Description

On estime que quelque 75 % de la population consomment de l'alcool. Pour environ 4 à 5 millions de personnes au Canada, cette consommation entraînera de graves problèmes pour leur santé, elle aura des répercussions dans leur travail, leur situation financière, leurs rapports avec les membres de leur famille et leurs amis. Quand une personne consomme de l'alcool malgré le mal qu'elle cause à sa santé et à son bien-être, on considère qu'il s'agit d'une consommation excessive d'alcool (ou d'une dépendance à l'alcool) ou d'alcoolisme.

En règle générale, le risque d'alcoolisme est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Toutefois, l'incidence de l'alcoolisme parmi les femmes a augmenté au cours des 30 dernières années.

Causes

L'alcoolisme ou « trouble de l'usage d'alcool » est une affection médicale. Bien que la cause exacte de l'alcoolisme soit inconnue, des études ont montré qu'il est de plus en plus prouvé que la prédisposition à cette maladie peut être héréditaire et que les risques d'en être atteint augmentent de façon importante chez les familles dont des membres (notamment les parents et les frères et sœurs) ont une dépendance à l'alcool.

Les autres facteurs de risque comprennent un trouble psychiatrique comme la schizophrénie, la dépression ou des troubles anxieux. La pauvreté, l'isolation sociale et la timidité peuvent aussi constituer des facteurs de risque.

En outre, la façon dont le corps d'une personne traite l'alcool peut avoir des répercussions sur le risque de dépendance à l'alcool. La recherche a montré que les personnes qui ont besoin de relativement plus d'alcool pour obtenir un effet sont plus susceptibles de souffrir d'une dépendance à l'alcool.

Toutes les drogues influent sur un « mécanisme de récompense » dans le cerveau. Si, chaque fois qu'une personne consomme une drogue, elle se sent bien, cela l'incite généralement à vouloir en consommer de nouveau. Cette caractéristique commune pourrait expliquer pourquoi les gens font une consommation excessive des drogues – y compris l'alcool. Comme c'est le cas pour la plupart des drogues, cependant, si vous en consommez régulièrement, votre corps aura besoin de prendre des quantités de plus en plus grandes de la substance pour obtenir le même effet. Ce phénomène s'appelle la tolérance et il peut constituer le facteur contributif final à la dépendance à une drogue ou à l'alcool.

Symptômes et Complications

L'alcool est un poison pour plusieurs types de cellules humaines. En faible quantité, l'alcool inhibe l'activité de ces cellules. À des doses élevées, l'alcool peut les tuer. Bien que la plupart des drogues qui agissent sur le cerveau stimulent la production d'hormones cérébrales, notamment la sérotonine et la dopamine, l'alcool, au contraire, diminue les concentrations de ces substances chimiques particulières tout en augmentant celles d'autres substances. L'alcool agit comme un dépresseur du système nerveux – il exerce l'effet chimique opposé d'un médicament antidépresseur. Néanmoins, parce que l'alcool diminue l'activité dans la partie du cerveau qui maîtrise et inhibe les comportements, la plupart des gens trouvent que cet effet est agréable lorsqu'ils consomment une quantité modérée d'alcool.

Lorsque l'alcool est consommé à des doses plus élevées, il devient vite évident que c'est une substance toxique. Les principaux symptômes de cette intoxication sont des vomissements, la stupeur, les changements du comportement et une altération importante du système nerveux central, puis une déshydratation et un mal de tête. À doses élevées, l'alcool peut tuer parce qu'il supprime la fonction respiratoire ou la fonction cardiaque.

Même à des doses non létales, l'alcool peut aussi causer la mort. C'est ce qui se produit avec la pneumonie de déglutition quand les personnes profondément endormies après une nuit de beuverie s'étouffent lorsque leurs vomissements sont inhalés dans les poumons. Dans des conditions normales, le réflexe pharyngé prévient l'aspiration des vomissements, mais lorsque le système nerveux est déprimé, ce réflexe ne fonctionne pas normalement.

Par ailleurs, une personne qui consomme de l'alcool alors qu'elle est à jeun risque de faire une crise d'hypoglycémie, c'est-à-dire que l'alcool provoque une brusque chute du taux de sucre dans le sang. Des symptômes neurologiques tels que la stupeur ou un comportement anormal apparaissent et, dans des cas graves, un coma ou des convulsions. Une personne à jeun depuis relativement longtemps risque donc de se retrouver à l'hôpital en raison de cette hypoglycémie même si son taux d'alcool éthylique dans le sang est inférieur à la limite permise pour conduire un véhicule. Cette situation est particulièrement dangereuse pour une personne atteinte de diabète et prenant de l'insuline pour abaisser son taux de sucre sanguin.

La consommation excessive d'alcool pendant de longues années peut entraîner les problèmes de santé chroniques ci-après :

  • des arythmies – des rythmes cardiaques anormaux qui peuvent causer la mort subite même pour une jeune personne si elle consomme de l'alcool de façon excessive;
  • le béribéri (une carence en vitamine B1) – les personnes qui ont une dépendance à l'alcool manquent fréquemment de vitamine B1 (la thiamine); cette déficience peut être à l'origine de lésions cardiaques et d'une dégénérescence mentale;
  • des lésions cérébrales – l'alcool tue les cellules du cerveau;
  • le diabète;
  • des lésions cardiaques (une myocardiopathie) – caractérisées par des changements de la taille et de la structure du cœur;
  • une hypertension artérielle (une pression sanguine élevée);
  • une maladie du foie, comme la cirrhose;
  • une perte de sensibilité au niveau des mains, des pieds et d'autres régions du corps causée par des effets sur le système nerveux;
  • des ulcères d'estomac et des gastrites (une inflammation de la muqueuse de l'estomac).

Ce ne sont là que quelques troubles étroitement liés à l'alcoolisme. En fait, une consommation excessive d'alcool augmente le risque de survenue de presque toutes les maladies.

On a observé que la consommation d'alcool pendant la grossesse avait des effets néfastes sur l'enfant à naître. La recherche a montré que même de petites quantités d'alcool consommées pendant la grossesse peuvent entraîner des changements neurologiques pour le fœtus en développement. Une consommation modérée d'alcool pendant la grossesse peut mener à la naissance d'un enfant atteint du syndrome d'alcoolisme fœtal – un syndrome neurologique grave qui cause des lésions intellectuelles et mentales permanentes.

Diagnostic

La plupart des personnes savent fort bien si elles maîtrisent leur consommation d'alcool ou si c'est l'alcool qui contrôle leur vie. Lorsqu'une personne se sent coupable au sujet de sa consommation d'alcool, il y a de fortes chances qu'elle ait un problème d'alcool.

Voici d'autres signes de dépendance à l'alcool :

  • éprouver de la contrariété quand quelqu'un suggère de moins boire;
  • consommer de l'alcool même lorsque les conséquences pourraient être néfastes (par ex. au travail);
  • prendre de l'alcool le matin pour faire face à la journée;
  • boire souvent plus qu'on l'a prévu lors de réunions sociales;
  • cacher des bouteilles d'alcool à la maison ou au travail;
  • boire seul ou en cachette;
  • ressentir du désintérêt à l'égard des activités et des loisirs qui procuraient du plaisir.

Si vous croyez que vous courez un risque de dépendance à l'alcool, ou si c'est le cas pour une personne qui vous est chère, obtenez de l'aide. Diverses ressources sont disponibles. Consultez la section « Traitement et prévention » ci-après pour des détails supplémentaires.

Traitement et Prévention

Certaines personnes manifestent des symptômes physiques graves lorsqu'elles essaient de s'abstenir de boire de l'alcool. Les hallucinations et le delirium tremens, considérés comme des symptômes d'intoxication, sont en fait causés par une brusque sobriété. Les personnes qui ont une dépendance à l'alcool présentent des symptômes comme la peur, la confusion, une fièvre et un pouls rapide lorsque la drogue n'est plus dans leur système. Le traitement en milieu hospitalier et la prise de médicaments anxiolytiques peuvent aider à atténuer les effets physiques pendant cette phase de sevrage.

Pour la plupart des personnes qui cessent de boire, le plus grand danger est de recommencer à consommer de l'alcool (c'est une rechute).

Il n'est pas facile d'amener un être cher à rechercher de l'aide pour une dépendance à l'alcool, puisque la plupart des personnes nient ce problème (ce déni est lié aux changements cognitifs associés à la maladie). Il se peut que vous ayez à soulever le sujet plus d'une fois et que vous ayez à faire participer des amis et des membres de la famille à la discussion pour montrer à quel point cela vous préoccupe. Il est préférable d'aborder le sujet calmement, sans lancer d'accusations et en mettant l'accent sur le soutien de la personne concernée. Mentionnez des comportements et des événements précis qui ont causé vos préoccupations plutôt que de parler d'une façon générale.

Sachez qu'il existe diverses interventions efficaces pour traiter l'alcoolisme. Certaines personnes seront en mesure de modifier ou de cesser leur consommation d'alcool après qu'une personne en qui elles ont confiance ait mentionné les effets dévastateurs de leur comportement. Malheureusement, les interventions de la famille et des amis ne suffisent que dans une minorité de cas.

Le mouvement des Alcooliques Anonymes (les AA) peut constituer un choix possible. Reconnu pour son programme en 12 étapes, cet organisme international peut s'avérer d'une grande utilité pour de nombreuses personnes grâce aux efforts personnels et au soutien des pairs. Pour obtenir de plus amples renseignements, cherchez le numéro de téléphone de l'organisme AA dans votre annuaire local.

Par ailleurs, de nombreuses collectivités ont accès à divers programmes de dépendance à l'alcool bénéficiant d'un soutien public et il existe également beaucoup de programmes privés. Consultez votre professionnel des soins de santé pour savoir quels types de services sont disponibles.

Plusieurs médicaments peuvent aussi aider lorsqu'ils sont utilisés en combinaison avec d'autres formes de traitement. Ces médicaments agissent de manières différentes. Certains suppriment le besoin impérieux de boire (par ex. le naltrexone*), certains causent des réactions physiques désagréables lors de la consommation d'alcool (par ex. le disulfirame) et d'autres atténuent les symptômes physiques associés au sevrage (par ex. le diazépam et la clonidine).

*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.

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