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Cancer

Prise en charge du cancer avancé de la prostate

Prise en charge du cancer de la prostate

Un diagnostic de cancer de la prostate avancé et localisé, ou métastatique, est difficile à encaisser.

Le cancer avancé de la prostate se traite plus difficilement que le cancer précoce (encore circonscrit à la prostate). Le cancer métastatique de la prostate (qui s'est propagé vers les ganglions lymphatiques et des organes éloignés) et, dans la plupart des cas, le cancer avancé et localisé (cancer qui s'est étendu hors de la prostate, mais uniquement vers les tissus avoisinants) sont incurables. Le traitement a donc pour but de prolonger la vie, de ralentir l'évolution du cancer, de soulager les symptômes et de rehausser la qualité de vie.

La bonne nouvelle, c'est que le traitement (médicaments, radiothérapie et chirurgie) demeure possible. Le choix de ce traitement dépendra de divers facteurs :

  • traitements déjà reçus ;
  • siège de la récidive ;
  • existence d'autres maladies, telles que les maladies cardiaques ou le diabète ; et
  • particularités du cas.

Les voies thérapeutiques possibles sont l'hormonothérapie, la radiothérapie, la chimiothérapie et la chirurgie.

Hormonothérapie

On a recours à l'hormonothérapie pour traiter le cancer métastatique de la prostate et, dans certains cas, le cancer avancé et localisé de la prostate. Elle peut prolonger la vie, soulager les symptômes, retarder la progression du cancer et améliorer la qualité de vie. Par l'hormonothérapie, on cherche à abaisser le taux des androgènes (hormones mâles telle la testostérone) et à empêcher ainsi ces hormones d'alimenter la croissance tumorale. On peut y arriver par la chirurgie, à savoir l'ablation des testicules (qui produisent des androgènes), ou par des médicaments.

Les médicaments peuvent être administrés par injection sous-cutanée (sous la peau), implant sous-cutané (minuscule implant à longue durée d'action inséré sous la peau), injection intramusculaire (dans un muscle), implant intramusculaire (injection à longue durée d'action dans un muscle), voie orale (par la bouche, p. ex. un comprimé) ou voie nasale (dans le nez).

Les agents hormonaux sont présentés ci-après.

  • Analogues de la gonadolibérine (LH RH) (bloquent la production des androgènes) :
    • buséréline par voie nasale (Suprefact®) ou sous-cutanée (Suprefact®, Suprefact Depot®) :
      • posologie habituelle (nasale) : deux vaporisations dans chaque narine trois fois par jour;
      • posologie habituelle (sous-cutanée) : une injection une fois par jour;
      • posologie habituelle (implant sous-cutané) : un implant tous les deux ou trois mois;
    • goséréline par voie sous-cutanée (Zoladex®, Zoladex LA®) :
      • posologie habituelle : un implant (inséré par injection sous-cutanée) par mois ou tous les trois mois;
    • leuprolide par voie intramusculaire (Lupron®, Lupron Depot®) :
      • posologie habituelle (intramusculaire) : une injection une fois par jour;
      • posologie habituelle (implant intramusculaire) : une injection tous les mois ou tous les trois ou quatre mois;
    • leuprolide en gel sous-cutané (Eligard®) :
      • posologie habituelle : une injection tous les mois ou tous les trois, quatre ou six mois;
    • triptoréline par voie intramusculaire (Trelstar®) :
      • posologie habituelle : une injection tous les mois ou tous les trois mois.
  • Antiandrogènes non stéroïdiens (s'opposent aux effets des androgènes sur la prostate; associés aux analogues de la LH RH ou à la chirurgie) :
    • bicalutamide en comprimés (Casodex® et formes génériques) :
      • posologie habituelle : 50 mg une fois par jour;
    • cyprotérone en comprimés (Androcur® et formes génériques) et par voie intramusculaire (Androcur Depot®) :
      • posologie habituelle (comprimés) : 100 mg à 300 mg fractionnés en deux ou trois prises par jour;
      • posologie habituelle (intramusculaire) : 300 mg une fois par semaine ou toutes les deux semaines;
    • flutamide en comprimés (EuflexMD et formes génériques) :
      • posologie habituelle : 250 mg trois fois par jour;
    • nilutamide en comprimés (Anandron®) :
      • posologie habituelle : 150 mg une fois par jour.

Radiothérapie

En radiothérapie, on détruit les cellules cancéreuses par irradiation (un type d'énergie). On peut l'administrer par :

  • rayonnement externe; ou
  • curiethérapie (insertion par voie chirurgicale d'un implant radioactif).

Dans le cancer avancé et localisé de la prostate, on associe souvent la radiothérapie et l'hormonothérapie pour ralentir l'évolution de la maladie, prolonger la vie du patient et soulager ses symptômes. En cas de cancer métastatique, la radiothérapie permettra de soulager les symptômes et de contenir la propagation de la maladie.

Chimiothérapie

La chimiothérapie est la destruction des cellules cancéreuses par des médicaments, habituellement associés dans ce qu'on appelle des « schémas de traitement ». On l'utilise lorsque le cancer avancé de la prostate ne répond plus à l'hormonothérapie ou qu'il y a récidive. La chimiothérapie peut prolonger la vie du patient, rehausser sa qualité de vie et atténuer les effets de la dissémination du cancer.

Les agents souvent utilisés en chimiothérapie du cancer avancé de la prostate sont :

  • le docetaxel (Taxotere®) - en association avec la prednisone ou la prednisolone :
    • posologie habituelle : une perfusion (injection lente dans une veine) toutes les trois semaines; et
  • le mitoxantrone (formes génériques) - en association avec la prednisone :
    • posologie habituelle : une perfusion (injection lente dans une veine) toutes les trois semaines.

D'ordinaire, on poursuit la chimiothérapie jusqu'à ce que le cancer progresse ou jusqu'à l'obtention d'une dose maximale (déterminée par le médecin selon la taille du patient).

Chirurgie

En cas de cancer avancé et localisé de la prostate, une résection transurétrale de la prostate (RTUP, soit l'ablation des tissus prostatiques excessifs) peut apporter un soulagement des symptômes. Parfois, la prostatectomie radicale (ablation complète de la prostate) peut même conduire à la guérison.

En présence d'un cancer métastatique de la prostate, la chirurgie permet de soulager les symptômes de la propagation du cancer (p. ex. lorsque la tumeur empêche le patient d'uriner) et de redonner au patient un certain bien-être , .

Faites équipe avec votre médecin

Il existe diverses possibilités de traitement en cas de cancer avancé de la prostate. Pour déterminer quelle option vous convient le mieux, discutez-en avec votre médecin. Tout traitement peut entraîner des effets secondaires, mais vous devez savoir que ces effets peuvent être évitables, traitables ou réversibles. Discutez avec votre médecin des risques et des avantages de chaque traitement, et demandez-lui comment vous vous sentirez pendant que vous le recevrez.


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