules endométriales forment un kyste qui peut éclater et saigner.

Ce processus ressemble à un cancer, mais l'endométriose n'est pas une affection cancéreuse. Elle peut toutefois augmenter, mais de manière très faible, le risque de développer certains cancers. L'endométriose n'est pas une maladie mortelle, mais elle est très répandue. Parmi les femmes de 25 à 44 ans qui sont régulièrement menstruées, environ 10 % à 15 % souffre d'endométriose. Environ le quart à la moitié des femmes stériles en sont atteintes.

Causes

Diverses théories ont été élaborées afin d'expliquer l'endométriose. La plupart font appel à la notion de flux rétrograde. Pendant les menstruations, les couches supérieures de l'endomètre se détachent et sont normalement excrétées de l'organisme. Le tissu et le sang sont expulsés par des contractions musculaires. Dans certains cas, par contre, le flux s'inverse et va des trompes de Fallope vers les ovaires. C'est de cette façon que des cellules endométriales pourraient atteindre les ovaires et la cavité pelvienne, des régions à l'extérieur de l'utérus.

Le flux rétrograde n'explique cependant pas tout, étant donné qu'il apparaît souvent chez des femmes qui ne souffrent pas d'endométriose. Une autre théorie reposerait sur des troubles du système immunitaire. Selon cette thèse, le corps ne parviendrait pas à localiser ni à détruire le tissu endométrial qui se trouverait hors de l'utérus. Il existe des différences notables dans le système immunitaire des femmes qui présentent une endométriose, mais leur signification reste encore inconnue.

L'endométriose a possiblement une composante génétique. Les filles et les sœurs des femmes qui souffrent d'endométriose courent un risque légèrement accru de développer cette affection.

D'autres théories incluent la propagation par le sang ou par les vaisseaux lymphatiques et aussi la possibilité que le tissu sain qui tapisse la cavité abdominale se transforme en tissu endométrial.

Symptômes et Complications

Les symptômes de l'endométriose incluent :

  • des douleurs pelviennes,
  • des douleurs au cours des relations sexuelles,
  • des changements dans les menstruations,
  • de la douleur et des crampes pendant les menstruations,
  • une émission de l'urine ou des défécations douloureuses durant les règles,
  • l'infertilité.

Bon nombre de ces symptômes sont aussi associés à d'autres troubles médicaux. La gravité du symptôme n'est pas forcément liée à la quantité de tissu présent à l'extérieur de l'utérus. Certaines femmes qui souffrent d'endométriose dans l'ensemble du bassin n'éprouvent aucune sensation particulière, alors que d'autres chez qui le trouble est très circonscrit éprouvent des douleurs atroces.

Les douleurs menstruelles qui ont été supportables pendant des années, mais dont l'intensité augmente, peuvent être un signe d'endométriose.

Il arrive que des kystes et du tissu cicatriciel se forment autour du vagin et dans l'abdomen, rendant ainsi les rapports sexuels douloureux. Ces douleurs indiquent parfois un cas d'endométriose, mais ce symptôme peut également être provoqué par d'autres affections. Chez les femmes atteintes d'endométriose, le tissu endométrial finit souvent par atteindre l'un des ovaires ou même les deux. Il risque alors de former des kystes appelés endométriomes.

Diagnostic

Le médecin commencera généralement par s'informer des antécédents médicaux et procédera à un examen gynécologique. Au cours de l'examen, il vérifie si la patiente présente des symptômes d'endométriose et il palpe alors les organes internes afin de déceler la présence de masses et d'excroissances. Cette procédure pourra être suivie d'une échographie du bassin pour vérifier la présence éventuelle de kystes aux ovaires. Souvent, l'échographie ne révèle rien de particulier.

Si l'examen du bassin laisse soupçonner un cas d'endométriose, on peut ensuite procéder à une laparoscopie. Dans ce cas, une petite incision est pratiquée à proximité du nombril, et un mince tube est inséré. Ce tube, le laparoscope, est un microscope muni d'une source lumineuse. Il permet au médecin de bien observer l'endométriose à la surface externe des organes du bassin. Au cours de la laparoscopie, le médecin prélève parfois un échantillon de tissu qui sera envoyé à un pathologiste pour confirmer le diagnostic. La laparoscopie peut également servir à soigner la l'endométriose, en utilisant un courant électrique ou un laser pour brûler le tissu de l'endomètre.

Traitement et Prévention

L'endométriose se traite avec des médicaments, par la chirurgie laparoscopique ou par la chirurgie traditionnelle. Le choix du traitement dépend de la personne et d'un certain nombre de facteurs dont l'âge de la femme, la gravité de ses symptômes et de son désir ou non d'avoir des enfants.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment le naproxène* et l'ibuprofène peuvent être utilisés pour soulager la douleur. Ils ne traitent cependant pas les causes sous-jacentes à la maladie. Les contraceptifs oraux sont aussi utilisés. Dans ce cas, plutôt que de prendre la pilule pendant 3 semaines consécutives, suivies d'un arrêt d'1 semaine, le contraceptif est prescrit quotidiennement. Pour la plupart des femmes, ce traitement provoquera éventuellement l'arrêt des saignements menstruels. La médroxyprogestérone est parfois utilisée pour traiter l'endométriose. Elle est habituellement administrée sous forme d'injection. L'endométriose peut aussi se traiter avec des médicaments qui régulent le cycle menstruel, causant un arrêt des règles qui simule celui que provoque la ménopause. Ces médicaments comprennent le danazol, la buséréline, la goséréline, le leuprolide, la nafaréline et la triptoréline.

Une laparoscopie et une chirurgie mineure sont quelquefois pratiquées pour extraire le tissu endométrial aux endroits où il ne devrait pas se former, comme le bassin, par exemple. Au cours de la laparoscopie, le médecin utilise un appareil électrique ou un laser pour brûler le tissu endométrial. La laparoscopie est une technique moins invasive que la chirurgie traditionnelle (par ex. l'hystérectomie) et elle peut se faire en chirurgie externe (sans que la patiente soit hospitalisée). Les excroissances plus grosses et plus encapsulées nécessitent parfois une chirurgie traditionnelle.

Les femmes qui ne souhaitent pas avoir d'enfants peuvent opter pour une hystérectomie et une ovariectomie complète (l'ablation de l'utérus, des ovaires et des trompes de Fallope). Associée à une médication, cette procédure élimine la production d'hormones féminines et soulage par conséquent les symptômes liés à l'endométriose. Elle ne garantit toutefois pas un soulagement des douleurs. L'ablation des ovaires conduit à une déficience en œstrogène. Une hormonothérapie de remplacement sera proposée aux femmes qui subissent cette intervention. Avant de l'accepter, il importe de discuter avec le médecin des risques et des avantages de ce traitement.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.