Description

La maladie rénovasculaire est une affection progressive qui provoque le rétrécissement ou le blocage des artères ou des veines rénales. Il s'agit de vaisseaux sanguins qui acheminent le sang vers les reins et en partance de ceux-ci. C'est un terme générique qui regroupe 3 troubles rénaux : l'occlusion des artères rénales, la thrombose des veines rénales et l'athéro-embolie rénale.

Le terme est le plus souvent utilisé pour décrire les affections qui touchent les artères rénales, étant donné que le blocage des veines rénales est un phénomène plutôt rare. La maladie rénovasculaire touche habituellement les aînés. Toutefois, les jeunes femmes entre l'adolescence et la fin de la trentaine sont plus souvent touchées par un type particulier de maladie rénovasculaire, la dysplasie fibromusculaire, affection qui perturbe la musculature des artères rénales et peut provoquer une hypertension grave.

On parle d'occlusion des artères rénales lorsque l'une des artères ou les deux artères rénales sont bloquées. Rappelons que ces artères acheminent le sang vers les reins où s'effectue l'élimination des déchets.

Il y a thrombose des veines rénales lorsque les veines partant des reins sont bloquées. Or les veines rénales acheminent le sang déjà épuré partant des reins vers le reste du corps.

L'athéro-embolie rénale résulte de l'accumulation de lipides qui bloquent les artérioles rénales (la plus petite section des vaisseaux sanguins aboutissant aux capillaires). Le cholestérol et les lipides finissent par former un dépôt à l'intérieur des vaisseaux sanguins, entraînant leur rétrécissement.

Causes

Les personnes prédisposées aux autres troubles vasculaires (problèmes touchant les vaisseaux sanguins) sont aussi les plus susceptibles d'être atteintes de la maladie rénovasculaire. Les aînés sont plus vulnérables. De plus, les personnes qui prennent des médicaments pour traiter l'hypertension, comme les inhibiteurs de l'ECA (l'enzyme de conversion de l'angiotensine), sont exposées à un risque plus élevé, car ces médicaments peuvent causer des troubles du rein. En outre, les fumeurs et les personnes atteintes de diabète semblent plus susceptibles à une maladie rénovasculaire, de même que les personnes qui font de l'hypertension.

En cas d'occlusion de l'artère rénale, l'artère en question est bloquée partiellement ou totalement par une embolie (le blocage d'un vaisseau sanguin par un caillot sanguin ou une autre substance) ou un durcissement des artères. Le durcissement des artères résulte de la formation de dépôts de cholestérol, de calcium ou d'autres substances dans les artères. Les embolies peuvent être causées par des troubles coronariens, une intervention chirurgicale, un traumatisme ou des tumeurs.

La thrombose des veines rénales est assez rare, mais après un traumatisme du dos ou de l'abdomen, un caillot sanguin peut se former et venir obstruer les veines rénales. Dans certains cas, il s'agit d'une conséquence d'un trouble rénal (par ex. un syndrome néphrotique ou un cancer). Il arrive aussi qu'un examen ou une intervention déclenche l'embolie.

Les enfants peuvent aussi développer une thrombose des veines rénales, bien que cela soit rare. Chez les enfants de moins d'un an, la thrombose des veines rénales est habituellement causée par une diminution de l'apport sanguin aux reins, une déshydratation grave, ou la présence chez le nourrisson d'une hypercoagulopathie (affection dans laquelle il y a formation excessive de caillots dans le sang).

L'athéro-embolie rénale, quant à elle, est causée par l'athérosclérose. Voici notamment les facteurs de risque pour l'athéro-embolie :

  • le diabète;
  • des antécédents familiaux de cette affection;
  • des troubles coronariens;
  • une pression artérielle élevée;
  • un taux de cholestérol élevé;
  • l'obésité; 
  • le tabagisme. 

Symptômes et Complications

En général, aucun signe d'alarme ne permet de déceler la maladie rénovasculaire. À mesure que la situation s'aggrave cependant, on peut voir apparaître une hypertension (augmentation de la pression artérielle) ainsi que des symptômes associés à l'insuffisance rénale, notamment :

  • un mauvais goût dans la bouche;
  • une douleur thoracique;
  • de la confusion et de l'anxiété;
  • de la fatigue;
  • une démangeaison cutanée;
  • une perte d'appétit; 
  • des contractions ou crampes musculaires;
  • des nausées et des vomissements;
  • de la pâleur ou un teint jaunâtre ou café au lait;
  • des paupières bouffies, une enflure des mains et des pieds;
  • une perte de poids.

À mesure que l'insuffisance rénale s'aggrave et que les toxines continuent à s'accumuler dans l'organisme, des convulsions et une confusion mentale peuvent survenir.

Dans les cas d'occlusion des artères rénales et de thrombose des veines rénales, les symptômes peuvent être absents si un seul rein est atteint, car l'autre rein peut généralement faire le travail pour deux. Si les deux reins sont partiellement touchés ou si l'un des reins présente une atteinte totale et l'autre, une atteinte partielle, et l'occlusion est survenue rapidement, les symptômes suivants pourraient apparaître :

  • une douleur au dos ou sur les côtés;
  • la présence de sang dans l'urine;
  • une fièvre;
  • des nausées et des vomissements;
  • l'absence d'urine (en cas de blocage complet).

L'athéro-embolie rénale peut s'accompagner d'embolies dans d'autres parties du corps, y compris la rétine de l'œil. Dans ce dernier cas, la vision peut être altérée.

Les complications de la maladie rénovasculaire sont graves. En raison de l'hypertension artérielle causée par la maladie, certaines des complications suivantes pourraient se développer :

  • un endommagement des vaisseaux sanguins;
  • une insuffisance cardiaque congestive;
  • une crise cardiaque;
  • une atteinte ou une insuffisance rénale;
  • une perte de la vision;
  • un accident vasculaire cérébral.

La thrombose des veines rénales entraîne une complication additionnelle, à savoir la possibilité que les caillots sanguins formés au niveau des reins se déplacent jusqu'aux poumons et provoquent une embolie pulmonaire.

Diagnostic

Comme beaucoup d'autres affections rénales, la maladie rénovasculaire n'est souvent diagnostiquée qu'après l'installation d'importantes lésions. Cela s'explique par le fait que les symptômes passent souvent inaperçus jusqu'à ce que d'autres problèmes apparaissent, comme l'hypertension par exemple.

Si l'on soupçonne une occlusion de l'artère rénale, il est impératif d'en arriver rapidement au diagnostic afin d'éviter des dommages rénaux potentiels. Après avoir effectué un examen physique, le médecin peut demander certains des examens suivants afin de vérifier s'il y a un blocage de l'artère rénale :

  • une échographie de l'abdomen;
  • des analyses sanguines;
  • une tomodensitométrie de l'abdomen;
  • un pyélogramme intraveineux – une radiographie des reins, des uretères (conduits qui amènent l'urine des reins à la vessie) et de la vessie;
  • une imagerie par résonance magnétique (IRM) de l'abdomen;
  • une artériographie rénale – une radiographie qui examine les artères rénaux au moyen d'un colorant;
  • une scintigraphie rénale – une autre technique de radiographie qui permet d'explorer les reins sans agent de contraste.

Si un médecin soupçonne une thrombose des veines rénales, il demandera une analyse d'urine pour y rechercher des protéines ou des globules rouges. En plus des examens diagnostiques ci-dessus, utilisés habituellement dans le dépistage de l'occlusion des artères rénales, le médecin pourrait recourir à l'angiographie (cliché radiographique pris après l'injection d'une substance de contraste) de la veine cave (grosse veine ramenant le sang au cœur) ou de la veine rénale.

Pour diagnostiquer une athéro-embolie rénale, le médecin peut demander d'autres analyses ou procéder à une biopsie pour examiner le tissu rénal. Il peut aussi demander un examen ophtalmologique, qui permet de déterminer s'il y a une embolie dans l'œil.

Traitement et Prévention

Occlusion de l'artère rénale : si le blocage est décelé assez tôt et s'il ne reste qu'un seul rein fonctionnel, la situation est assez grave pour justifier des mesures énergiques. Le médecin peut prescrire des médicaments thrombolytiques (par ex. la streptokinase* ou l'urokinase) afin de dissoudre les caillots sanguins. Ce traitement n'est possible que si le blocage est incomplet et si l'intervention se fait sans délai. Il est essentiel que le traitement soit administré immédiatement, car pour continuer de fonctionner, les reins doivent continuer de recevoir le sang que leur apportent les artères rénales. Le médecin peut aussi prescrire des anticoagulants tels que la warfarine ou l'héparine afin d'empêcher la formation de nouveaux caillots.

Dans les cas graves, on peut recourir à la chirurgie pour débloquer l'artère. Encore une fois, l'intervention doit s'effectuer peu de temps après le blocage. En général, on fait appel à la chirurgie lorsque le blocage est causé par un traumatisme et non par une maladie.

Si le blocage n'est que partiel, on peut recourir à une angioplastie au ballonnet ou à une chirurgie de dérivation de l'artère rénale afin d'améliorer la fonction rénale ou la maîtrise de la tension artérielle. Dans certains cas, cette intervention permet de guérir l'hypertension.

Thrombose des veines rénales : le principal traitement consiste à dissoudre les caillots sanguins ou à en prévenir la formation. La chirurgie peut également être employée. Si le patient souffre de déshydratation, l'administration de liquides permet de rétablir l'équilibre hydrique de l'organisme.

Il n'existe malheureusement pas de traitement spécifique de l'athéro-embolie rénale. On tente seulement d'empêcher la situation de s'aggraver.

On ne peut pas vraiment prévenir la maladie rénovasculaire, bien qu'il soit possible de retarder son apparition en maîtrisant les problèmes de santé, comme l'hypertension et le diabète, qui peuvent être à l'origine de cette maladie. L'alimentation saine est une mesure toujours recommandée.

Quant à la thrombose des veines rénales, certains cas peuvent être prévenus si l'on évite d'être déshydraté pendant une maladie. Ainsi, on recommande que les personnes qui sont atteintes de gastroentérite grave ou de grippe, par exemple, boivent suffisamment de liquides. Cela est particulièrement important chez les jeunes enfants.

Par ailleurs, en éliminant certains facteurs de risque, comme le tabagisme et le surplus de poids, on peut réduire le risque d'athéro-embolie rénale. Les personnes qui font du diabète peuvent également réduire ce risque en veillant à bien équilibrer leur glycémie.


*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (un nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre base de données sur les médicaments. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.