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Soins de santé au Canada

La cigarette électronique va faire l'objet d'une évaluation

AFP
5 mars 2013


Photo AFP



L'engouement récent pour la cigarette électronique a conduit les autorités françaises sanitaires à annoncer mardi une évaluation de ce produit de consommation courante qui suscite de sérieuses réticences chez les tabacologues.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé sur France Info avoir «commandé une enquête» à ses services sur l'e-cigarette, utilisée par un nombre croissant de personnes pour arrêter de fumer, aux fins d'une évaluation «bénéfice-risques».

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La ministre a estimé qu'il fallait faire «preuve de prudence» face à ce produit qui aurait un demi-million d'adeptes en France, d'après les chiffres fournis par les fabricants. L'ampleur du phénomène reste toutefois difficile à évaluer, car une bonne part des ventes se fait sur internet et auprès de fournisseurs étrangers.

Depuis l'interdiction de fumer dans les lieux publics, la e-cigarette s'est imposée comme une alternative à la cigarette classique dont elle reproduit l'apparence, mais en émettant une vapeur inoffensive pour l'entourage.

Inventé en Chine en 2005, l'appareil présente à son extrémité une diode simulant visuellement la combustion et contient une cartouche dont la solution s'échauffe au contact d'une résistance. Des flacons de «e-liquides», composés de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes et éventuellement de nicotine, permettent de recharger la cartouche usagée.

Pas assez de données

Son efficacité pour arrêter de fumer tout comme sa nocivité font toutefois l'objet d'un vaste débat chez les tabacologues. Si certains conviennent que la e-cigarette est vraisemblablement moins nocive que la vraie cigarette, la plupart relèvent qu'ils ne disposent pas de suffisamment d'études à ce stade pour se prononcer.

«Nous n'avons pas assez de recul», reconnaît le Pr Bertrand Dautzenberg, spécialiste du poumon à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière qui souligne qu'il n'existe actuellement aucune étude sur des patients utilisant le produit depuis plus de six mois.

«Ma recommandation est que si vous êtes un gros fumeur, c'est peut-être bien de passer à la cigarette électronique, mais ne l'utilisez pas trop longtemps» ajoute-t-il.

Même réticence chez le Dr Yves Nadjari, cardiologue tabacologue attaché à l'hôpital Cochin à Paris : «Si quelqu'un a réussi à arrêter de fumer avec la cigarette électronique c'est bien, mais on déconseille aux gens de mettre un pied dans la cigarette électronique».

«Nous avons très peu de données sur son impact sur la santé à court, moyen et long terme», renchérit la tabacologue Nadia Lahlou.

L'agence du médicament (ANSM) recommande elle aussi depuis 2011 de ne pas utiliser les cigarettes électroniques, soulignant que selon leur concentration en nicotine, elles peuvent être considérées comme des médicaments ou des produits de consommation courante.

Mais aucun fabricant n'a à ce jour déposé de demande d'autorisation de mise sur le marché en tant que médicament, relève l'agence. Les cigarettes électroniques ne peuvent pas non plus être vendues en pharmacie, car elles ne figurent pas sur la liste des produits qui peuvent être délivrés par les pharmaciens.

«J'ai demandé à mes services de me dire très précisément de quel type de produit il s'agit», a indiqué Mme Touraine mardi matin, sans préciser à qui l'enquête avait été confiée.

Pour le Pr Dautzenberg, il faudrait créer une «catégorie spéciale» pour les produits autres que le tabac contenant de la nicotine et interdire leur vente aux mineurs.

Car la principale crainte des tabacologues interrogés est que la cigarette électronique devienne un produit d'initiation pour les jeunes. Selon une étude récente faite à Paris, 64% des jeunes de 12 à 14 ans qui avaient essayé la e-cigarette n'avaient encore jamais fumé auparavant, souligne le Pr Dautzenberg.

Dès 2008, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait estimé que ces cigarettes ne pouvaient pas être considérées comme une thérapie légitime permettant d'aider les fumeurs à cesser de fumer.

Elles sont déjà interdites dans plusieurs pays, dont la Turquie, le Brésil, l'Argentine et Singapour.

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