Description

Tout le monde a déjà ressenti une douleur à un moment ou à un autre. Une coupure, une blessure lors de la pratique d'un sport, un accouchement, une intervention chirurgicale ou des calculs rénaux provoquent tous une douleur d'intensité variable. Dans ces cas, on connaît la cause de la douleur, qui se résorbe lorsque la cause disparaît. Ce type de douleur est une douleur aiguë. Une douleur aiguë possède une fonction propre, elle informe le corps d'un trouble existant.

La douleur chronique, c'est-à-dire celle qui dure plusieurs mois voire plusieurs années, est très différente. Dans ce cas, la douleur a rarement une fonction utile. Elle est parfois très invalidante, elle empêche souvent les gens de travailler et de goûter aux joies de l'existence. Elle peut engendrer un sentiment d'isolement, de colère, de frustration et de culpabilité.

Causes

De nombreuses maladies ou blessures peuvent provoquer des douleurs chroniques. Certaines personnes continueront à ressentir des douleurs longtemps après la guérison d'une blessure initiale, telle qu'une blessure du dos. D'autres douleurs chroniques sont provoquées par une maladie chronique comme l'arthrite ou le cancer. Certaines personnes souffrent de douleurs dont on ignore l'origine. Cela ne signifie nullement que la douleur n'existe pas. Quelle qu'en soit la cause, les douleurs chroniques sont réelles et elles doivent être traitées.

Les affections suivantes sont parfois associées à des douleurs chroniques :

  • le cancer;
  • la fibromyalgie;
  • un traumatisme spinal;
  • des maux de tête;
  • une blessure au dos – le bas du dos est le site de douleur chronique le plus souvent signalé par les personnes souffrant de douleur chronique;
  • de l'arthrite;
  • des ulcères d'estomac;
  • une inflammation ou une lésion des nerfs;
  • un trouble de l’humeur ou un trouble anxieux.

La douleur peut parfois être ressentie au niveau d'un membre qui a été amputé. On l'appelle la douleur au membre fantôme. Une douleur rapportée est une douleur localisée dans une partie de l'organisme et ressentie dans une autre partie du corps.

Les organes internes ne sont pas très sensibles à la douleur; celle-ci peut être ressentie comme une douleur diffuse (soit une douleur qui s’étend sur une grande surface) dont le foyer est difficile à repérer.

La douleur aiguë est le signal envoyé à une terminaison nerveuse dans le cas d'une maladie ou d'un traumatisme. Cette terminaison nerveuse est appelée un nocicepteur. Les nocicepteurs sont localisés dans la peau et dans d'autres structures, y compris les vaisseaux sanguins et les tendons. Les signaux de la douleur partent des nocicepteurs, traversent les nerfs sensitifs, remontent la moelle épinière vers le thalamus, situé dans le cerveau. Le signal est alors envoyé vers le cortex cérébral, la partie du cerveau qui enregistre les sensations.

Sur la trajectoire menant au cerveau, des corps chimiques naturels peuvent changer le signal de la douleur. La substance P renforce ce signal. Les endomorphines l'affaiblissent. La douleur n'est ressentie qu'au moment où les signaux atteignent le cerveau. La douleur chronique peut survenir à différentes étapes de la voie de transmission décrite ci-dessus.

Dans certains cas, la douleur chronique peut provenir d’une lésion subie par un nerf. La douleur de ce type est qualifiée de douleur neuropathique; elle résulte souvent d’un trauma direct au nerf ou d’une maladie touchant le nerf. La douleur neuropathique est différente de la douleur aiguë, nociceptive; la personne se plaint souvent  d’une douleur vive ou irradiante ou encore d’une sensation de brûlure plutôt que d’une douleur sourde ou d’un endolorissement.

Le cortex cérébral et le système limbique, qui sont les zones du cerveau contrôlant l'émotion, traitent les signaux de la douleur. L'intensité de la douleur ressentie dépend d'un certain nombre de facteurs. Ceux qui accroissent considérablement la sensation de la douleur sont les suivants :

  • des expériences antérieures néfastes avec la douleur;
  • l'insomnie;
  • l'anxiété;
  • la dépression.

L'anxiété peut aggraver considérablement la douleur. Ne pas connaître la cause d'une douleur rend les gens anxieux. Une fois leur affection diagnostiquée, la douleur leur semble souvent moins intense. L'inquiétude quant à la gravité de leur état intensifie souvent leur douleur.

Symptômes et Complications

Le fait de vivre avec une douleur chronique peut créer un cercle vicieux d'anxiété, de dépendance aux autres et de manque de sommeil. Une douleur chronique à long terme peut rendre la vie quotidienne difficile à vivre normalement. Elle peut également vider la personne de son énergie.

Les personnes souffrant d'une douleur chronique pourraient cesser leurs activités sociales à cause de la douleur. Il leur arrive de se sentir dépendantes des autres pour accomplir des tâches quotidiennes comme les courses. Une personne souffrant d'une douleur, ou qui a peur d'avoir mal, risque d'avoir de la difficulté à dormir. Une insomnie permanente peut conduire à la dépression. Le sentiment d'impuissance causé par une douleur chronique engendre souvent un sentiment d'inutilité et démoralise les gens.

Diagnostic

Une douleur qui dure plus de 6 mois et qui ne répond pas au traitement est diagnostiquée comme étant une douleur chronique à long terme.

Bien qu’il soit difficile de décrire la douleur de manière précise, le médecin a besoin de savoir ce que vous ressentez et d’où provient la douleur, ce qui l’aggrave, ses effets sur votre vie quotidienne  et ce qui vous procure un soulagement. Les médecins utilisent des échelles de douleur pour aider à mesurer leur intensité.

Dans certains cas, la personne peut être dirigée vers un spécialiste de la douleur, par exemple si la douleur chronique provoque des symptômes à plusieurs endroits, si elle devient invalidante ou si elle n’est pas soulagée par les médicaments antidouleur ou exige plus de médicament.

Traitement et Prévention

Le traitement d'une douleur chronique a pour effet de bloquer la douleur n'importe où sur sa trajectoire, de la surface de la peau jusqu'aux nerfs de la moelle épinière et de la moelle épinière jusqu'au thalamus et au cortex cérébral. La gamme de traitements comprend les médicaments traditionnels sur ordonnance aussi bien que des traitements alternatifs.

Les calmants, également appelés analgésiques, sont souvent utilisés pour atténuer la douleur chronique. Les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l'acide acétylsalicylique (AAS)*, l'ibuprofène et le naproxène peuvent apporter un certain soulagement. L'acétaminophène est également utilisé fréquemment. Ces médicaments sont habituellement utilisés en premier et, s'ils se révèlent inefficaces, le médecin pourrait ajouter des médicaments plus puissants, comme les opiacés.

Les opiacés tels que la morphine et la codéine, aussi connus sous le nom de narcotiques, atténuent la douleur. Ces médicaments ont suscité des préoccupations étant donné le risque de dépendance et de toxicomanie qui leur est associé. Ces analgésiques sont les plus puissants sur le marché, mais ils ont le potentiel de créer une accoutumance et d'entraîner des effets secondaires tels que somnolence, nausée, constipation et démangeaison.

Même si certaines personnes s'inquiètent d'une dépendance possible aux opiacés, celle-ci est extrêmement rare lorsque le médicament est utilisé pour traiter une douleur. L'accoutumance suppose un besoin psychologique d'abus, qui diffère de la tolérance (nécessité d'une dose plus élevée pour maintenir le même niveau de contrôle de la douleur) et de la dépendance (sensation de privation si l'administration du médicament est arrêtée subitement).

Les anesthésiques tels que la lidocaïne et la mexilétine, donnés sous forme d'onguents, de timbres transdermiques ou de comprimés oraux, peuvent être efficaces contre les douleurs chroniques sévères s'ils sont pris lentement et régulièrement à de très petites doses.

Les corticostéroïdes atténuent la douleur du cancer des os et les anticonvulsifs comme la carbamazépine atténuent la douleur due à des lésions nerveuses. Certains types d'antidépresseurs sont utiles contre les douleurs neurologiques.

La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) dirige l'énergie électrique aux foyers douloureux et bloque la transmission des signaux de la douleur. Le courant amorce une réaction naturelle dans la moelle épinière qui soulage la douleur. Ce traitement ne produit pas nécessairement une réponse chez tout le monde, mais chez certains, il peut supprimer totalement la douleur.

Si la douleur chronique peut être retracée à un ou plusieurs nerfs précis, on peut effectuer un blocage nerveux qui permet de stopper, temporairement ou définitivement, la transmission des signaux douloureux le long du nerf visé. Une injection d'analgésique empêche le nerf de transporter les signaux de la douleur. Parmi les personnes ayant expérimenté cette technique, 50 % ont guéri leur douleur tandis que les autres ont vu la leur resurgir en moins d'un an. Chez certains individus, les nerfs ont parfois été détruits par une intervention chirurgicale ou par une exposition à la chaleur ou au froid. Il arrive malgré tout que la douleur réapparaisse et certains individus peuvent éprouver une perte de sensation ou de motricité dans les parties du corps contrôlées par les nerfs détruits.

Dans des cas de gravité extrême, des neurostimulateurs implantables sont parfois insérés dans la moelle épinière pour transformer la sensation de douleur en une sensation de paresthésie (fourmillement).

L'acupuncture est utilisée pour traiter plusieurs états douloureux comme la migraine et la douleur dorsale. Lors d'une séance d'acupuncture, le praticien introduit de fines aiguilles sous la peau, à des points précis du corps. L'acupuncture stimule probablement des substances chimiques analgésiques naturelles, emmagasinées dans la moelle épinière. Les techniques de relaxation et de méditation aident à détendre les muscles, à supprimer l'anxiété et à interrompre le cycle de la douleur.

La rétroaction biologique soulage efficacement la douleur chronique. La méthode consiste à mesurer, à l'aide d'un instrument, la respiration, la fréquence cardiaque et d'autres réponses spécifiques du corps et à les renvoyer sous forme de lumière ou de son. Les gens peuvent alors apprendre à maîtriser ces réactions du corps grâce à la relaxation ou aux techniques cognitives.

Plusieurs formes de traitements psychologiques ont été utilisées pour supprimer la douleur chronique. La thérapie cognitive du comportement peut aider un individu à transformer des pensées négatives en pensées positives. La thérapie comportementale vise à changer le niveau d'activité des personnes qui souffrent de douleurs chroniques.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.