Description

Bien que la coqueluche soit considérée comme une affection qui peut être prévenue par un vaccin, elle n'a pas certainement pas été éliminée de la liste des problèmes de santé publique. L'incidence de la coqueluche a diminué de plus de 90 % au cours des 50 dernières années, mais il y en a tout de même des éclosions. Tandis que la majorité des affections contre lesquelles il est possible de se faire vacciner dans l'enfance devient moins fréquente, on observe une recrudescence des cas de coqueluche depuis 1990. La réapparition de cette affection tient probablement à la plus faible efficacité des anciens vaccins (en raison de l'apparition de nouvelles souches de la bactérie qui provoque cette l'affection), à l'épuisement de la protection (l'immunité) qu'ils offrent aux adultes et aux adolescents, et à un plus grand nombre de déclarations de cas de coqueluche par les médecins.

Chaque année, de 1000 à 3000 personnes contractent la coqueluche. Au pays, 1 à 4 personnes meurent de la coqueluche tous les ans. Les enfants de moins de 5 ans, et surtout les nourrissons de moins de 6 mois, représentent la plupart des cas dans les populations non vaccinées. Les adultes sont tout aussi susceptibles à l'affection étant donné que les effets de la vaccination s'estompent avec le temps.

Causes

La coqueluche est causée par la bactérie Bordetella pertussis. La bactérie se transmet d'une personne à l'autre par de minuscules gouttelettes émises par le nez et la bouche d'une personne qui tousse. Une bactérie semblable, appelée Bordetella parapertussis cause une coqueluche moins grave surnommée paracoqueluche.

Tandis que la plupart des diagnostics de coqueluche sont posés pour des enfants de moins de 5 ans, il se pourrait que la majorité des porteurs soit plus âgée. On croit que les adultes représentent une source d'infection d'une importance majeure pour les nourrissons.

Étant donné qu'un grand nombre de personnes atteignent l'âge adulte sans avoir été infectées, il est tout à fait possible que les adultes contractent la coqueluche. Après les nourrissons, les personnes les plus susceptibles de souffrir des graves complications de la coqueluche sont les aînés et les personnes atteintes d'une affection chronique.

L'incubation de l'affection dure 1 ou 2 semaines. Les personnes contaminées peuvent en infecter d'autres dès la fin de la première semaine et, en règle générale, elles restent contagieuses durant les 6 semaines suivantes. L'affection est hautement contagieuse et on vous conseillera d'éviter les contacts avec d'autres personnes pendant toute la période où vous êtes susceptible de contaminer quelqu'un.

Symptômes et Complications

L'affection se déroule selon 3 stades. Le 1er stade commence environ 10 jours après une infection, et cause des symptômes qui ressemblent à ceux d'un rhume banal - des éternuements, des yeux larmoyants, un état de faiblesse générale et une perte de l'appétit. Une toux sèche et quinteuse.

Le 2e stade s'amorce après 10 ou 14 jours, et se signale par la gravité et la fréquence rapidement accrues de la toux. C'est le son de cette toux qui a donné son nom à l'affection. Il s’agit d'un son évoquant le « chant du coq » lors des reprises inspiratoires profondes et rapides qui suivent une demi-douzaine d'accès de toux spasmodiques se succédant rapidement. Ce phénomène peut se produire des centaines de fois au cours d'une même journée. La toux peut produire de grandes quantités de mucus épais. Quelquefois les nourrissons l'avalent, d'autres fois il sort par les narines, souvent en formant des bulles. La fréquence de la toux combinée à l'expulsion du mucus peut causer des vomissements, et les nourrissons risquent de suffoquer. Les tout-petits sont moins susceptibles que les plus grands d'avoir des reprises inspiratoires évoquant le chant du coq, mais ils ont plus fréquemment des accès de suffocation. Les adultes infectés émettent rarement le chant du coq, mais ils toussent fréquemment et de façon spasmodique.

Après un mois, la plupart des personnes atteintes commencent à avoir meilleure apparence et à se sentir mieux alors que leurs quintes de toux s'espacent. C'est le début du 3e stade ou l'entrée en convalescence qui se fait graduellement au cours de quelques semaines ou parfois de quelques mois. La durée totale de l'affection s'étend habituellement sur 6 à 10 semaines.

Le risque de complications est plus élevé pour les nourrissons ayant moins de 1 an. Ce risque vise également les aînés et les personnes qui ont un mauvais état de santé chronique. Parmi les complications susceptibles de survenir, on a observé la pneumonie, l'encéphalite (une inflammation du cerveau), des convulsions, l'apnée (un arrêt passager de la respiration), et une hémorragie (un saignement) de l'œil.

Diagnostic

Le diagnostic de coqueluche est habituellement facile à poser. Un petit tampon de coton enroulé autour de l'extrémité d'une tige est enfoncé dans une narine jusqu'au nasopharynx (le conduit respiratoire à l'arrière du nez), et on met le prélèvement en culture afin d'identifier les bactéries. La plupart du temps ce test permet de détecter la présence de bactéries. Ce qui signifie que quelques cas ne sont pas diagnostiquables durant les phases initiales,mais une fois que l'affection atteint le 2e stade, la nature de ses symptômes s'impose d'emblée. Dans certains cas, le cours évolutif de l'affection est plus bénin et ces symptômes tardifs n'apparaissent pas. Les personnes qui ont été immunisées peuvent tout de même contracter la coqueluche, mais elles auront des symptômes beaucoup plus légers. Une radiographie pourrait détecter la présence de liquide ou de mucus dans les poumons.

Traitement et Prévention

Bien que des bactéries causent la coqueluche, les antibiotiques ne sont pas particulièrement efficaces dans le traitement de cette affection, à moins qu'ils ne soient donnés dans le courant du 1er stade. Très souvent, l'affection n'est pas identifiée avant qu'elle ne progresse au 2e stade. Des antibiotiques comme l'érythromycine*, la clarithromycine, l'azithromycine, ou l'association sulfaméthoxazole-triméthoprime, sont néanmoins donnés à ce stade pour réduire la possibilité de complications, même s’ils n’exercent pas une action qui raccourcirait la durée de la coqueluche.

Les tout-petits atteints de coqueluche sont souvent hospitalisés, surtout s'ils ont moins de 6 mois. Le traitement qui leur est prescrit est destiné à réduire au minimum leurs symptômes et les complications qu'ils pourraient engendrer. En cas de vomissements répétés, les liquides et les électrolytes perdus (par ex. le potassium) doivent être remplacés intraveineusement. En ce qui concerne les bébés, il peut être nécessaire d'éliminer les mucosités au moyen d'un appareil de succion ou d'installer un conduit pour faciliter la respiration nasale. Un apport d'oxygène supplémentaire pourrait s'imposer. Des médicaments qui facilitent l'expulsion des sécrétions produites par les voies respiratoires et ceux qui suppriment la toux ne sont généralement pas recommandés. Les bébés atteints de coqueluche devraient dormir autant que possible puisque toute perturbation ou excitation est susceptible de déclencher une toux. Les symptômes des enfants plus âgés, et les risques qu'ils présentent sont beaucoup moins graves et une hospitalisation est rarement nécessaire.

Presque tout le monde sait qu'il existe un vaccin contre la coqueluche, toutefois un trop grand nombre de personnes ne le sait pas pour les bonnes raisons. Les groupes antivaccination et les médias ont totalement ignoré le risque beaucoup plus élevé d'encéphalite (une grave inflammation du cerveau) pour les personnes non vaccinées qui contractent la coqueluche, ils ont au contraire mis l'accent sur les probabilités qu’une encéphalite se manifeste 1 fois sur 1 million de vaccinations quelques heures ou quelques jours après la vaccination contre la coqueluche.

Le calendrier de vaccination canadien contre la coqueluche est établi comme suit : les bébés reçoivent le vaccin DCT (diphtérie - coqueluche - tétanos) qui leur confère une immunité de base. Les injections sont données quand ils ont 2 mois, 4 mois, et 6 mois. Un rappel renforce l’immunité à 18 mois, et une autre dose injectée quand ils ont entre 4 ans et 6 ans la prolonge. Le dernier rappel devrait les protéger jusqu'à ce qu'ils aient entre 14 ans et 16 ans, c'est-à-dire lorsqu'ils atteignent l'âge auquel ils reçoivent le nouveau vaccin contre la coqueluche (voir ci-après) avec la formulation adulte du vaccin associé diphtérie - tétanos. Les 5 premières doses (de 2 mois à 4 ou 6 ans) seront habituellement données conjointement avec le vaccin contre la polio et les infections à Hæmophilus influenzæ de type B ou vaccin « Hib » (un vaccin contre la pneumonie), puisqu'ils s'administrent selon le même calendrier vaccinal que le DCT. Des vaccinations supplémentaires sont données avec quelques-unes de ces premières doses, selon un calendrier précis établie par la province.

Vers la fin des années 1990, un nouveau vaccin contre la coqueluche a été introduit au Canada. Il ne contient pas de cellules entières de Bordetella pertussis tué. Le nouveau vaccin est connu sous le nom de DTaP (le « a » correspondant à acellulaire), tandis que l'ancien est appelé DTwP (le « w » correspondant au mot anglais « whole » ou « entier »). La nouvelle injection est encore moins susceptible que l'ancienne de causer de graves réactions. Étant donné que de récentes preuves ont montré qu'un grand nombre de nourrissons contractaient la coqueluche parce qu'ils avaient été infectés par des adultes, le vaccin aP (le vaccin acellulaire contre la coqueluche ) est maintenant disponible dans une formulation pour les adultes sous forme de vaccin associé antidiphtérique - antitétanique - anticoquelucheux acellulaire.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.